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Pédagogie virtuelle

Lundi 4 mai 2009 1 04 /05 /2009 11:20

Introduire la dialectique dans l’écriture du Journal



«La tête vide» c’est le titre que je voulais donner au départ à cette intervention. En effet dans ce forum des diaristes, il a été dit que le pédagogue ne se contente pas de transmettre les savoirs, mais transmet aussi ce qu’il est, consciemment ou non. Certes, la relation virtuelle par le biais des mots, des signes et des représentations de soi et des autres, cache bien cette donnée fondamentale de l’être présent physiquement. Le pédagogue est invité à réfléchir sur cette question dès à présent : comment être virtuellement tout en croyant être dans la mission de la relation pédagogique même virtuelle ?


Dans les échanges, certains diaristes transmettent ce qu’ils font, ce qui leur arrive, leurs projets et exploits, mais rarement les déceptions, les échecs, les découragements. En ce qui me concerne, cette fois-ci j’ai envie de raconter ce qui ne fonctionne pas. Le pire qui puisse arriver à un diariste est de ne pas écrire son journal. Tout au long de ce mois d’avril, je n’ai pas écrit de journal et je continue à me demander comment faire pour débloquer la situation. Comme beaucoup d’entre nous, membres de la communauté réelle ou virtuelle de diaristes, nous avons adopté l’écriture de plusieurs journaux à la fois, d’une part pour éviter la dissociation, et d’autre part, pour tenter d’organiser l’écriture du journal en fonction d’une certaine orientation de la recherche. Eh bien, malgré cette avancée dans l’écriture, il peut arriver que tout se bloque et on ne sait plus où on en est avec le journal.


Prétextant l’arrivée des vacances de Pâques, je suspends pendant deux semaines l’écriture pour le forum. Par la même occasion, l’ordinateur lâche et il faut du temps pour s’en procurer un autre, sans compter la difficulté de récupérer les données utiles pour poursuivre les travaux en cours. Tout cela demande du temps et de la patience. Si l’on n’a pas les deux, on tombe dans la panique et la tête commence à se vider petit à petit dans la douleur. Les jours passent, les choses commencent à s’arranger, mais tant que le devoir d’écrire n’est pas accompli, ce sentiment de la tête vide s’installe, jusqu’au moment où la machine de l’écriture repart.


La panique, l’attente, ne m’empêchent pas d’agir sur un autre terrain où je discute, je propose, je participe à l’écriture de documents, de brochures, de journaux diffusés par quelques milliers d’exemplaires dans la cité. Là aussi, tout ne marche pas à merveille; la satisfaction se conjugue avec la déception du travail imparfait. Pourtant, ce ver dans le fruit manque, l’écriture de journal pour tenir le coup en formalisant les doutes et les incertitudes, manque cruellement au diariste que j’essaie d’être.


Partager ces instants difficiles et insupportables avec la communauté des diaristes me permet de développer aussi le côté négatif, celui de la «non» écriture quotidienne comme négation de l’écriture et l’impression d’oublier une tranche du vécu.


Le négatif est-il utile ou formateur ? Je crois que oui à condition qu’il ne soit pas considéré comme absolu, comme c’est le cas à l’école - fondée sur l’échec de la majorité et la réussite d’une petite minorité, par le biais de la sélection-. Le négatif serait un moyen de reconsidérer la situation, d’y introduire le doute et l’incertitude, en vue de rectifier le tir et d’agir différemment. Dans mon cas, une question revient, question que je me suis posée à plusieurs reprises: La panne d’ordinateur est un problème qui peut se résoudre d’une manière ou d’une autre, mais les conséquences de ce type de problème, et notamment notre rapport à la technique, ne remettent-elles pas sur la table la question du TIC en particulier et de la technique en général. Heidegger s’est penché sur la question et après lui, des gens comme Bernard Steigler et bien d’autres, continuent à travailler sur la question en tant que philosophes. Faut-il prendre du temps pour se pencher sur la question ?


Je n’ai pas écrit, mais j’ai entamé quelques chantiers qui sont encore en friche. Il me faut déblayer tout cela pour pouvoir en parler. Toutefois, j’ai lu par petits bouts : Nietzsche et la scène philosophique, Sarah Kofman, UGE, 10/18, 1979. Je n’ai rien écrit sur ce livre et pourtant, il fait partie de mon programme du Journal philosophique que je mets sur le blog ! Je suis en train de lire aussi : Dans les prisons du Roi, Abraham Serfaty, Messidor/Editions sociales, 1992. La lecture de ce livre me plonge dans l’univers des gens qui ont beaucoup donné pour notre liberté. Serfaty a passé 17 ans en prison pour ses opinions politiques.


Marilyne traite de la question de l’intérêt dans la recherche et la manière de la cibler. Souligne qu’il faut essayer de se retrouver au milieu de la masse infinie d’informations qui nous arrivent de partout comme un fléau qui empêche la concentration. Enfin, elle souhaite donner à lire le Journal à quelqu’un qui peut lui faire un retour.


Laurence pointe la congruence et la spontanéité, deux postures qui parfois rentrent en contradiction. Pourquoi pas, du moment où l’on peut se réclamer dialecticien, car parfois la dialectique vient à nous et il suffit de la constater et de la décrire. Eleonore est d’accord avec Marilyne, moi aussi!


