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  • : Le blog de Benyounès Bellagnech
  • : Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
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18 avril 2019 4 18 /04 /avril /2019 15:28

Algérie : un éveil politique et social 

 

Une crise politique et des luttes de pouvoir internes

 

L’Algérie traverse une crise multidimensionnelle aiguë depuis un certain temps. Le pays connaît une crise politique depuis des décennies, notamment après le coup d’État militaire de 1992 et la guerre atroce qui en a résulté contre les civils. Les origines de cette crise remontent à l’ère coloniale, bien que ses manifestations les plus récentes résultent directement de la politique d’une accumulation parasitaire et d’une corruption enracinée : un binôme militaro-oligarchique qui prive le peuple algérien de son droit à l’autodétermination et se dispense d’une légitimité populaire au profit du capital national et international. Plusieurs facteurs ont exacerbé cette crise, notamment l’absence et la maladie de l’ancien président du pays, Abdelaziz Bouteflika, qui n’a pas été vu en public depuis 2013. Un bourbier encore aggravé par les luttes de pouvoir au sein de l’élite a culminé avec la chute du faiseur de rois de longue date en Algérie, le chef du département du renseignement et de la sécurité (DRS) en 2015, et le scandale de la cocaïne en 2018, qui a entraîné le limogeage du chef de la police, de quelques généraux et d’autres hauts fonctionnaires du ministère de la Défense.

Dans un contexte d’échec de l’opposition institutionnalisée et des mouvements sociaux à exprimer et à mettre en œuvre une alternative viable, nous avions prédit en 2016 que « la chute des prix du pétrole pourrait bien enfoncer le dernier clou dans le cercueil d’une économie de rente, non productive et désindustrialisée, fortement tributaire des exportations de pétrole et de gaz, principale source de devises… …Avec la dégringolade des cours du pétrole et des réserves de change (estimées à 179 milliards de dollars à la fin de 2014) prévues pour ne pas durer au-delà de 2016-2017, l’expérience de 1988 pourrait facilement être reproduite et la crise pourrait dégénérer en une véritable explosion qui menacerait la sécurité nationale du pays et, éventuellement, son intégrité territoriale. »

Les récents événements interviennent à un moment de crise économique aiguë symbolisée par des mesures d’austérité étouffantes à la suite du déclin des recettes des exportations de pétrole et de gaz, associées à une intensification des querelles internes et des divisions au sein des élites dirigeantes après l’imposition de la candidature de Bouteflika pour un cinquième terme à la tête de l’état.

Ce qui a débuté en 2008-2015 comme une scission entre les services de renseignement (DRS) et le pôle représenté par l’alliance de la présidence et du commandement des forces armées (opposition à l’amendement constitutionnel permettant à Bouteflika de briguer un troisième mandat, exposition publique par le DRS d’une série de scandales de corruption et enfin le limogeage du chef du DRS en 2015) s’est métamorphosé en 2019, avec l’entrée décisive du peuple sur la scène politique en une scission entre la présidence et le commandement des forces armées, qui est clairement intervenu pour mettre fin au règne de Bouteflika afin de sauvegarder le régime en place. Ces démonstrations publiques de luttes internes de pouvoir sont symptomatiques des profondes contradictions et de l’instabilité du bloc actuel aux rênes du pouvoir et de la crise d’hégémonie en son sein, qui a ouvert de nouveaux espaces de résistance.

C’est un moment important dans la dynamique populaire qui a débuté en février 2019, car il s’agit d’une seule bataille gagnée dans la longue lutte pour un changement radical qui doit impliquer également le renversement du Général Major Gaid Salah, une personne clé du système de Bouteflika et un partisan de son cinquième mandat avant de reculer sous la pression du mouvement populaire croissant. Il ne faut absolument pas faire confiance au commandement de l’armée, surtout qu’il (Gaid Salah) avait d’abord menacé le mouvement avant d’adopter un ton plus conciliant. Nous devons faire preuve de vigilance et être plus déterminés que jamais afin d’empêcher les forces contre-révolutionnaires de détourner ce soulèvement historique.

Maintenant que Bouteflika a démissionné, il est absolument nécessaire de mettre en place une transition véritablement démocratique en ne cédant pas aux appels en faveur de l’application de l’article 102 de la constitution actuelle, qui maintiendra le système en place et ne garantira pas la tenue d’élections libres et transparentes. Le peuple demande la souveraineté populaire qui ne peut être limitée par des arguments rigides et strictement légalistes et constitutionnalistes. C’est un moment unique dans l’histoire de l’Algérie qui peut imposer de nouveaux paradigmes révolutionnaires, qui doivent aller au-delà des cadres juridique et constitutionnel pour défier radicalement le statu quo et créer une rupture fondamentale avec le système oppressif en place.

Il existe déjà plusieurs propositions pour résoudre la crise et instaurer une sorte de transition qui va satisfaire la demande du peuple et lui rende sa souveraineté étouffée. Le commandement de l’armée ne doit pas s’immiscer dans ce processus et doit s’en tenir à son rôle constitutionnel de garantie de la paix et de la sécurité nationale. Les Algériens ne se sont pas révoltés pour remplacer certains oppresseurs par d’autres ! Pour cette raison, le rapport des forces doit être considérablement déplacé vers le côté des masses populaires en maintenant la résistance (marches, occupations d’espaces publics, grèves générales, etc.) pour obliger le commandement de l’armée à se plier à la demande de la population : « Tous doivent partir ! » (Yetnahaw Gaa) et « Système dégage ! ».

 

(...)

Hamza Hamouchene

Avec l’aimable autorisation de l’auteur.

Lien vers l’article en arabe ici.

http://www.cadtm.org/Algerie-un-eveil-politique-et-social

Publié le 16 avril 2019 : https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/04/16/algerie-un-eveil-politique-et-social/

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17 avril 2019 3 17 /04 /avril /2019 10:21

Algérie : un éveil politique et social

 

Ce qui se passe en Algérie est vraiment historique. Le peuple a remporté la première bataille dans sa lutte pour un changement radical du système. Bouteflika, président pendant les vingt dernières années, a abdiqué, contraint par plus de six semaines de manifestations et une reconfiguration des alliances au sein des classes dirigeantes, annonçant le divorce entre la présidence et le commandement des forces armées.

