Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
Vendredi 8 mai
Je ne sais pas si le 8 mai est férié, en France cette année.
Nous allons partir nous promener à Gallipoli. C’est un programme concocté par Vito et Charlotte.
Hier soir, en sortant de la séance de travail à l’hôpital de Brindisi, Lucette a reçu un coup de fil décisif. Le ministère nous donne l’habilitation de notre master Éducation, formation et intervention sociale. C’est une décision structurant les 4 années à venir pour Lucette, moi, Patrice et Christiane, qui sera responsable de notre dispositif de stages.
Vito a obtenu qu’on ait à libérer les chambres qu’à 16 h. Cela nous permettra de faire une sieste. J’en ai bien besoin.
Le danseur vient de chercher Patrice et Christiane pour le faire le tour du centre ville.
Lucette attend Vito et Charlotte aussi… Je m’aperçois que je n’ai pas envie d’aller me promener. Il y a trop de soleil… Je préfèrerais me reposer en lisant et écrivant… De toute façon, le temps passe très vite.
Nous sommes dans un dispositif ouvert. Chacun suit un fil. Il apparait que Fumarola est inquiet. Il a des problèmes de santé. Son épouse aussi. Il a 65 ans et un garçon de 9 ans.
Renato institutionnalise un mouvement: l’édition est stratégique pour lui. Il a apprécié mon intervention d’hier matin.
Il y a des conflits entre Fabio et Guglielmo…
Roberto n’est pas clair. En juin, il m’avait proposé de venir un mois à Rome. J’ai commencé à apprendre l’italien pour cela. Et ici, il ne m’a pas reparlé de cela: il m’a seulement dit qu’il avait des problèmes à la maison.
Le fait d’être avec Charlotte et Lucette change la dynamique du groupe.
C’est vrai qu’ici on est un vrai groupe d’hommes.
Aéroport de Brindisi, 22 h 20
Lucette insulte la caissière de la compagnie Runair. Charlotte nous dit que nous ne savons pas nous y prendre:«on n’est pas en Allemagne! Ici, il faut se plaindre». La compagnie Runair veut nous faire payer les bagages. Je vais me réfugier pour écrire mon journal, car j’ai déjà vécu une telle situation…Il y a deux ans et ensuite, je sais que nous allons vivre des complications infinies. Georges voulait se faire passer pour malade pour avancer dans une file. L’aéroport a bloqué l’avion, a fait venir un médecin etc. C’était infernal…
Je trouve que les arguments avancés par Christiane:«Dans une autre compagnie, on n’a pas payé les bagages» était un très mauvais argument:
-Nous ne sommes pas My air, a répondu la caissière.
Quant à dire que c’est du vol organisé, alors que les conditions de voyage sont spécifiées et qu’elles précisent bien que les bagages sont à payer, je trouve que c’est totalement irresponsable. C’est vrai que Runair est une compagnie de merde (Charlotte a vu des vols annulés, sans qu’elle soit remboursée du voyage), mais quand on a accepté de venir, on savait quelles étaient les compagnies qui nous transportaient… Bon j’essaie de rester en dehors de cette crise, car je ne veux pas faire une crise cardiaque à Brindisi. Je n’ai plus l’âge de faire de la socianalyse sauvage, même pour rajouter une page à mon journal.
Plus tard
Nous avons retrouvé notre calme. Avec Charlotte, nous avons comparé nos passeports. Elle voyage davantage que moi, et elle a donc de très beaux visas.
L’avion sera plein. Il y a vraiment beaucoup de monde. Les gens attendent debout.
Quand l’avion atterrira, ils se mettront en transe pour être sortis les premiers…
Charlotte ne supporte pas non plus ce comportement grégaire. Je ne veux pas être méprisant, mais il me semble que ces comportements viennent d’un manque d’éducation. Cet après-midi, à 4 h, en descendant avec mes bagages, je me suis trouvé face à quelqu’un qui voulait monter dans l’ascenseur avant que j’en sois sorti. C’était techniquement impossible. J’ai attendu que ce personnage s’écoute: rien à faire. J’ai fini par devoir le bousculer, pour pouvoir passer.
Remi Hess