Arielle trouve des pistes d’orientation et se dit également en accord avec Marilyne sur la relation entre l’hygiène de vie et l’écriture du journal.


Catherine nous offre un extrait du journal de lecture du livre La relation pédagogique, ouvrage faisant partie de la bibliographie et méritant notre reconnaissance.


Stéphanie est d’accord avec Eleonore et se pose encore la question de savoir à qui donner à lire le Journal. Peut être faut-il faire comme Catherine et proposer des extraits à la communauté des diaristes.


Ariane rejoint Stéphanie dans sa vision du journal. Ce rapprochement peut favoriser les échanges sur certaines pratiques du Journal.


Catherine, encore une fois, met le doigt sur les vertus instituantes du journal.


Claire plonge dans la lecture de l’entretien avec Remi Hess et apporte des éléments nouveaux à travers sa lecture, ce qui mérite des encouragements. Toute lecture est singulière. Un texte prend vie lorsqu’il est décortiqué par le lecteur.


Nadir évoque le point constitutif du diarisme et Julien trouve sa voie dans l’écriture du Journal.


Une petite parenthèse sur les fautes évoquées par un intervenant. Loin de moi l’idée de faire partie des chercheurs de fautes chez les autres, mon expérience me montre que parfois il faut rester vigilant à l’égard des fautes dans des situations précises et lorsqu’il s’agit de s’adresser à certaines institutions. Afin d’éviter de donner un texte déformé par des fautes, en général involontaires, on peut prendre du temps pour relire le texte ou le faire lire par quelqu’un qui aime corriger. J’ai recours régulièrement à cette dernière méthode.


Nadine évoque la question des sous-groupes.


Yahya nous fait part de son expérience d’écriture du Journal, ce qui est un plus pour tout diariste curieux de savoir comment s’écrit un journal.

J’apprécie ce que Catherine écrit sur le Journal en le définissant comme «outil de théorisation». Elle introduit le doute et l’incertitude, qui sont un peu l’objet de mon intervention. J’irai sur son blog dès que je peux. Je me permets de conclure par sa citation : «Ecrire quotidiennement me demande de la volonté, perdre ce rythme c’est me mettre en difficulté» Catherine. La deuxième partie de la phrase est à l’origine de l’idée d’introduire la dialectique dans l’écriture du Journal.


Merci et à bientôt

Benyounès Bellagnech

http://lesanalyseurs.over-blog.org 

Par Benyounès Bellagnech - Publié dans : Pédagogie virtuelle - Communauté : Tous institutionnalistes
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Lundi 6 avril 2009 1 06 /04 /2009 17:20

La lecture du journal, analyseur

 

Et si l’on considérait la lecture du journal comme analyseur.  Avant de développer ce postulat, je tiens à répondre à la question posée par Nadir, question qui se distingue par le sujet de transmission de la pratique du journal : « Une question qui m'anime en ce moment et qui est destinée à Augustin et Benyounès : Comment transposer cette pratique diaire aux élèves de bas niveaux et qui seront leurs lecteurs potentiels ? » Pour répondre, je vais raconter une histoire vécue dans un cours de Georges Lapassade : Dans son cours de DESS en ethnométhodologie et informatique, Lapassade demande à ses étudiants d’écrire le Journal, et ce après avoir consacré deux séances à la pratique du journal. Les étudiants se sont tous mis rapidement à l’écriture de leurs journaux, sauf un étudiant qui conteste le Journal. De formation scientifique, cet étudiant ne voit aucun intérêt à écrire le journal et à raconter ce qu’il fait au jour le jour. Georges Lapassade, au lieu de se dire comme font en général les profs, en laissant tomber celui qui ne suit pas les consignes et qui sera sanctionné à la fin de l’année, prend l’opposition de cet étudiant au sérieux et met le problème en débat dans le cours. En d’autres termes et en tant qu’institutionnaliste, Lapassade considère la position de cet étudiant comme analyseur, celui-ci une fois révélé, déclenche l’analyse. Le groupe d’étudiants traite la question du refus, dans la discussion, les échanges, L’objectif n’est plus de convaincre l’étudiant d’écrire son journal, mais se transforme en travail de recherche sur les motivations de ce refus qui peuvent être interculturelles, psychologiques, pédagogiques, sociologiques ou ethnométhodologiques, etc. L’étudiant concerné participe activement à cette analyse. Le résultat de cette démarche aboutit à la publication dans la revue Les irrAIductibles d’un entretien effectué par deux étudiants avec l’étudiant en question qui explique les raisons de son refus d’écrire le Journal.

 

Je rapporte cette histoire qui explique comment une attitude de refus ou d’opposition peut être transformée en situation pédagogique passionnante et productive. Nous avons un collègue qui travaille en ce moment sur le journal de compétences, journal qui consiste d’abord à considérer que tout le monde est doté de compétences et qu’il s’agit tout simplement de les formaliser, de leur donner forme dans un journal. C’est un outil qui peut être utile dans tout type de formation. Le journal peut être présenté comme outil utile. Les différentes expériences de pédagogie du possible, de Freinet, Fonvieille, Lobrot, Oury, montrent bien qu’il est possible de faire écrire les journaux à tout type de public et que les résistances de l’institué reculent, doucement mais sûrement, devant le caractère opérationnel de l’écriture de journal. Bref, la question de Nadir peut être abordée comme un problème concret qui pourrait être traité dans une situation pédagogique concrète et spécifique.

