Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
Au terme arbitraire (1) de cette enquête sur la logique, guidée par le pragmatisme, ou plutôt le pragmatisme selon Peirce (c'est l'acte qui analyse notre pensée, et non l'inverse) et que Simondon traduit par l’allagmatique, la voie de recherche reste ouverte du côté de l'insu - de l'inconnaissance dans laquelle se plantent les pilotis métastables de la connaissance.
Elle l'est au moins depuis la magnifique remarque de Gérard de Nerval au début d'Aurélia: "... l'instant précis où le moi, sous une autre forme, continue l'œuvre de l'existence".
Elle l'est depuis l'apostrophe burlesque de Jarry: "Ah ça, monsieur ou madame ma Conscience, vous faites bien du tapage" (des humoristes comme Jarry, Lewis Carrol ou Lichtenberg m'ont beaucoup aidé à penser le rêver).
André Breton ouvre à son tour la voie dans le passage des Vases communicants. "J'affirme ici son utilité capitale (il s'agit du rêve, NDRL), qui n'est point d'agrément aussi vain que d'aucuns ont voulu faire croire, qui est mieux même que de simple cicatrisation, mais qui est de mouvement au sens le plus élevé du mot, c'est à dire au sens pur de contradiction réelle qui conduit en avant (souligné par moi, RL). A la très courte échelle du jour de vingt-quatre heures, il aide l'homme à accomplir le saut vital. Loin d'être un trouble dans la réaction de l'intérêt à la vie, il est le principe salutaire qui veille à ce que cette réaction ne puisse être irrémédiablement troublée. Il est la source inconnue de lumière destinée à nous faire souvenir qu'au commencement du jour comme au commencement de la vie humaine sur la terre il ne peut y avoir qu'une ressource, qui est l'action " (2)".
Pour terminer cette réflexion sur l'autre logique, il nous reste à reprendre la théorie des moments qui permet d'articuler et sur le plan logique, et sur les plans historique et anthropologique le vécu de la conscience.
(1) - Parmi les thèses dont je n'ai même pas ébauché un résumé, signalons les problèmes liés à l'espace-temps du rêver : d'une part celui du continuum onirique, plusieurs fois évoqué, sorte de "basse continue" de la programmation génétique, au sujet de laquelle je n'ai pas su utiliser les vues de Michel Jouvet ou de Francisco Varela; d'autre part la topologieonirique, offrant une idée de la vie dans les plis chère à Michaux et reprise par Deleuze (le pli est le point de contact entre un dedans et un dehors sans solution de continuité), sans parler de ce que certains astronomes désignent par l'expression: les univers chiffonnés... Une prochaine recherche comblera peut-être ces deux lacunes qui me chiffonnent.
(2) - Me référant au texte de Mehdi Belhaj Kacem (déjà cité) mettant l'accent sur l'acte de survie ou, sur un tout autre plan, à celui de Gérard Mendel dont je viens tout juste d'avoir connaissance (Mendel, 1998), je remplacerais le mot action, souligné par Breton et impliquant réflexion, planification, élaboration d'une décision, par le mot acte - lequel se relie mieux aux expressions de Breton telles que saut vital ou "réaction de l'intérêt de la vie", appliquées au rêver.
Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech
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