 

Depuis le vendredi 22 février 2019, des millions de personnes, jeunes et âgées, hommes et femmes de différentes classes sociales sont sortis lors d’un soulèvement immense et se sont réappropriés l’espace public longtemps confisqué. Les marches historiques du vendredi, suivies de manifestations sectorielles, ont uni le peuple dans son rejet du système en place et ses revendications en faveur d’un changement démocratique radical. « Ils doivent tous partir ! » (Yetnahaw gaa), « Le pays nous appartient et nous ferons ce que nous souhaitons » (Lablad abladna oundirou rayna), deux slogans emblématiques de ce soulèvement jusqu’ici pacifique, symbolisent l’évolution radicale de ce mouvement populaire (Al Hirark Acha’bi) qui a été déclenché par l’annonce du président sortant Bouteflika de se présenter pour un cinquième mandat malgré son incapacité et son aphasie. Il convient de noter que Bouteflika ne s’est pas adressé à la nation depuis 2013.

Ce mouvement est unique en son genre par son envergure, son caractère pacifique, sa propagation nationale, y compris dans le sud marginalisé, ainsi qu’une participation massive des femmes, et en particulier des jeunes, qui constituent la majorité de la population algérienne. Pour ceux qui sont assez âgés pour être dans la soixantaine et plus, cela n’a jamais été vu dans l’histoire contemporaine du pays, sauf en 1962, lorsque les Algériens sont descendus dans la rue pour célébrer leur indépendance durement gagnée de la domination coloniale française.

Ce soulèvement a surpris tous les observateurs. Au début du mois de février, l’ambiance politique était celle du désespoir et de la démission face à ce que les autorités s’apprêtaient à faire avec les élections présidentielles prévues en avril 2019. Cela s’explique par la décimation de l’opposition politique dans le pays, associée à la répression et/ou la cooptation des syndicats et autres acteurs de la société civile conduisant à la fermeture d’espaces pour l’expression de projets politiques alternatifs et d’une scène politique généralement aride.

Cependant, l’éruption des masses populaires sur la scène publique et leur entrée dans l’équation politique ont ébranlé ce statu quo et créé un potentiel énorme pour la résistance et le changement. Des slogans comme « Nous nous sommes réveillés et vous allez payer ! » (Hna s’hina ou bassitou bina) signalent qu’en découvrant leur volonté politique et en s’emparant de leur propre libération, les masses se transforment elles-mêmes. Et nous pouvons en témoigner dans l’euphorie, l’énergie, la créativité, la confiance en soi, l’humour et la joie que ce mouvement a créés après la suppression et le musellement des dernières décennies. Comme l’oxygène, cette révolution est en train de renouveler la société, affirmant les masses populaires comme acteurs de leur propre histoire et peut donc être un véritable processus de transformation. À cet égard, il est essentiel de s’inspirer de l’analyse de Fanon, car elle montre comment, au milieu des pires catastrophes, les masses trouvent les moyens de se réorganiser et de continuer à exister quand elles ont un objectif commun.

Ce réveil décisif de la part du peuple et la prise de conscience politique croissante sont des annonciateurs de bonnes choses à venir et de jours de tempête pour la caste des profiteurs et leurs soutiens étrangers qui se sont enrichis de façon scandaleuse. Au milieu de la paupérisation croissante, du chômage, de la compression des dépenses publiques par des mesures d’austérité, du pillage des ressources, du développement inégal, de la corruption, la rationalité de la révolte et de la rébellion actuelles devient absolument claire.

Tout d’abord, il est important de noter que cette éruption n’est ni venue de nulle part ni tombée miraculeusement du ciel, mais plutôt le résultat d’une accumulation de luttes et de résistances remontant aux années 80, les exemples les plus récents étant le soulèvement contre l’exploitation du gaz de schiste en 2015 et la révolte du mouvement des chômeurs depuis 2012 dans le sud algérien.

Le soulèvement algérien doit également être analysé dans le contexte d’un processus révolutionnaire continu qui a balayé la région arabe au cours de la dernière décennie, en commençant par la Tunisie et en s’étendant à l’Égypte et à d’autres pays. À l’évidence, ce processus a été semé de contradictions et a connu des hauts et des bas, des gains et des revers, qui se sont matérialisés par une transition démocratique libérale (dans le sens économique) en Tunisie et des contre-révolutions sanglantes et des interventions impérialistes dans les pays restants qui ont connu des soulèvements. Il y a neuf ans, l’Algérie, bien que réunissant les mêmes conditions de révolte, semblait être à l’abri de ce vent de révolution et a été présentée comme une « exception ». Le discours gouvernemental à l’époque a affirmé que l’Algérie avait déjà eu son « printemps » plus de deux décennies plus tôt, une référence implicite à la transition démocratique de courte durée qui avait suivi des semaines de manifestations en octobre 1988. Celles-ci avaient obligé le régime à céder le pas au pluralisme politique et à une presse indépendante. Toutefois, ces avancées en matière de libertés civiles et de « transition démocratique » ont été avortées par le coup d’État militaire et la guerre contre les civils des années 1990. Outre les formes de répression en cours, les souvenirs collectifs de centaines de milliers de morts et de violence de l’État sous-jacente à l’éradication de l’opposition « islamiste » peuvent contribuer à expliquer l’échec de voir un soulèvement en Algérie entre 2010 et 2011. Le spectre de la guerre civile et la crainte de violences sanglantes ont encore été exacerbés par l’intervention en Libye, la contre-révolution en Égypte, le carnage et les ingérences étrangères en Syrie.

En outre, les revenus tirés des prix élevés du pétrole et du gaz ont été utilisés pour acheter la paix sociale à l’intérieur et pour obtenir l’assentiment international. Sur le plan intérieur, cette aubaine pétrolière a été utilisée pour apaiser la population et retarder toute radicalisation de la colère populaire. À l’extérieur, étant le troisième plus grand fournisseur de gaz naturel de l’UE après la Russie et la Norvège, et compte tenu de la baisse de la production en mer du Nord et de la crise ukrainienne, l’Algérie espérait pouvoir tirer parti de cette position pour jouer un rôle encore plus important dans la sécurisation des approvisionnements en énergie de l’UE et, par extension, la collusion et l’approbation occidentales.

Les événements actuels en Algérie, bien que spécifiques, ne sont pas uniques dans l’histoire de la lutte et de la révolution. Il est donc important de tirer les leçons des expériences passées et de celles des pays voisins, tels que la Tunisie et l’Égypte (cela fera l’objet d’un prochain article).

(...)

Hamza Hamouchene

Avec l’aimable autorisation de l’auteur.