 

La réflexion, que mène notre groupe qui intervient sur le forum des diaristes, est à la fois individuelle et collective. Individuelle par le fait que l’on écrit chacun son journal singulier - qui ne peut en aucun cas être un journal de quelqu’un d’autre -, mais dans le même temps ce que l’on écrit individuellement touche nécessairement les autres, profs, collègues, famille, société, auteurs, etc. Ce qui en fait un produit partagé par au moins deux personnes : l’auteur du journal et celui ou celle qui le valide. Le groupe se définit à partir de deux individus.

 

Tout au long de la semaine dernière, je me suis permis de lire tous les jours le forum et parfois je me disais : ne serait-il pas mieux d’intervenir tous les jours et de donner mon avis sur les questions et les problèmes soulevés ? Je n’ai pas réussi à le faire, mais cela m’a servi à prolonger la discussion dans un cadre global en posant le postulat de la lecture comme analyseur du fait que le problème est posé par tout le groupe. Les échanges sont instructifs parce qu’ils reflètent le niveau de réflexion de chacun d’entre nous, et l’ensemble de ces réflexions devient une problématique de la communauté des diaristes. Si l’on retournait la question autrement : quel type de Journal souhaiterions-nous lire ? Nous écrivons le Journal, les autres aussi écrivent le Journal, sommes-nous prêts à lire tous les journaux ? Ce type d’interrogations peut aider à traiter ce problème de lecture de journal d’une autre manière.

La semaine précédente, j’ai soulevé le problème dans le cadre de la pédagogie du possible, dans le sens où cela permet de progresser avec les pédagogues et j’ai souhaité partager les expériences d’erreur et d’échec, considérant qu’il existe une tendance parfois narcissique chez le diariste, ce qui n’est pas anormal, mais risque parfois de nous faire oublier les autres, autres avec lesquels on est contraint parfois de traiter, d’échanger avec une incertitude sur la suite.

 

J’ai vécu il y a quelques mois l’exemple suivant : Lors d’un stage de groupe, il a été décidé de faire un compte- rendu des séances à la fin du stage. J’ai l’habitude d’écrire le Journal, notamment dans ce type de rencontre. La personne qui devait rédiger le CR m’a demandé le Journal pour s’en servir dans la rédaction. Je n’hésite pas une seconde. Je lui donne le Journal. Elle rédige le CR, l’envoie à certains et pas à tous les membres du groupe, dont moi-même. En conséquence, non seulement je me suis senti exclu du groupe par le fait de ne pas recevoir le CR, mais le plus grave, c’est que je n’ai plus de nouvelles de mon Journal. La personne à qui je l’ai confié n’a pas pris la peine de me contacter pour me rendre mon Journal. Cela me fait penser à Freud dans La psychopathologie de la vie quotidienne, ouvrage dans lequel il cite l’exemple de gens qui sont toujours là en lieu et en heure pour encaisser les chèques et qui ne sont jamais là, soit pour rembourser ou pour donner des chèques. C’est un comportement certes individuel, mais il a des conséquences sur les groupes.

 

Autre exemple, plus dramatique celui-là. Lorsque Georges Lapassade était à l’hôpital, peu de temps avant sa mort, Remi Hess a eu l’idée de laisser à portée de main un journal, afin de permettre aux visiteurs d’écrire un mot sur leur visite à Georges. C’est une idée pratique pour la coordination entre les amis de Georges et en même temps inédite car ce journal aurait pu être un document intéressant sur les dernières pensées de Georges. Le drame, c’est que le journal a très vite disparu de la circulation. Qui avait intérêt à faire disparaître ce journal ? A ce jour, nous n’avons pas de réponse !

 

Un jour, on m’a dérobé mon cartable dans le RER, j’ai perdu par la même occasion l’unique journal que j’écrivais à l’époque. Ce journal non retrouvé m’a beaucoup manqué car il contenait des informations très importantes pour moi du fait qu’elles traitaient de mes débuts au contact du courant de l’Analyse institutionnelle.

 

Augustin a eu plus de chance que moi. Il a perdu son Journal, mais celui qui l’a retrouvé a remarqué le nom et l’adresse de l’auteur et l’a renvoyé à Augustin.

 

Visiblement, que nous soyons favorables ou non au fait de donner son Journal à lire à quelqu’un, le risque fait partie du diarisme qui reste une aventure. Si personne ne lit le Journal, la question de savoir à quoi sert d’écrire un Journal reste posée. Si nous donnons à lire le Journal, nous pouvons avoir des retours positifs mais aussi des surprises désagréables. Si nous situons notre débat dans le cadre de la recherche, nous sommes obligés de tenir compte de plusieurs paramètres de la problématique de l’écriture diaire, d’où mon postulat de considérer la lecture de journal comme analyseur.

