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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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Pour une culture de l'utopie (4) : L’analyse institutionnelle au Brésil (89)

 

Utopie, culture et histoire

 

 

Les utopies ont toujours essayé d'ouvrir pour l'homme le droit de rêver, même si certains penseurs ont essayé de dénoncer le ton anachronique de l'utopie, comme par exemple Jean Delumeau dans son important ouvrage La Civilisation de la Renaissance. L'auteur montre dans son livre que l'utopie se présente comme une inadaptation du présent en emplissant l'histoire d'anachronisme : «Ils [les  utopistes]   collectivisent  lorsque  le moment est d'individualisme, ils construisent des Etats sans tradition lorsque le moment affirme le sentiment national, ils abolissent la propriété et la monnaie lorsque naît le capitalisme » (1). Mais si Delumeau considère le fait de nager à contre-courant comme un problème, nous pouvons y voir une vertu. L'utopie fonctionne en tant que critique de l'idéologie dominante dans la mesure où elle cherche une reconstruction de la société présente. Louis Marin insiste pour penser l'utopie comme une suspension du temps historique (2). L’utopie fait donc émerger la face de l'ombre de l'ordre établi, face se dessinant comme une figure de négativité historique. Nous oserions même penser l'utopie comme interdiction du présent. Nous pensons ici à partir de la perspective, avec laquelle travaille Paul Celan qui écrit des poèmes, en réfléchissant justement au besoin qu'ont certaines écritures de pouvoir remplir la fonction d'interdire.

 

 

Le terme utopie est né en tant que néologisme latin forgé à partir du grec. Le nom « Utopie » apparaît pour la première fois dans la Lettre à P, Gilles (ami de Thomas Morus et secrétaire de la ville d'Anvers) en octobre 1516, lettre qui sert de préface à la première édition de Morus. Le mot est formé à partir de deux mots grecs : ouk qui signifie non et s'est transformé en U. et topos, « lieu », auxquels s'est ajouté le suffixe ta, indicatif de lieu. Depuis le classique de Thomas Morus, s'est donc constitué un nouveau genre littéraire et à partir de là nous allons trouver beaucoup de récits d'utopie, à l'image de Francis Bacon, Nouvelle Atlantide, de Tommaso Campanella, Cité du Soleil, et de Charles Fourier, Le Nouveau Monde Industriel et Sociétaire.

 

 

L'analyse que nous entreprenons très brièvement ne doit pas perdre de vue l'horizon utopique d'une réflexion pouvant nous ouvrir de nouvelles perspectives. Si nous n'y croyions pas, nous ne ferions qu'augmenter la litanie plaintive d'une théorie conciliante avec le symptôme social et, à la limite, fournir un alibi pour notre paralysie. Non ! Ce qui est beaucoup plus prometteur, c'est de penser la réalité en tant qu'acte de désirer, comme l'a rappelé Arthur Schopenhauer. S'il faut trouver un équilibre - car c'est le principe du mouvement de l'agir humain - il ne devrait pas se produire par une réduction des désirs ou de l'imagination, mais par un accroissement de la capacité d'agir (3).

 

 

 

(1) LACROIX, Jean-Yves. "A Utopia - um convite a filosofla', Jorge Zahar Editor, Rio de Janeiro, 1996, p 13.

 

(2)  MARIN, Louis. Voir « Utopiques : jeux d'espaces », Ed. Minuit, Paris, 1973.

 

(3)  BAUMAN, Zygmunt. Modernidade Liquida, Jorge Zahar Editor, Rio de Janeiro, 2001, p.24.

 

 

 

Edson Luiz André de Sousa

 

Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech

 

 

voir aussi : http://journalcommun.overblog.com


 

 

et : http://lesanalyseurs.over-blog.org

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