Lien vers l’article en arabe ici.

http://www.cadtm.org/Algerie-un-eveil-politique-et-social

Publié le 16 avril 2019 : https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/04/16/algerie-un-eveil-politique-et-social/

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16 avril 2019 2 16 /04 /avril /2019 15:02

Gilets Jaunes (tome 2) : Acte après acte, l’écriture d’une pièce

 

Le mouvement des Gilets jaunes se donne le temps d’une respiration démocratique et ne cède en rien sur les agendas et les calendriers qu’on veut lui imposer. Il exprime, à sa façon, les possibilités d’une organisation autogérée de la société, d’un autogouvernement populaire1.

De Commercy à Saint-Nazaire, ces lignes que nous écrivions dès le début du mois de décembre 2018 nous semblent résonner plus fort que jamais dans un imaginaire collectif qui s’arroge de nouveau le droit à l’alternative.

Des maisons du peuple aux assemblées de villes et de villages, le défaitisme des dernières années cède la place à la construction tâtonnante, patiente et déterminée, d’un horizon politique par et pour le peuple. Le besoin de coordination et d’unité a rassemblé des centaines de délégations sur les côtes saint-nazairiennes et on se prend désormais à rêver toujours plus loin.

Malgré les efforts déployés par le pouvoir pour expulser les Gilets jaunes des espaces publics et pour réprimer violemment la contestation sociale, rien n’y fait2. La propagande médiatique est en surrégime mais le mouvement continue d’inventer des lieux de délibération collective, d’échange et de solidarité, de résister en nombre dans les rues des villes chaque week-end, d’être soutenu par une majorité de la population. Mieux, il ricoche sur des pans de plus en plus larges de la société.

Des assistantes maternelles en gilets roses, jusque-là peu organisées, en sont à leur troisième mobilisation nationale et construisent déjà des alliances avec les chômeur·euses et les précaires. Des éboueurs de l’agglomération lyonnaise en gilets orange gagnent un conflit dur après dix-sept jours de grève. Des Stylos rouges font des marelles « politiques » au milieu des cortèges d’enseignant·es. Des Blouses blanches de l’hôpital universitaire de Besançon s’associent aux Gilets jaunes pour défendre un service public gratuit et de qualité. Des personnes handicapé·es en gilets bleus dénoncent, dans les rues de Carcassonne, un espace public qui exclut systématiquement des segments de la population. Sans parler des milliers de retraité·es déjà aux avant-postes sur bien des ronds-points et qui pourraient bien enfiler un gilet gris pour défendre les retraites.

Car d’acte en acte, le jaune cristallise l’envie de justice sociale, de démocratie et construit une pièce où chacun·e des acteur·trices peut jouer sa propre partition. Laquelle se joue et s’accorde dans un ensemble qui donne bien du fil à retordre aux tenants de l’ordre du monde. L’ébullition sociale contamine en effet la myriade de luttes aux quatre coins de la société pendant qu’une dignité retrouvée donne de l’élan combatif aux groupes sociaux discriminés, opprimés et exploités.

Peu ou prou, les organisations syndicales et associatives semblent elles aussi prises par le vent nouveau que les Gilets jaunes ont fait souffler, par cette atmosphère de sursaut social. Si, dans trop d’endroits, les premiers temps ont été difficiles et les clivages toujours vivaces, la nécessité commune de s’allier pour gagner et les combats communs ont entraîné des débats et des repositionnements significatifs. Des alliances se construisent ainsi sur des bases solides. Dans plusieurs département, CGT, Solidaires, FSU, mais aussi FO, voire CFTC, et Gilets jaunes ont appelé ensemble à la grève et à la généralisation des blocages et des alternatives sur et en dehors des lieux de travail3. C’est une tournure « nouvelle » d’intersyndicale en forme de Bourse du travail première manière que proposent les assemblées de Commercy et de Saint-Nazaire et qui devrait permettre d’élargir et d’amplifier la mobilisation et les convergences dans les territoires et les entreprises.

La haie d’honneur faite par les Gilets jaunes montpelliérains à la marche contre les violences sexistes et sexuelles en novembre dernier, la journée du 8 mars qui s’est étendue au samedi 9, ainsi que les dimanches de mobilisation sont autant d’épisodes d’une convergence entre féministes et femmes Gilets jaunes qui s’approfondit dans l’action et par le débat.

À Paris, des organisations antiracistes et de racisé·es ont fait cortège commun avec des Gilets jaunes. Ailleurs, des liens se tissent entre monde rural et banlieue urbaine tandis que la jeunesse engagée dans la lutte contre le changement climatique s’est emparée du mot d’ordre unificateur : « Fin de mois, fin du monde, même combat ».

Une invitation aux possibles se fraye un chemin dans nos esprits au fur et à mesure que -s’entraperçoivent les contours des coalitions possibles pour élargir et amplifier la lutte. Après celle de Commercy, l’Assemblée des assemblées de Saint-Nazaire éclaire de façon éblouissante ce chemin :

Ainsi nous construirons collectivement ce fameux « Toutes et tous ensemble » que nous scandons et qui rend tout possible : nous construisons toutes et tous ensemble, à tous les niveaux du territoire. […] Face à la mascarade du grand débat, face à un gouvernement non représentatif et au service d’une minorité privilégiée, nous mettons en place les nouvelles formes d’une démocratie directe […]. Nous appelons les assemblées citoyennes et populaires, ainsi créées, à se fédérer4.

Ce second livre numérique et gratuit ne prétend pas donner une vision exhaustive et objective d’un mouvement aussi multiforme que celui des Gilets jaunes. Évidemment. En outre, il n’est pas dans nos habitudes, qui plus est dans un contexte mondial de montée en puissance des périls racistes et fascistes, d’écarter des possibles tentatives de récupération et d’infiltration de l’extrême droite, ce qui relèverait d’une posture inconséquente5. Néanmoins, sans minimiser ce qui s’est passé au cours de certaines manifestations, ce n’est pas du tout l’orientation prise par ce mouvement. Tourner le dos à l’intelligence collective en marche sous ce prétexte nous semblerait encore plus inconséquent et terriblement paralysant. De même, nous ne nions pas que « soutien et respect de l’autonomie » soient des notions qui se conjuguent mal pour nombre d’organisations, notamment politiques. Nous ne prétendons pas non plus que la présence de 300 « délégations » à Saint-Nazaire signifie pour autant que sur le terrain le mouvement se développe là où il est né et où il a tout son sens : dans les localités, les quartiers, les ronds-points…

Dans cet ouvrage, notre choix est celui de la mise en avant des éléments émancipateurs que les Gilets jaunes ont mis sur la place publique. Il s’agit d’un choix qui donne quelques-unes des lignes fortes qui participent tout à la fois de la construction d’un front large – un printemps jaune – enraciné dans les luttes, récentes ou anciennes et de l’esquisse d’un horizon émancipateur – trop souvent absent.