 

Bruno : Tu as raison, non seulement de souhaiter le feedback, mais de l’exiger. Lorsque l’on demande à quelqu’un d’écrire un journal pour la validation, la moindre des choses c’est de lui reconnaître l’effort fourni en donnant les impressions sur le travail effectué et cela est très important dans la formation de l’apprenant.

 

Elisabeth : Ton souci sur le devenir du journal une fois lu par le prof doit être pris en compte. La moindre des choses est que l’enseignant doit renseigner l’étudiant sur le sort réservé à son journal. Le problème se pose moins en ligne que lorsque l’on donne un journal écrit sur papier, car parfois le journal peut se retrouver à la poubelle de la fac. J’ai déjà vu cela et c’est scandaleux. Je n’affirme pas que c’est fait exprès, mais cela peut être évité par le biais d’un arrangement entre prof et étudiant. Continue d’insister sur le retour.

 

Pauline : Bravo pour le saut. C’est ainsi que l’on arrive à franchir des barrières qui paraissent parfois infranchissables.

 

Laurence : Merci de confirmer que parmi les lecteurs on peut trouver des personnes qui encouragent la démarche de l’écriture du journal.

 

Marion : Ton intérêt pour la Pédagogie du Possible me conforte un peu dans la démarche de la recherche. En effet, le concept est en gestation et mérite d’être travaillé collectivement. Dans la perspective de ta recherche, cela pourrait t’être utile. D’ailleurs tu le confirmes en soulignant ton intérêt pour la lecture du Journal. Ta démarche rejoint celle de Maia et cela se présente bien.

 

Arielle : Courage et continue ainsi.

 

Patrick : Je suis d’accord avec toi sur les questions. En philosophie, j’ai appris à distinguer entre la question et le problème. Celui-ci une fois posé génère des solutions. L’humanité ne pose que des problèmes auxquels elle finit par trouver des solutions (Marx). Quant aux questions, elles peuvent trouver des réponses qui génèrent d’autres questions ou qui reproduisent les mêmes questions. L’exemple des questions philosophiques est évident, car maintes questions posées par les Grecs par exemple restent posées à nos jours ; ce qui fait que nous avons encore besoin de philosophie pour poser des questions.

 

Maia : Je sais que cette licence a pour option de poursuivre la recherche. J’ai évoqué la dernière fois la question des entretiens collectifs. C’est un travail que nous menons avec Saida Zoghlami et Augustin Mutuale. Il serait bien de le partager avec celles et ceux qui s’y intéressent. Il se peut que nous puissions produire quelque chose pendant les vacances et à ce moment là nous le diffuserons en vue de partager la suite de la recherche. Un autre exemple d’entretien collectif est mis en ligne en ce moment avec Georges Lapassade et il y en a d’autres qui suivront. Je t’invite, ainsi que tous ceux qui le souhaitent de mettre vos commentaires et vos idées sur le blog, notamment pendant les vacances.

 

Le printemps tient ses promesses timidement avec des aléas.

 

Bonnes vacances et à la prochaine séance.

 

Benyounès Bellagnech
http://lesanalyseurs.over-blog.org/                              

 

Par Benyounès Bellagnech - Publié dans : Pédagogie virtuelle - Communauté : Tous institutionnalistes
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Lundi 30 mars 2009 1 30 /03 /2009 10:02

Attitudes vis-à-vis du Journal

 

 

Le thème qui revient, tout au long de la semaine, consiste à s’interroger sur l’accueil du Journal par des lecteurs éventuels. Faut-il oui ou non donner à lire son journal ? Faut-il choisir ses lecteurs ? Les avis sur ces questions divergent entre les diaristes. Pour tenter de répondre à ces questions, le mieux serait de commencer par expérimenter la lecture des autres avant d’arrêter une décision qui demeure toujours provisoire.


Lorsque l’on est convaincu que l’écriture du Journal a un quelconque intérêt, on est tenté de donner à lire le produit, à la recherche d’une reconnaissance, d’un encouragement ou de félicitation et dans le même temps on appréhende la réaction du lecteur, avec la peur au ventre que ce dernier ne dise que « c’est nul ce que vous avez écrit » ! Afin d’éviter une possible confusion, le mieux serait de choisir son lecteur avec discernement, afin d’éviter des surprises malheureuses.


Me concernant, je garde toujours un souvenir de fierté lorsque je me suis mis à écrire au jour le jour. J’en parlais de temps en temps autour de moi, sans franchir le pas de donner à lire. Mais rien que d’en parler, je constatais les réactions de l’entourage : Beaucoup de curiosité et un peu de crainte en cas de tension dans les relations. Mon premier choix de lecteur fut très bénéfique. En effet après avoir terminé le deuxième volume du Journal total, je l’ai donné à Remi Hess. Celui-ci l’a lu d’un trait et y est revenu la semaine suivante pour en faire un cours qui a duré toute la journée. J’étais agréablement surpris, car je ne m’attendais pas à ce que mon Journal soit si intéressant pour faire l’objet d’un séminaire. Je suis reparti très encouragé à poursuivre l’écriture du journal avec l’acquis qu’il existe de bonnes volontés pour soutenir la démarche.


