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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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R. Hess, G. Weigand : Analyse institutionnelle et pédagogie rééd en ligne (85)

 

Vers une théorie des moments

 

Le terme de moment, tel qu'il a pu être utilisé par les auteurs cités ou par nous-même est polysémique. On peut cependant identifier les trois principales instances de ce terme: le moment logique, le moment historique, enfin le moment comme singularisation anthropologique d'un sujet ou d'une société.

 

Pour entrer dans cette distinction, on peut remarquer que la langue allemande distingue deux genres au terme de "moment". D'abord, le neutre: Das Momentrenvoie au latin momentum (poids) proche parent de movimentum (mouvement), c'est-à-dire facteur déterminant dans une dynamique. Par contre, au masculin, der Moment renvoie à une durée temporelle à confronter à la notion d'instant. Le moment est alors un espace-temps d'une certaine durée, d'une certaine épaisseur. Le moment historique est identifiable dans une dynamique temporelle. Le moment anthropologique sera davantage dans la spacialisation. Il apparaît alors comme le conçu d'une forme que l'on donne à un vécu qui se produit et se reproduit dans un même cadre psychique et/ou matériel.

 

 

I) Le moment logique dans la dialectique.

 

Dans son acception dynamique, on peut trouver au concept de moment des origines "mécaniques". Le moment entre dans une dynamique. Entre 1725 et 1803, trois théoriciens, s'intéressant au mouvement, ou en statique ou en dynamique, utilisent, le concept de moment. Dans son traité La Nouvelle mécanique (1725), Pierre Varignon énonce, pour la première fois, la règle de composition des forces concourantes. C'est dans ce livre que se trouve développée la première théorie des moments. Leonhard Euler, mathématicien, dans son Traité complet de mécanique (1736) fait entrer le terme de moment dans une analyse et une science du mouvement. En 1803, Louis Poinsot, mathématicien français reprend ce terme dans l'étude mécanique du couple et développe une théorie importante sur la rotation d'un corps (Sylvester et Foucault reprendront cette théorie). Ce contexte sémantique n'échappe pas à Hegel lorsqu'il conçoit sa logique dialectique (1). Dans son Introduction à la critique de la philosophie du droit, Hegel élabore le modèle d'une dialectique organisée en trois moments. La dialectique hégélienne distingue l’universalité, la particularité et la singularité. L'universalité renvoie à l'unité positive, la particularité renvoie à la partie, élément du tout, et la singularité renvoie au principe d'unité du tout et de ses parties sur le plan local. Les propriétés des trois moments hégéliens sont les suivantes: chaque moment est négation des deux autres, chaque moment est affirmation des deux autres; ils sont indissociables; ils sont à la fois en relation négative et en relation positive avec chacun des deux autres.

 

 

(164) - Hegel (Georg Wilhelm Friedrich), Werke, 20 volumes, Suhrkamp Taschenbuch, 1986.

 

Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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