10  avril 2019

 

Télécharger gratuitement le livre : Gilets Jaunes, tome 2

Pour rappel :

Volume 1 : Introduction : Gilets Jaunes – Des clefs pour comprendreintroduction-gilets-jaunes-des-clefs-pour-comprendre/

Gilets jaunes : Appels de Saint-Nazairegilets-jaunes-appels-de-saint-nazaire/

 

if, « Nous sommes le peuple », introduction à Gilets jaunes : des clés pour -comprendre,vol. 1, Paris, Syllepse, 8 décembre 2018.

2. Sur la répression, voir notamment le site Allô place Beauveau.Sur la riposte, diverses initiatives sont en cours, voir – notamment – l’Assemblée des blessé·es et l’appel de l’Assemblée des assemblées de Saint-Nazaire : « Nous exigeons l’annulation des peines des prisonniers et condamnés du mouvement ! », p. 54.

3. En bloquant, par exemple, Carrefour et son vaste plan de licenciement, en organisant des circuits courts, des marchés citoyens…

4. Voir les appels de l’Assemblée des assemblées de Saint-Nazaire des 5-6-7 avril 2019, p. 10-12. On peut aussi consulter le site Le vrai débat.

5. Voir Gilets jaunes : des clés pour comprendre, vol. 1, Paris, Syllepse, 2018.

 

Publié 14 avril 2019  https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/04/14/gilets-jaunes-tome-2-acte-apres-acte-lecriture-dune-piece/

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14 avril 2019 7 14 /04 /avril /2019 12:25

Jugement inique au Maroc 

Solidarité avec les prisonniers du Hirak du Rif

 

Tard dans la nuit de ce vendredi 5 avril 2019, le verdict en appel du procès des militants du Hirak du Rif est tombé : confirmation des peines révoltantes allant jusqu’à 20 ans de prison ferme ! 

 

Alors que les militants jugés ont porté pacifiquement durant des mois des revendications sociales, économiques, culturelles et politiques les plus élémentaires (droit à la dignité, à la santé, à la reconnaissance effective de la langue amazigh, au désenclavement de la région du Rif…), la réponse du Makhzen marocain a été, comme à son habitude, la répression aveugle et la militarisation renforcée du Rif. Le jugement prononcé démontre pour la énième fois l’absence d’un Etat de droit et d’une justice sociale et démocratique.

 

La réponse à ce jugement n’a pas tardé : la foule des militants,es présents et des familles des prisonniers devant le tribunal ont scandé « Vive le peuple », « Vive le Rif », « Etat corrompu »… Ce combat est le prolongement des luttes menées à travers tout le pays et ce depuis le mouvement du 20 février 2011. Il s’inscrit aussi en résonance avec les luttes pacifiques menées dans l’ensemble de l’espace maghrébin, en particulier celle du peuple algérien, pour un Maghreb des peuples pluriel, de la dignité, de la démocratie et de la solidarité.

 

Nous, signataires,

– appelons l’ensemble des démocrates, des femmes et des hommes épris de justice d’exprimer leur indignation face à ce déni de justice. 

– exprimons notre totale solidarité avec le combat des prisonniers du Hirak et leurs familles pour la dignité, la justice sociale et la démocratie.

– soutenons toutes initiatives pacifiques pour la libération immédiate des prisonniers du Hirak du Rif, des prisonniers des autres mouvements sociaux et des prisonniers politiques et d’opinion au Maroc. 

 

Premiers signataires

 

Associations

Action Jeunesse – Maroc

Agir pour le changement et la démocratie en Algérie (ACDA)

APEL-Egalité – France

ASBL Na’oura – Bruxelles 

Association Arts et cultures des deux-rives

Association Beyti – Tunisie

Association Calima – Alsace

Association de défense des droits de l’homme au Maroc (ASDHOM)

Association démocratique des Tunisiens en France (ADTF)

Association des citoyens originaires de Turquie (ACORT) 

Association des familles des prisonniers et disparus sahraouis (AFAPREDESA)

Association des Marocains en France (AMF)

Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF)

Association des Tunisiens de l’Isère-citoyens des deux-rives (ATI-CDR)

Association des Tunisiens en France (ATF)

Association Freedom Now-Comité pour la liberté d’expression – Maroc

Association GAME

Association Les Ponts de Genève – Suisse

Association marocaine des droits de l’homme (AMDH)

Association marocaine des droits de l’homme-Île de France (AMDH-IDF)

Association marocaine des journalistes d’investigation (AMJI)

Association Nova-Sahara occidental

Association tunisienne de défense des valeurs universitaires (ATDVU)

Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD)

Association Zembra Echo

CEDETIM

Collectif Afrique CA – France

Collectif associatif pour l’Observation des élections – Maroc

Comité de soutien au mouvement rifain à Paris (CSMR)

Comité de vigilance pour la démocratie en Tunisie (CVDT) –  Belgique  

Comité pour le respect des libertés et des droits d e l’homme en Tunisie (CRLDHT)

Comité pour le respect des libertés et des droits humains au Sahara occidental (CORELSO)

Coopérative politique écologie sociale

Coordination maghrébine des organisations des droits de l’homme (CMODH)

Coordination nationale de sans-papiers – France

Droit devant – France

E-Joussour portail Maghreb-Machrek  

Euro-Mediterraan Centrum Migratie & Ontwikkeling (EMCEMO) – Pays-Bas

Fédération des somités de soutien au mouvement rifain – France (FCSMR)

Fédération des Tunisiens citoyens des deux-rives (FTCR)

Fondation Copernic

Forum des alternatives Maroc (FMAS)

Forum marocain Vérité et justice (FMVJ)

Forum marocain Vérité et justice-France (FMVJ-F)

Forum Palestine Citoyenneté  

Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES)

Front uni des immigrations et des quartiers populaires (FUIQP)

Groupe d’amitié Maghreb-Europe

Immigration Développement Démocratie (IDD)

Initiative pour un autre monde (IPAM)

Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH)

Ligue des droits de l’homme (LDH)

Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH)

Mouvement Alternatives citoyennes (ALCI/FES)

Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP)

Observatoire maghrébin des migrations 

Observatoire marocain des libertés publiques 

Plateforme euro-marocaine Migration et développement (PEMMD)