Au moment de la préparation d’un numéro de revue Les irrAIductibles sur le Journal, Remi m’a proposé de publier quelques extraits dans ce numéro. J’ai eu du mal à choisir ce qu’il fallait donner pour la publication. J’ai profité de cette difficulté pour élargir le cercle de mes lecteurs de journaux prétextant la commande de publication passée par Remi. Une lectrice se propose de lire les deux volumes et de proposer quelques extraits. J’en suis reconnaissant. Toutefois, sa réaction est très froide, bien qu’elle fasse le travail de lecture et de choix de textes. Il faut rappeler qu’à l’époque cette lectrice n’écrivait pas de journal, n’étant pas convaincue de son utilité « scientifique et littéraire ». Elle changera d’avis plus tard. Sa réaction négative au journal est décevante car elle m’a repoussé dans mes retranchements et mis un coup de frein à mon enthousiasme à poursuivre l’écriture du journal et à en parler autour de moi.


De cette expérience, je tire quelques conclusions en lien avec la pédagogie du possible : La posture de Remi Hess, en tant que pédagogue du possible, repose sur le positif, l’encouragement et l’accompagnement de l’apprenant en évitant de l’accabler et d’insister sur les points faibles et les difficultés. Bien au contraire, c’est l’effort, la volonté, le passage à l’acte d’écrire qui sont mis en valeur. C’est l’attitude qui correspond à la définition du pédagogue du possible.


L’autre attitude vis-à-vis du Journal relève de la pédagogie de l’impossible. Cette posture est malheureusement très répandue dans notre champ éducatif. La tendance dominante est celle de la correction, de la loi, de l’établi, du dominant qui n’a pas envie de voir venir les autres et qui n’est pas ouvert à la création. Dans l’AI, on appelle cela l’institué qui est dans une lutte à mort contre l’instituant. La centralité du pouvoir se décline à travers les pédagogues de l’impossible. Ce sont leurs petits soldats auxquels chacun de nous est confronté au jour le jour.


Ma conclusion provisoire : avant de décider de donner ou pas à lire son Journal, il serait souhaitable de choisir son interlocuteur en fonction de critères pédagogiques que je résume dans la pédagogie du possible : le positif, l’encouragement, la sécurisation, l’aide, la manière noble de traiter certains problèmes de forme et de fond, etc.


A éviter une catégorie de personnes qui trouvent du plaisir à détruire les autres, à nuire aux personnes et à leurs proches, à saboter tout ce qui peut être développé autrement, à casser les relations avec les individus et les groupes, etc.


Donner son journal à lire oui, mais pas à n’importe qui. Je mets en ligne en ce moment sur le blog Le Journal philosophique. Ma décision a été prise après avoir donné le manuscrit à lire à Augustin Mutuale. Je l’ai choisi comme premier lecteur parce qu’il est philosophe. Je le lui ai donné en septembre 2008. Il le lit et me dit qu’il est intéressant et qu’il faut le mettre en ligne. Le lecteur dans ce cas est choisi en fonction de critères positifs cités ci-dessus. Son rôle en tant que lecteur et pédagogue est déterminant pour la suite de ma pratique du Journal.


Merci Maia pour tes encouragements concernant l’entretien avec Remi Hess. Je vais essayer de revenir sur notre recherche portant sur les entretiens collectifs.


Bon printemps

A bientôt

Benyounès Bellagnech              

Par Benyounès Bellagnech - Publié dans : Pédagogie virtuelle - Communauté : Tous institutionnalistes
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Lundi 23 mars 2009 1 23 /03 /2009 14:06

Le point fixe en ligne

 


Le point fixe est un rituel qui consiste à organiser des rencontres réelles d’un groupe dans un même lieu. Ce type de rencontre offre une possibilité de parler, de se lâcher et d’éprouver du plaisir à être pour un temps avec des personnes que l’on aime voir et écouter. Les institutionnalistes ont pratiqué les points fixes pendant longtemps. J’ai vécu cette expérience aussi et je ressens cela comme une nostalgie, un manque quelque part dans l’éducation tout au long de la vie. Les rencontres se tenaient au Khédive, un bistrot situé au centre de St-Denis et parfois dans d’autres bars. Une autre expérience du même type - qui a duré moins longtemps - a donné lieu à l’écriture du Journal de bistrot.

 

En évoquant l’écriture du journal, j’ai dit que c’est une pratique individuelle sauf cas rare, et le Journal de bistrot en fut un, car tous ceux qui fréquentaient le groupe ont écrit dans ce journal. En somme, c’est un journal collectif écrit à plusieurs mains. ( Cf. Aziz Kharouni, Les irrAIductibles n°3)

 

Mon intervention dans ce forum de diaristes me pousse à réfléchir à sa temporalité et au dispositif et c’est ainsi qu’un parallèle s’impose à moi entre le point fixe réel, physique et le point fixe virtuel sur ce forum. L’un des points communs entre les deux réside dans la temporalité, hormis le cas exceptionnel du Journal du bistrot. Autrement-dit, le dimanche ou le lundi ressemblent fictivement au mardi et au vendredi d’avant. Dans les rencontres réelles, on parlait de tout : des infos, de la recherche, de la politique, de la musique, de l’art, de la vie des uns et des autres et on se racontait aussi des histoires. Ce n’était pas académique, mais c’était très vivant avec de la chaleur humaine et du plaisir en plus.

