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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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Remi Hess : Journal des idées : 9 mai 2009

Bologne, samedi 9 mai 2009

 


Nous sommes dans un squat de Bologne. Sont déjà arrivés: Fumarola qui parle maintenant en italien, Catherine Sarrail qui a ouvert le colloque en parlant du projet d’éducation populaire. Il y a aussi Patrice, Christiane, Lu, Charlotte. Du côté italien, Renato, Nicola, Guglielmo, Noémie, Salvatore Panu, Gianni de Martino que je n’avais pas vu depuis 1978 (voilà trente ans!), Giusi, et 8 Bolognais… Les gens sont arrivés progressivement.


Ornella arrive à l’instant de Sardaigne…


Se pose la question de la traduction. Charlotte traduit (bien) ce que dit Renato. Christiane se sent obligée de refaire la traduction de Charlotte, sans vraiment apporter quelque chose de nouveau.

 

Lucette parle longuement, à mon avis trop longuement. Elle parle trop de Paris 8.


Plus tard


Moi aussi, j’ai parlé trop longuement, pour répondre à une question d’Ornella:

-C’est quoi votre master?


Heureusement, Alexandro réussit à faire une intervention qui relance la dynamique du groupe. Ensuite, Gianni intervient pour témoigner de sa rencontre avec Georges en 1969…


Fumarola? Je le sens à fleur de peau… Ornella reprend la parole pour dépasser quelques tensions latentes.


Alexandro m’a posé une question sur le journal, que je présentais comme une méthode originale de notre pédagogie dans le master.


Nicoletta parle de Georges. Elle évoque la rencontre de Milan sur Dionysos.

 
Charlotte pense que nous parlons trop, que nous avons trop parlé. Maintenant, nous nous taisons et Roberto intervient: c’est bon de pouvoir entendre la description de la situation en Italie.


La régulation interculturelle n’est pas facile. Je trouve que Charlotte se fatigue trop (elle traduit pour Lucette)… Christiane aussi (elle traduit pour Catherine).


La question d’Alexandro sur le journal me travaille. Comment répondre?


16 h 30


Une idée…Elle est partie, le temps que j’aille chercher mon carnet du Journal des idées. Elle revient. Je la saisis. Charlotte me traduit ce qui se dit. L’idée repart. Je m’arrête. Je veux noter cette idée…


Renato a voulu me parler entre 4 yeux. Il m’a relancé pour le livre sur le journal. J’y réfléchissais, justement. Renato veut ce livre rapidement. Je voulais en faire un livre collectif.

En même temps, nous sommes très peu à avoir pratiqué le journal, comme méthode d’intervention


Il y a en plus de moi: G. Lapassade et Anne-Claire Cormery. On pourrait ajouter R. Lourau qui, en tenant un journal de l’écriture de ses livres, produit de fait une sorte d’analyse interne de l’institution éditoriale universitaire. Il y a encore l’expérience d’Olivier Baué en 1987. Considérant que G. Lapassade et R. Lourau sont morts, maintenant il reste 2 animateurs, deux praticiens de cette pratique d’analyse interne…


Le journal des moments est un déplacement du journal institutionnel vers l’analyse interne d’un moment, à destination d’une communauté de référence.


Je produis un journal pour décrire la complexité d’une situation. Je médite sur les conflits qui me traversent. Et je pense que cette méditation peut intéresser les membres de ma tribu, qui partage avec moi un moment. Ce moment peut être ma vie domestique, mon rapport à ma vie d’artiste ou autre encore. Donc, dans cette logique, il y a une relation entre le moment et l’institution, dans la perspective de l’AI. Situation et moment… L’implication (R. Lourau). La méthode régressive-progressive. Les analyseurs, intervention.


Plan du livre


A. Quatre formes d’utilisation du journal dans l’analyse interne

I. Le lycée au jour le jour
R.H
II.La réforme du Deug (l’université en transe)
(GL)
III. Le journal du livre
(Morin, Lourau).
IV. Intervention en travail social.

 

     B. Quatre postures disciplinaires comme ressource:


I. Ethnographie: observation participante

II. Théorie critique du quotidien

III. Méthode régressive-progressive

IV. Psychosociologie institutionnelle (individu, groupe, organisation, institution).

 


Après une pause, le colloque a repris


Le lieu est devenu bruyant. Il n’y a plus de micro. Je ne peux plus rien entendre, de ce qui se dit. Personne ne comprend que l’on se trouve dans un espace interculturel. Les Français sont totalement niés… Le mieux, pour nous, serait d’aller visiter des musées.


J’entends de loin la voix de Piero Fumarola qui répond à quelqu’un qui s’est présenté comme journaliste, spécialiste de Hip Hop.


Pendant la pause, j’ai vu un ouvrage sur la table de presse, sur la dissociation dans l’art, préfacé par Georges Lapassade. Je l’ai acheté. L’auteure était là. J’ai voulu me le faire dédicacer… L’auteure n’a pas compris qui j’étais. Venue de Gênes, elle parle de ses expériences, mais ne s’intéresse pas aux destinataires de son discours… Il n’y a aucun intérêt de connaissance réciproque entre les personnes qui sont là. Comme les gens qui sont venus ce matin sont repartis, et que ceux qui sont là n’ont rien entendu de ce qui s’est dit ce matin, c’est le chaos. Paris 8, en pire. On entre, on sort, mais, ici, même les animateurs entrent et sortent. C’est lapassadien, c’est certain, mais pas du meilleur Lapassade.

 
Finalement, les gens de Salente ont raison:les Bolognais sont des Bourgeois ! Ils viennent se montrer aux squats, comme on allait à la messe au XIXe siècle. Quand je pense qu’Edgar Morin était invité à venir ici! Heureusement qu’il ne s’est pas déplacé. Voyager ainsi est inutile, encore que je suis parvenu à régler pas mal d’affaires (j’ai appris que les livres destinés à Léonardo Montecchi ne sont pas arrivés).


J’observe la tribu du squat. Qu’est-ce qui les fait vivre? Où vont-ils faire leurs besoins? On est dans un quasi chaos. Le journaliste qui a parlé tout à l’heure n’écoute pas Ornella, qui parle maintenant. Il s’est levé et discute avec une femme et une petite fille de huit ans - Sa fille?

 

Je ne peux comprendre, entendre Ornella du lieu où je suis (dans le fauteuil). J’espère que Charlotte est mieux placée que moi.


L’université populaire a-t-elle avancé aujourd’hui? J’ai l’impression d’être dans un atelier thérapeutique, dans une clinique psychiatrique.

 

Le journaliste part. Donc la procédure est simple: les gens viennent prennent la parole pendant un quart d’heure, se lèvent puis partent… C’est aussi ce qu’a fait Renato. Il a beaucoup parlé, puis il est parti… Aucun échange, L. Montecchi est parti à son tour.


Salvatore tente de reprendre le pouvoir. Il intervient maintenant.

 
Charlotte m’a fait remarquer que les livres ne peuvent pas se vendre dans un squat. Et c’est vrai que la vente ne marche absolument pas. Je ne suis pas sûr que L. Montecchi ait découvert
"Saggio d’analisi interna".


Des gens arrivent, maintenant.


Remi Hess
http://lesanalyseurs.over-blog.org

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