Rassemblement, action, jeunesse (RAJ) – Algérie

Réseau Amazigh pour la citoyenneté Azetta – Maroc

Réseau euro-maghrébin Citoyenneté et culture (REMCC)

sortir du colonialisme 

Union des Tunisiens pour l’action citoyenne (UTAC)

Union juive française pour la paix (UJFP)

Vigilance pour la démocratie et l’Etat civique Yaquadha – Tunisie

 

Syndicats

Confédération syndicale des commissions ouvrières (CCOO) – Espagne  

Secrétariat international de la CNT

Syndicat assos solidaires – France

Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) 

Syndicat Solidaires – France

 

Partis

Ensemble

Europe Ecologie Les Verts (EELV)

Front populaire de Tunisie – France nord

La Voix Démocratique – Maroc, région Europe 

Nouveau Parti anti-capitaliste (NPA)

Parti communiste des ouvriers de France (PCOF)

Parti communiste français (PCF)

Parti d’avant-garde socialiste (PADS) –  Maroc

Parti de gauche (PG) – France

Parti des Indigènes de la République (PIR)

Parti des travailleurs de Tunisie (PTT) 

Parti socialiste unifié (PSU) – Maroc, section France

 

Publié le 12 avril 2019 :

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/04/12/jugement-inique-au-maroc-solidarite-avec-les-prisonniers-du-hirak-du-rif/

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12 avril 2019 5 12 /04 /avril /2019 23:02

Retrouvons notre pouvoir de décision, place aux assemblées citoyennes

 

Nous, Gilets Jaunes réunis en Assemblée des assemblées appelons l’ensemble des GJ ainsi que tous nos concitoyen.ne.s à s’engager dans la réappropriation de notre pouvoir politique. Une étape importante de cette reconquête passe par le niveau local. Nous appelons à créer dans chaque commune de France ou cela est possible une ou plusieurs assemblée citoyenne et populaire. Car ce pouvoir nous a été confisqué comme nous le constatons dans de multiples domaines : écologie, public/privé (privatisation), démocratie, etc.

 

Ces assemblées sont l’expression de la volonté populaire. Chaque assemblée mène ses propres expériences en toute autonomie dans le respect de l’intérêt collectif (en lien avec des associations, gilets jaunes seuls, groupes de citoyens, associations de quartiers, présentation de listes ou non…) Nous appelons les assemblées citoyennes et populaires, ainsi créées, à se fédérer en réseau par l’échange de leurs expériences. Réapprenons à partager nos préoccupations pour définir ensemble ce que nous voulons. Réapprenons à vivre ensemble où nous habitons.

https://saint-nazaire.assembleesdesgiletsjaunes.fr/wp-content/uploads/sites/5/2019/04/AssDesAss-2-Appel-pour-les-assemblées-citoyennes.pdf


Appel à l’action et à la mobilisation pour la période des élections européennes

 

Nous, gilets jaunes réunis lors de l’Assemblée des assemblées de Saint- Nazaire, dénonçons le caractère anti-démocratique et ultra-libéral des institutions européennes. Le parlement européen que nous élisons n’a même pas le pouvoir de proposer une loi ! La Commission européenne décide de tout sans aucun contrôle démocratique. Les institutions européennes sont soumises à la pression de 25 000 lobbyistes pour la seule capitale européenne !

 

A l’inverse du modèle actuel, les gilets jaunes portent un modèle de démocratie directe, dans lequel l’intérêt général prime sur les intérêts particuliers. Un modèle démocratique où primeront enfin nos conditions de vie, de travail, vos droits, la qualité de nos services publics et de notre environnement.

 

Nous avons pour principe fondateur l’autonomie des groupes de gilets jaunes et des individus en général. C’est pourquoi nous faisons le choix de ne donner aucune consigne de vote ou même de participation à ces élections. Nous condamnons toutes les tentatives de constitution de liste politique au nom des gilets jaunes !

 

Nous appelons les gilets jaunes et les citoyens et citoyennes à faire de cette période électorale une grande période de mobilisation. Nous proposons :

– D’organiser une campagne d’information et de sensibilisation contre les institutions européennes et leur politique libérale

– De tourner en dérision cette mascarade électorale. Nous nous en remettons pour cela à la créativité des groupes locaux, par exemple : carnaval, vote parallèle dans des cercueils jaunes, affichage jaune, présence jaune le jour du vote le 26 mai, etc.

 

Nous proposons aux gilets jaunes de Belgique de co-organiser une convergence de tous les peuples à Bruxelles. Car quel que soit le résultat du vote, il faudra compter sur nous ! C’est dans la lutte que se construira l’Europe des peuples.

 

Nous proposons à tous les peuples d’Europe de se saisir de cet appel, de le traduire dans leur propre langue, ou de s’en inspirer pour faire le leur. C’est en menant une lutte coordonnée contre nos exploiteurs communs que nous jetterons les bases d’une entente fraternelle entre les peuples d’Europe et d’ailleurs.

https://saint-nazaire.assembleesdesgiletsjaunes.fr/wp-content/uploads/sites/5/2019/04/AssDesAss-2-Appel-pour-les-élections-européenne.pdf


Samedi 18 mai – Acte 27 des gilets jaunes

Nous exigeons l’annulation des peines des prisonniers et condamnés du mouvement !

 

Depuis 5 mois la répression policière et judiciaire contre le mouvement des gilets jaunes est gigantesque. Nous comptons des milliers de blessés, 22 personnes éborgnées, 5 mains arrachées et une personne tuée. Les violences policières qui mutilent et qui tuent sont un acte d’intimidation politique, elles cherchent à nous terroriser pour empêcher d’agir : elles constituent un crime d’État. Pour justifier ce crime, le gouvernement, avec l’appui de certains médias, criminalise toutes celles et ceux qui contestent sa politique. La répression judiciaire prend la suite des violences policières pour étouffer le mouvement : 8 700 gardes à vues, 2 000 procès dont 1 500 comparutions immédiates, près de 40% de peines de prison fermes, plus de 400 mandats de dépôt.

 

Ce que nous vivons aujourd’hui est le quotidien des quartiers populaires depuis des décennies. Maintenant, l’autoritarisme se généralise à toute la société. Nous, gilets jaunes réunis en Assemblée des Assemblées à Saint-Nazaire, appelons à un énorme acte national samedi 18 mai partout en France, à l’occasion de l’acte 27.