 

Peut-on dire la même chose du point fixe virtuel, celui-ci par exemple, qui nous met concrètement devant un ordinateur - ni chaud, ni froid – à regarder des formes - des textes – et à tenter d’y répondre. On se force en quelque sorte de trouver des idées à faire passer tout en imaginant, d’après les quelques signes que l’on a, l’accueil que pourrait avoir notre discours. Il faut admettre que ce dispositif nous met dans une situation d’incertitude ou de préjugé pas assez confortable.

 

Pourtant, tout au long de la semaine, je me suis permis d’aller sur le forum et de lire les communications ; et à chaque fois, cette semaine davantage que les semaines d’avant, une conclusion s’est imposée à moi après chaque lecture : les participants à ce forum sont formidables. Ils ont des choses à dire, à écrire et à raconter. C’est donc avec la contrainte du point fixe que je vais dire quelque chose pour partager ce plaisir virtuel. J’ajoute que j’ai commencé à regarder les autres forums et c’est par là que je vais entamer mon propos.

 

Faire du forum « Au carrefour des diaristes », un espace transversal par lequel on peut aborder des sujets traités dans les autres forums d’une manière ou d’une autre serait quelque chose de complémentaire à nos échanges. Je dis cela, parce que la semaine précédente, j’ai évoqué avec vous l’auto–orientation par le journal. Il me semble que la référence aux travaux de Christian Verrier s’impose dans l’autoformation et l’autodidactie. Donc, un lien peut être établi entre les deux notions, bien que notre sujet de discussion porte d’abord sur le journal.

 

Remi Hess propose une réflexion sur le moment dialectique. Pour ma part, j’ai posé la question sur l’introduction de la dialectique dans la méthode. Mais la question du moment dialectique mérite toute mon attention et je souhaite partager avec tous ceux qui souhaitent travailler sur cette question fondamentale.

Je rappelle que je mets en ligne un Journal philosophique sur le blog http://lesanalyseurs.over-blog.org  Mais du fait que je le transcris au jour le jour sur ordinateur pour le diffuser, je ne cesse de m’interroger sur l’intérêt, l’utilité et la finalité de cette affaire. En quoi la philosophie peut être formatrice ou participe à la formation ou à l’éducation tout au long de la vie ?  Vaste question ! On goûte à la philosophie l’année avant le bac et après qu’en fait-on de ce que l’on a appris de la philosophie ?

 

Inutile de compter le temps passé à rédiger cette chronique interrogative, je tiens quand même à encourager les diaristes dans leur élan.

 

Je remercie Patrick d’avoir évoqué la traduction. J’ai été traducteur de presse pendant cinq ans, je traduisais tous les matins des articles portant sur la stratégie et la Défense pour un organisme de presse chargé de fournir une revue de presse européenne quotidienne au chef d’état-major de l’armée française. Je confirme ce que dit Patrick sur la rigueur exigée dans ce type de travail. D’un côté formel, j’entends, c’est très formateur sur le plan de l’écriture. De l’autre côté, on peut s’interroger au pourquoi d’une telle exigence dans ce domaine et non pas dans les autres domaines. Qu’est-ce qui fait que la forme, l’écriture, prennent de l’importance en matière de Défense et non pas dans les autres secteurs de la vie ? J’ai écrit Le journal de traduction au cours de cette période. Et si l’occasion se représentait, je reprendrais le débat sur la traduction.

 

Deux autres points évoqués par les uns et les autres, -je m’excuse de ne pas pouvoir citer les noms, faute de temps- l’un porte sur l’écriture en tant que forme. C’est un sujet qui mérite que l’on s’y arrête. Je n’ai pas pour l’instant de questions précises à poser à ce sujet, je n’ai que des considérations vagues, relevant de la sémiotique, la grammaire, la logique, etc. mais j’y reviendrai avec des questions précises.

 

Le second point est lié à l’écriture ou non du journal tous les jours. Je souligne qu’à l’école et ailleurs, on nous apprend rarement à dire non à quelque chose que l’on n’a pas envie de faire. A mon sens, il est temps d’introduire le négatif, la négation, le refus, parfois la subversion et la transgression dans la pédagogie. Si l’on considère de temps en temps que l’on n’a pas envie de faire quelque chose, comme c’est le cas de l’écriture du journal au jour le jour, on ne le fait pas.

 

« La chronophagie », terme employé par Marie-Pierre, doit être prise en compte. Les diaristes savent écrire par exemple « hier, je n’ai rien écrit », ou encore « j’arrête pour un temps d’écrire le journal ». Il est difficile d’écrire son journal lors d’une cérémonie d’enterrement ou de mariage ou de je ne sais quel événement festif ou non, alors que la situation exige une présence physique et mentale entière. Il n’y a alors pas de place pour le dispositif d’écriture du journal.

 

Il peut nous arriver tout simplement de vouloir ne rien faire et notamment de ne pas écrire de journal. Cela pourrait être aussi une bonne chose salutaire.

