Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
Bologne, le dimanche 10 mai
En ce 85e anniversaire de Georges, nous sommes à Bologne pour penser à lui… Noémie a publié un texte dans le N°7 des IrrAIductibles, elle le présente… Je me demande:
-Combien d’Italiens présents dans la salle ont déjà publié dans notre revue?
Je crois que Salvatore a publié 5 ou 6 articles (plusieurs centaines de pages). Giusi aussi a publié dans la revue.
Je pose la question. On me répond en riant (Fumarola est là) – Ce qu’on peut constater, c’est que ce sont 3 italiens de Bologne, qui ont publié dans Les irrAIductibles. L’importance donnée par Noémie à notre revue me semble stimulante. On a envie de s’y remettre… On va s’y remettre… Il faut que Sandrine mette son nez là-dedans.
15 h 30
Après avoir été prendre le café, Fumarola a construit un analyseur. Il veut que l’on dîne au restaurant. Salvatore trouve que c’est mieux de dîner chez lui; l’assemblée est partagée. On a l’impression d’être renvoyé en 1970. Giusi propose de reporter la discussion à plus tard. Je suis d’accord, et comme est soulevée la question du colonialisme (Fumarola revient là-dessus), je reviens sur la question des livres à traduire… J’explique le problème de l’édition interculturelle.
À ce moment, Patrice dit que j’exclus les vrais problèmes. Le vrai problème pour Patrice, c’est de décider si l’on va au restaurant, ou si l’on mange chez Salvatore. Patrice s’énerve, dit qu’il va partir, etc. Je lui dis que je ne veux pas exclure un analyseur entre les Bolognais et les gens de Lecce (Fumarola), mais que la question éditoriale est centrale.
Nicola est en train de parler. Il me soutient dans l’effort pour travailler sur le terrain de l’édition, mais il revient à la question du repas… Ce n’est pas au groupe d’obliger les personnes à faire ceci ou cela.
Pour moi, la question du colonialisme est centrale. Même si Fumarola lance cette catégorisation («nous, les Italiens, on vous traduit, que faites-vous pour nous?») en partie pour jouer, je vois de vrais problèmes derrière cette intervention. On publie davantage G. Lapassade en Salente qu’en France. Pourquoi? Parce que Lapassade est venu occuper une place laissée libre par Ernesto de Martino. Cette place n’existait pas en France, où les phénomènes de transe sont rares… En tant que passionné par la question des danses de transe, G. Lapassade est davantage italien que français. Chaque moment trouve sa place dans tel ou tel pays. Être dans l’interculturel, c’est avoir la possibilité de développer tel moment ici, et tel moment là.
Dès que Patrice a voulu me couper sur la question de l’édition, pour parler du repas de ce soir, je dirai, avec brutalité: j’ai repensé à l’échec du livre sur Vincennes de 1976. Là encore, Patrice avait fait capoter un livre dans lequel G. Lapassade, R. Lourau et moi avions beaucoup travaillés. Il était déjà chez l’imprimeur, quand Patrice a dit à R. Lourau que Georges l’avait trafiqué. R. Lourau a bloqué son édition!
Dino des Martino parle de la relation France/Italie… Il y a des écarts entre ce qui fait sens ici ou là. Les moments ne sont pas investis, ici et là, en même temps. Ainsi, l’AI se développe en France en 1968-73. Elle est traduite en 1976-1978 (fin du francisme)… Ce mouvement de traduction est amplifié à la chute des dictatures latino-américaines. Tout cela pour dire qu’un livre a une vie, qui ne suit pas les mêmes intensités ici et là… C’est une réalité à prendre en compte dans une logique interculturelle.
Roberto intervient pour dire que j’ai produit trop d’idées aujourd’hui. Il me demande de les reprendre. Sur la question de la traduction, j’ai proposé un stage, un séminaire où des personnes qui voudraient écrire, éditer, traduire des textes dans la mouvance lapassadienne, peut-être devenir éditeur.
Remi Hess
http://lesanalyseurs.over-blog.org