 

Nous exigeons :

  • l’annulation des peines des milliers de prisonniers et condamnés du mouvement des gilets jaunes et de toutes les autres luttes criminalisées
  • l’annulation des poursuites qui pèsent sur les personnes accusées et inculpées
  • la défense des libertés publiques et des droits fondamentaux
  • la reconnaissance des centaines de personnes enfermées, dans le cadre des gilets jaunes, des quartiers populaires, et de toutes les luttes défendant le bien commun, écologiques et revendiquant une démocratie directe, comme des prisonniers politiques

 

Nous devons résister de toute notre force contre cet autoritarisme ! Nous appelons au renforcement et à la constitution des cagnottes de soutien existantes, et des groupes de soutien juridique. Nous appelons à la constitution d’une plate-forme nationale pour recenser les cas de répression judiciaire, soutenir les inculpés et les prisonniers. Nous appelons au partage de tous les savoirs pour se défendre face à la répression policière et judiciaire.

 

L’Assemblée des Assemblée appelle à manifester le 13 Avril pour le retrait de la loi « anticasseurs » à l’appel de plus de 50 organisations dont la Ligue des Droits de l’Homme.

 

Samedi 18 mai, retrouvons nous partout pour manifester et nous rassembler devant les tribunaux et les prisons !

 

Cet appel sera partagé et transmis dans les groupes, ronds-points et AG locales pour qu’ils se l’approprient et le fassent vivre s’ils le souhaitent !

https://saint-nazaire.assembleesdesgiletsjaunes.fr/wp-content/uploads/sites/5/2019/04/AssDesAss-2-Appel-pour-un-acte-national-pour-lannulation-des-peines.pdf


Appel pour une convergence écologique

 

L’Assemblée des Assemblées des Gilets Jaunes prend acte de l’urgence environnementale, sociale et démocratique. C’est la même logique d’exploitation infinie du capitalisme qui détruit les êtres humains et la vie sur Terre.

 

La limitation des ressources nous oblige à poser la question de leur partage et du contrôle de la production. Les dérèglements climatiques, l’effondrement de la biodiversité et le péril nucléaire sont autant de menace qui pèsent sur notre avenir. Les biens communs (eau, air, sol droit à un environnement sain ne doivent pas être transformés en marchandises.

 

La taxe carbone est l’exemple parfait de la fausse écologie punitive qui cible les gens qui ne sont pas responsables. Or il y a des responsables et des pollueurs à qui s’attaquer directement par des actions coordonnées.

 

Les gilets jaunes invitent toutes les personnes voulant mettre fin à l’accaparement du Vivant à assumer une conflictualité avec le système actuel, pour créer ensemble, par tous les moyens nécessaires un nouveau mouvement social écologique populaire.

 

L’indignation ne suffit plus, passons à l’action.

https://saint-nazaire.assembleesdesgiletsjaunes.fr/wp-content/uploads/sites/5/2019/04/AssDesAss-2-Appel-pour-une-convergence-écologique.pdf


Tous les textes :

https://saint-nazaire.assembleesdesgiletsjaunes.fr


En complément possible :

  • Gilets Jaunes de Commercy (Meuse 55) : « Tout en poursuivant les actions nationales, enracinons le rapport de force au niveau local, créons des assemblées municipales, prenons les communes ! 
  • Assemblée Citoyenne du Bassin Minier de Doyet (Allier 03) : « Donnons-nous nous-mêmes les outils pour faire aboutir nos revendications sociales, environnementales et démocratiques » : Convoquons des États Généraux et organisons-les nous-mêmes ! 
  • Proposition d’une trentaine de GJ de Loches (Indre-et-Loire 37) : « Pour un 1er mai de convergence des luttes ! »
  • Proposition des Gilets Jaunes d’Ancenis et ses Alentours (Loire-Atlantique 44) de créer un Comité d’Initiative Citoyenne et Démocratique (C.I.C.D)
  • Proposition des Gilets Jaunes de Montpellier (Hérault 34) d’un projet de Charte commune
  • Maison du Peuple de Saint-Nazaire et alentours (44) : Appel à l’action pour les élections européennes dans toute l’Europe.
  • Présentation du collectif Carcassonne en colère (Aude 11) de leur initiative d’enquête citoyenne
  • Présentation par les Gilets Jaunes secteur d’Erstein & environs (Bas-Rhin 67) de leur « Consultation citoyenne Macron

https://saint-nazaire.assembleesdesgiletsjaunes.fr/propositions/

 

Publié ; https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/04/09/gilets-jaunes-appels-de-saint-nazaire/

 

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10 avril 2019 3 10 /04 /avril /2019 15:16

Gilets jaunes : Appels de Saint-Nazaire

Assemblée des Assemblées des Gilets Jaunes

 

Nous Gilets jaunes, constitués en assemblées locales, réunis à Saint-Nazaire, les 5, 6 et 7 avril 2019, nous adressons au peuple dans son ensemble. À la suite de la première assemblée de Commercy, environ 200 délégations présentes poursuivent leur combat contre l’extrémisme libéral, pour la liberté, l’égalité et la fraternité.

 

Malgré l’escalade répressive du gouvernement, l’accumulation de lois qui aggravent pour tous les conditions de vie, qui détruisent les droits et libertés, la mobilisation s’enracine pour changer le système incarné par Macron. Pour seule réponse au mouvement incarné par les Gilets jaunes et autres mouvements de lutte, le gouvernement panique et oppose une dérive autoritaire. Depuis cinq mois partout en France, sur les ronds-points, les parkings, les places, les péages, dans les manifestations et au sein de nos assemblées, nous continuons à débattre et à nous battre, contre toutes les formes d’inégalité et d’injustice et pour la solidarité et la dignité.

 

Nous revendiquons l’augmentation générale des salaires, des retraites et des minima sociaux, ainsi que des services publics pour tous et toutes. Nos solidarités en lutte vont tout particulièrement aux neuf millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté. Conscients de l’urgence environnementale, nous affirmons, fin du monde, fin du mois, même logique, même combat.

 

Face à la mascarade des grands débats, face à un gouvernement non représentatif au service d’une minorité privilégiée, nous mettons en place les nouvelles formes d’une démocratie directe.

 

Concrètement, nous reconnaissons que l’assemblée des assemblées peut recevoir des propositions des assemblées locales, et émettre des orientations comme l’a fait la première assemblée des assemblées de Commercy. Ces orientations sont ensuite systématiquement soumises aux groupes locaux. L’Assemblée des assemblées réaffirme son indépendance vis-à-vis des partis politiques, des organisations syndicales et ne reconnaît aucun leader autoproclamé.