 

Bonne continuation et à bientôt

 

Benyounès Bellagnech
http://lesanalyseurs.over-blog.org/

 

 

Par Benyounès Bellagnech - Publié dans : Pédagogie virtuelle - Communauté : Tous institutionnalistes
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Lundi 16 mars 2009 1 16 /03 /2009 17:56

Le diarisme en ligne

 

 

« Mille respects pour vos opinions !
Mais de petites actions non-conformistes valent mieux »
Nietzsche

 

Intervenir dans ce forum prend la forme d’une chronique hebdomadaire dans un contexte diariste qui suppose l’écriture au jour le jour. Nous sommes supposés écrire chaque fois que cela est possible, mais le fait de choisir tel ou tel support ne va pas de soi, idem pour les sujets traités. Je me demande parfois s’il ne faut pas transformer cette tribune en journal hebdomadaire, c’est-à-dire en un support comme un journal où je décris ce que j’aurais fait la semaine qui vient de s’écouler.


Certes, il est plus facile comme le prône Marc-Antoine Jullien, de se donner un peu de temps avant d’aller se coucher, pour écrire le vécu de la journée, mais il faut noter que le mode de vie entre le 19ème et le 21ème siècle a beaucoup changé. Que l’on soit en poste ou non, notre contexte de vie quotidienne, de relations sociales, culturelles et techniques, est complètement transformé. En une journée, nous voyons et entendons tellement de choses que nous n’arrivons plus à suivre. Nous sommes gagnés par la dissociation, concept auquel Georges Lapassade a consacré beaucoup de temps et à présent nous savons pourquoi.


Par quoi vais-je commencer ? La semaine passée, après avoir rédigé et mis en ligne ma contribution dans ce forum, j’ai eu des réactions encourageantes vis-à-vis de la démarche qui consiste à mettre en ligne des journaux et à participer aux débats théoriques sur le diarisme. Michel Lobrot commence par rappeler qu’il est diariste depuis longtemps. Sa réaction me renvoie à l’une de ses interventions lors du colloque de l’AI, intervention que j’ai commenté par ailleurs. Dans son discours théorique sur le journal, il a mis l’accent sur les Surréalistes comme précurseurs du diarisme. Il a expliqué qu’à la différence du journal intime, les Surréalistes s’amusaient en écrivant et écrivaient en s’amusant pour casser la sacralisation de l’écriture des formes et des genres. C’est l’écriture libérée de toute contrainte.


Ce que les Surréalistes ont tenté volontairement, nous, nous le vivons lorsque nous nous mettons à écrire librement. Nous devons cela aussi aux diaristes qui nous ont précédés : René Lourau très influencé par les Surréalistes, Michel Lobrot, Georges Lapassade et Remi Hess. J’avance cette idée en vue de participer à la discussion sur la place du surréalisme dans les références institutionnalistes et diaristes.


Un échange avec Augustin Mutuale m’a conduit à commencer à mettre en ligne mon Journal philosophique ; il en a lu le premier volume et m’a suggéré de le mettre à la disposition des internautes. Je tente le coup sans pour autant me débarrasser des questions relatives à la publication ou non des journaux. Mais l’histoire de ce Journal mérite d’être contée. En effet, j’ai commencé à l’écrire par hasard. Sachant que pendant les vacances, je ne suis pas très sollicité, pas obligé de me déplacer ; s’y ajoute le caractère anarchique du Journal de lecture, je me décide d’écrire le Journal philosophique en m’imposant un programme et une rigueur, impossible à tenir en temps normal. C’est ainsi que ce Journal a vu le jour.


Je rappelle cela, car dans ce forum, nous avons évoqué la difficulté que nous rencontrons lorsque nous écrivons plusieurs journaux. Remi Hess, s’appuyant sur la théorie des moments, crée le moment du journal et le journal du moment, qui restent valables et vérifiables dans la pratique du journal, encore faut-il y introduire la dialectique des moments car le passage d’un moment à l’autre ne peut se faire d’une manière absolue. La complexité de la posture reste ouverte.


Pour rester dans la semaine passée, en lien avec ce que j’ai annoncé auparavant sur mon implication dans les affaires de la cité, j’assiste à une soirée débat organisée par l’Association Quartiers du Monde. C’est une association locale qui intervient dans des pays pauvres ou en guerre. Les membres sont des jeunes des quartiers de la commune où je réside. Ils présentent deux documentaires : l’un sur leur travail dans une école d’un quartier dans les territoires palestiniens occupés et l’autre sur les bombardements de Gaza. Ce qui a attiré mon attention au cours de cette soirée bien organisée, c’est la participation des jeunes à toutes les tâches d’organisation, ce qui a fait de la soirée une réussite. Des membres de l’association présentent leurs chantiers en cours et à venir, expliquent comment récolter l’argent, comment faire pour aller en Palestine en passant soit par Israël ou par un pays arabe limitrophe : leur but étant d’aller sur le terrain avec des projets à réaliser sur place auprès des enfants,  et dans le même temps de voir et d’expliquer ce qui s’y passe concrètement.


La première leçon que je retiens de cette soirée consiste à tordre le coup à une idée très répandue sur les jeunes de banlieue, selon laquelle ces jeunes ne s’intéressent à rien, car ils désertent les activités culturelles et politiques. Pour ceux qui cherchent à comprendre, l’engagement des jeunes dépend du type de cause qu’il faut défendre et notamment des causes humaines. Leur action est une démonstration.


Comprendre la ville pour moi, c’est observer ce qui s’y passe en réalité. Je n’ai pas écrit cela ailleurs, et c’est pour cette raison que je le livre dans cette intervention qui tend à prendre la forme du journal.


Autre manifestation de femmes qui s’est déroulée la même journée et à laquelle j’ai assisté, mu par la même curiosité. Il s’agit d’une association, intitulée Femmes solidaires, qui milite pour les droits des femmes. Je connais les animatrices de l’association, mais c’est la première fois que j’assiste à l’une de leurs actions. L’une des caractéristiques de cette association est la présence de ses militantes sur plusieurs terrains de lutte : école, enfance, logement, Réseau éducation sans frontière, etc. Visiblement, ce type d’activité n’est pas permanent, ne relève pas de la vie quotidienne dans la cité, mais la multiplication d’interventions de ces femmes sur plusieurs fronts fait que dans leur vie quotidienne à elles, l’action est une constance.


Au cours de la même semaine, j’assiste à une assemblée générale d’enseignants et parents d’élèves, où il a été question de débattre sur les modes d’action au niveau des communes relevant de la circonscription et également au niveau national avec la préparation de la mobilisation de la journée du 19 mars. Cette fois-ci, j’ai pris des notes dans le Journal du militant.


Par ailleurs, des états généraux sur l’école dans le Val de Marne ont lieu samedi. J’avais prévu d’y participer, mais j’ai été empêché par une action décidée à la dernière minute sur la ville. Je vais essayer d’obtenir des documents sur cette journée.


Ce lundi je vais assister toujours à Orly à un forum débat sur l’articulation entre les mouvements sociaux et la perspective politique. Y participeront : un représentant du LKP en France, un universitaire syndicaliste, un représentant des parents d’élèves et la sénatrice du Val de Marne.


En écrivant sur la ville, je m’interroge sur ma position. Si je me situe en tant que chercheur, il s’agirait de l’observation participante, mais dans quel but ? S’il s’agit de la position du militant, il faudrait réfléchir presque d’une manière quantitative sur les résultats obtenus par ce type d’action, ou encore s’agit-il du mélange des deux et c’est la synthèse qui manquerait. En tout cas, l’écriture du journal permet ce type de question. La perspective de l’écriture et de l’action se dessine dans la pratique. Ceci étant, il y a un sujet qui m’intéresse et sur lequel je compte travailler c’est celui de l’articulation entre le local et le global : autrement-dit, le lien entre ce qui se passe sur le plan local dans la commune et ce qui se passe au niveau global. Pour ce faire, j’ai recours aux méthodes acquises dans la formation en analyse institutionnelle, mais pas exclusivement : l’observation participante, l’immersion, l’écriture du journal, les entretiens non directifs, les histoires de vie…Mon laboratoire de recherche est le terrain : la ville.


Par ailleurs, je lis attentivement les textes mis sur ce forum de diaristes.

Pour cette semaine, je dois d’abord saluer Claire qui est dans une démarche semblable à la mienne, montrant par écrit le potentiel offert à l’écriture du journal.

Nadine fait un effort pour comprendre ce qui se passe en Guadeloupe et j’avoue que je suis comme elle, j’ai essayé cette semaine de me renseigner sur la plateforme du LKP et leurs modalités d’action unitaire qui ont conduit à la victoire.

Stef, ton journal touche à l’essentiel. Car en décrivant comment tu vis la situation actuelle à partir de ton travail et de tes activités, tu donnes à ton journal la dimension que souhaite tout diariste. C’est un journal institutionnel et cela est très intéressant.

Marie, tu poses de vraies questions auxquelles nous devons répondre ensemble en théorie et dans la pratique.

Je suis d’accord avec Catherine lorsqu’elle dit qu’il faut analyser la période actuelle avec des outils de l’analyse institutionnelle, ainsi qu’avec Florence qui propose d’étudier et de comprendre le contexte dans lequel nous sommes.


Un dernier mot sur l’orientation de l’écriture diaristique. J’estime que ce type d’écriture ne se soumet pas à l’orientation, car il est par nature une aventure. Bien que je puisse me dire que je vais écrire demain ou après-demain sur tel événement, lors de l’écriture je me rends compte que j’écris des phrases ou des paragraphes imprévus, ce qui donne une dimension au texte du journal toute autre que celle prévue initialement. Ce fait est à mettre en relation avec la pédagogie ; on parle beaucoup d’orientation qui suppose un orientateur : prof, animateur, guide… En revanche, on ne parle pas d’auto-orientation. Il me semble qu’en pratiquant l’écriture du journal, on se dirige vers l’orientation de soi-même. La question reste posée.

 

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A bientôt

Benyounès Bellagnech

                                   

 

 

Par Benyounès Bellagnech - Publié dans : Pédagogie virtuelle - Communauté : Tous institutionnalistes
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