 

Pendant trois jours, en assemblée plénière et par groupes thématiques, nous avons tous débattu et élaboré des propositions pour nos revendications, actions, moyens de communication et de coordination. Nous nous inscrivons dans la durée et décidons d’organiser une prochaine Assemblée des assemblées en juin.

 

Afin de renforcer le rapport de forces, de mettre les citoyens en ordre de bataille contre ce système, l’Assemblée des assemblées appelle à des actions dont le calendrier sera prochainement diffusé par le biais d’une plateforme numérique.

 

L’Assemblée des assemblées appelle à élargir et renforcer les assemblées citoyennes souveraines et de nouvelles. Nous appelons l’ensemble des Gilets jaunes à diffuser cet appel et les conclusions des travaux de notre assemblée. Les résultats des travaux réalisés en plénière vont alimenter les actions et les réflexions des assemblées.

 

Nous lançons plusieurs appels, sur les européennes, les assemblées citoyennes populaires locales, contre la répression et pour l’annulation des peines des prisonniers et condamnés du mouvement. Il nous semble nécessaire de prendre un temps de trois semaines pour mobiliser l’ensemble des Gilets jaunes et convaincre celles et ceux qui ne le sont pas encore. Nous appelons à une semaine jaune d’action à partir du 1er mai.

 

Nous invitons toutes les personnes voulant mettre fin à l’accaparement du vivant à assumer une conflictualité avec le système actuel, pour créer ensemble, par tous les moyens nécessaires, un nouveau mouvement social, écologique, populaire. La multiplication des luttes actuelles nous appelle à rechercher l’unité d’action.

 

Nous appelons à tous les échelons du territoire à combattre collectivement pour obtenir la satisfaction de nos revendications sociales, fiscales, écologiques et démocratiques. Conscients que nous avons à combattre un système global, nous considérons qu’il faudra sortir du capitalisme. Ainsi nous construirons collectivement le fameux « tous ensemble » que nous scandons et qui rend tout possible. Nous construisons tous ensemble à tous les niveaux du territoire. Ne nous regardez pas, rejoignez-nous. Le pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple.

 

https://saint-nazaire.assembleesdesgiletsjaunes.fr/wp-content/uploads/sites/5/2019/04/AssDesAss-2-Appel-de-la-2e-Assemblée-des-Assemblées-des-Gilets-Jaunes.pdf

 

Publié le 9 avril 2019

https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/04/09/gilets-jaunes-appels-de-saint-nazaire/

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28 mars 2019 4 28 /03 /mars /2019 18:34

Rubén Bag: Transcribo lo que escribí el 21 de marzo en Facebook

 

Hoy me levanté con la idea de escribir acerca de la magnífica presentación que hubo el 12 de marzo en la Universidad Pedagógica Nacional de mi libro "Experiencias Educativas Innovadoras. Hacia el enfoque y método Contacto para la Creatividad." Estaba por escribir, cuando recibo la muy triste noticia de que mi amigo Michel Lobrot había muerto hacía muy pocas horas. Su compañera Nicole me dijo que había muerto en paz mientras dormía. Desde el 1 de abril del año pasado, Michel Lobrot vivía en una casa rústica, su única propiedad, en Sagonne, pequeño pueblo de doscientos habitantes en el centro de Francia. Estuve con él muchos días antes de regresar a México, convivimos y dialogamos.

 

Michel Lobrot, es un hombre de muchas facetas a quien conocí en París en abril de 1982. Fue un gran investigador que produjo obras muy valiosas. Ahora recordaré solamente que fue uno de los creadores de la Pedagogía Institucional y creador del concepto y movimiento de la No Directividad Interviniente (NDI). Tuve el honor de presentar y comentar en París el 17 de marzo de 2018, junto con Michel Lobrot, una obra monumental que él había publicado en dos volúmenes: "Le psychisme en mouvement. Une nouvelle théorie psychologique", Publibook, 2016 y 2017.
 

(El psiquismo en movimiento. Una nueva teoría psicológica).
Este libro ofrece fundamentos sólidos que pueden fundamentar nuevas prácticas pedagógicas

.
Muchos han conocido a Michel Lobrot. Los invito a que expresen lo que desean.

Rubén Bag

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24 mars 2019 7 24 /03 /mars /2019 10:28

 

Michel Lobrot nous a quitté

 

Depuis la création de ce blog, Michel Lobrot en a été un fidèle lecteur et un collaborateur très actif en publiant des articles et des commentaires.

Il va nous manquer tout en restant présent par son œuvre. Ainsi ce blog va ouvrir ses pages à toutes les contributions sur Michel Lobrot et son œuvre.

Ce vendredi, j’apprends par Facebook la nouvelle de la mort de Michel Lobrot par un post d’Ahmed Lamihi et un billet de Remi Hess que je partage ci-dessous.

Triste nouvelle. Il était un professeur et collaborateur précieux. Mes condoléances à tous ceux qui l'ont connu ou ont travaillé avec lui.

Benyounès Bellagnech (22 mars 2019)

 

Triste nouvelle : notre professeur et ami Michel Lobrot vient de nous quitter ce matin, à l'âge de 95 ans.

Adieu, cher ami. Repose en paix.

Ahmed Lamihi (22 mars 2019)

 

« Michel Lobrot (1924-2019) nous a quitté hier...

Il fut l'une des grandes figures du département des sciences de l'éducation de l'Université de Vincennes.

Je suis devenu son collègue en sciences de l'éducation à Vincennes dès 1973. Il y était entré l'année précédente.

Il a été membre de mon jury de thèse d'Etat en 1982 à côté de Georges Lapassade, René Lourau, Jacques Ardoino, Serge Moscovici et Gaston Mialaret, tous disparus... J'ai lu son oeuvre et j'ai édité deux livres de lui, en 1995 et 2006.

Sur la photo ci-jointe, on le voit en compagnie, lors d'un dîner rue Marcadet, à Paris. Il est à droite. De gauche à droite, le baron Hubert de Luze (1928-2004), ethnométhodologue ; moi-même ; Patrice Ville, socianalyste ; Georges Lapassade (1924-2008) ».

 

BIBLIOGRAPHIE SUCCINTE DE MICHEL LOBROT

 

Avant 1980 :

La pédagogie institutionnelle, Gauthier-Villars, Paris, 1966.

Les effets de l’éducation, Editions ESF, Paris, 1971.

Priorité à l’éducation, Petite Bibliothèque Payot, Paris, 1973

Pour ou contre l’autorité, Paris, Gauthier-Villars, 1973.

L’intelligence et ses formes, Dunod, Paris, 1973 

L’animation non directive des groupes, Payot, Paris, 1974.

La libération sexuelle, Petite Bibliothèque Payot, Paris, 1975

Apprendre à vivre, journal en trois volumes, 1973 -1980


Les difficultés sexuelles de l’adulte, Editions ESF, 1978

Lire, Editions ESF, 1978.

 

Après 1980


Troubles de la langue écrite et remèdes, Editions ESF, 1980.

Le mal d’aimer, Auto édité, Paris, 1982.

Les forces profondes du moi, Ed. Economica, Paris, 1983.

L’influence des modèles, Auto-édité, Paris, 1986.

A quoi sert l’école ? Armand Colin, Paris, 1992

Le choc des émotions, livre collectif, Ed. La Louvière, 1993

Les pédagogies autogestionnaires, livre collectif, Ed. Ivan Davy, 1995

La psychanalyse, Hachette, Paris, 1995.

L’anti-Freud, PUF, Paris, 1996. 

L’aventure humaine, Auto-édité au Maroc, 1999.

Ma recherche, journal centré sur l’actualité, à partir de 1990.

 

Après 2000


L’écoute du désir, Coll. Psy-énergie, autoédité, 2004

Vivre ensemble, Coll. Psy-énergie, autoédité, 2007.

La puissance des rêves, L’Harmattan, 2009

L’influence non-directive, Auto-édité, 2009

L’écoute du désir, Coll. Psy-énergie, autoédité, 2004

Ma vie, un kaléidoscope, Ed. Publibook, 2011

Le psychisme en mouvement, Ed Publibook, 2017

 

Remi Hess (22 mars 2019)

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9 mars 2019 6 09 /03 /mars /2019 22:17

L’Anthropocène décodé pour les humains, Nathanaël Wallenhorst, Editions le Pommier, 2019.

 

Chers amis,

Je suis très heureux de vous annoncer la sortie d’un livre que je viens d’écrire pour les éditions Le Pommier qui porte sur « l’Anthropocène », cette nouvelle ère géologique dans laquelle entre la Terre suite à l’impact des activités humaines.

Dans ce livre adressé à un très large public, je propose une lecture politique de cette nouvelle ère géologique. Il s’agit d’un sujet qui me tient très à cœur. Bonne nouvelle : le Canard enchaîné vient d’écrire un article sur ce livre !

A bientôt,

Nathanaël

https://livre.fnac.com/a12961319/Wallenhorst-nathanael-L-anthropocene-decode-pour-les-humains (16 euros)


 

 

Evénement dans la longue histoire de la Terre, l'Anthropocène est le nom de l'ère inédite dans laquelle nous sommes entrés. Marquée par l'action humaine muée en puissance géologique ― comparable aux glaciations, au volcanisme ou encore à la tectonique des plaques ! ―, elle est en même temps le témoin de notre faiblesse : il semblerait que nous soyons en train de créer les conditions d'un changement de la biosphère brusque, irréversible... et insoutenable.

Nathanaël Wallenhorst donne à comprendre cette nouvelle ère qui pourrait voir tout basculer, et nous interpelle. Car l'Anthropocène est le nom d'une urgence, mais aussi d'un défi ! A nous, à partir de cet état des lieux de notre planète, d'interroger et de bousculer les modèles sociaux et économiques qui y ont conduit. Il s'agit alors d'apprendre à replacer le politique et les générations futures au coeur de nos vies, pour une alliance revivifiée entre vivre ensemble et écologie.

 

Nathanaël Wallenhorst est maître de conférences à l’Université Catholique de l’Ouest  et travaille sur les incidences de l’entrée dans l’Anthropocène.

 

« Nous sommes entrés dans une nouvelle ère géologique : l’Anthropocène. C’est un fait historique : d’abord, parce que cette nouvelle ère géologique est directement façonnée par les activités humaines - hélas pas forcément pour le meilleur -, mais aussi parce que c’est la première fois, de mémoire humaine, que nous pouvons penser une ère géologique au moment où elle se déroule ! Et du coup, y agir en connaissance de cause, pour tenter d’infléchir le chemin pris. Ce petit ouvrage souhaite donc aider les humains à comprendre l’Anthropocène, cette période hors normes qu’ils sont en train de vivre. Ce n’est qu’à cette condition que nous pourrons agir, à l’échelle de la société elle-même, en faveur des générations futures. » (site fnac)

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11 février 2019 1 11 /02 /février /2019 15:37

CORPS IMAGINAIRES de Brigitte Rami à La Lucarne des écrivains le 13 février 2019

 

J'espère que vous allez bien,

Je vous convie à la soirée de présentation, lecture, débat et dédicace de mon livre Corps imaginaires qui vient de paraître aux éditions Unicité,

le mercredi 13 février 2019

19h30/21h30 

à la librairie

La Lucarne des écrivains,

115 rue de l'Ourq

75019 Paris

Métro Crimée

 

Corps imaginaires de Brigitte Brami

 

Corps imaginaires est le récit de 2 détenues Thérèse et Sans qu’a rencontrées l’auteure lors de sa propre incarcération à Fleury-Merogis en 2013-2014.

 

Corps imaginaires, éditions Unicité, 60 pages, 10 euros.

Vous trouverez plus de précisions sur la quatrième de couverture.

 

J'ai tenu à tricoter avec mes souvenirs marseillais les deux textes qui suivent dans leur intégralité en les laissant intacts. Ils décrivent deux détenues que j'ai connues à la même période lors de mon incarcération en 2013-2014 à Fleury-Mérogis, dans le 91.

 

Thérèse a vécu son corps comme entièrement aliéné à la cour de promenade, à sa cellule, au petit espace des parloirs, aux contingences. Elle en est morte. Tandis que Sana a déréalisé et réinventé son corps, elle a ainsi agrandi la cour de promenade, sa cellule, le petit espace des parloirs, et les contingences, elle a survécu. Tout corps est imaginaire, quand il est enfermé, quand il jouit, quand il meurt. Et surtout quand il se regarde dans le miroir.

 

J'ai dû quitter la ville sans corps - Paris - et rejoindre la ville organique - Marseille - pour enfin accepter que mes écrits, Thérèse est décédée et Sana ou le Corps incarcéré deux fois, soient incarnés par deux lectrices dans le cadre d'Une semaine, un auteur, consacrée à mon travail et organisée par Peuple et culture Marseille sur la langue des minoré.e.s.

 

N'hésitez pas à faire circuler ce courrier électronique, en vous remerciant pour votre future présence,

 

Bien poétiquement-vôtre,

Brigitte Brami

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