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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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« L'importance extraordinaire de l'éducation » ou les vertus de la méfiance (2)

1.2 La bibliographie de base

 

 

Réfléchir sur l'importance extraordinaire de l'éducation n'a, en soi-même, rien d'extraordinaire. Mais comme nous allons faire la connaissance d’un projet éducatif qui envisage de transformer le monde de fond en comble par le biais d’une nouvelle vision du monde, [1] cette réflexion revêt une tout autre envergure. Qui plus est, cette vision du monde est articulée autour d’une conception de l’histoire qui lui est propre. Par conséquent, c’est aussi la représentation de l’histoire qui est mise en question. Il importe alors de suspendre provisoirement nos jugements qui concernent l’histoire, notamment par rapport aux deux événements suivants :

 

 

1. l'affaire Dreyfus (cf. infra);

 

2. la Seconde Guerre Mondiale. En effet, en affrontant le national-socialisme, nous nous trouvons face à une tentative pseudo scientifique qui, loin d’appartenir au passé, est reconduit bien au-delà de 1945 et fait, donc, partie de notre actualité.

 

 

Pour la plupart d'entre nous, l'affaire Dreyfus et la Seconde Guerre Mondiale appartiennent de droit au passé. C’est pourquoi je propose dans un premier temps une bibliographie de base commentée. Chacune des publications sélectionnées servent d'appui pour affiner notre analyse de l’histoire. Regardons-les alors une par une.


L'ouvrage d’Henri Lefebvre (1901-1991 ; cf. Lefebvre : 2001) est incontournable quand on désire une vision claire de l'existentialisme. Publié juste après la guerre, écrit au même moment historique où Martin Heidegger (1889-1976) a écrit son Lettre sur l'humanisme, ce livre est un document  indispensable pour comprendre les enlacements politico-philosophiques qui sous-tiennent la mise en place du national-socialisme. L’auteur retrace son chemin intellectuel qui lui sert d’arrière-plan de sa description de la situation intellectuelle du début du xxe siècle. De ce fait, ce livre est un véritable rempart intellectuel contre toutes les mystifications que la Lettre sur l'Humanisme a engendrées.[2]  Le petit livre de Jean Pierre Faye (*1925 ; cf. Faye:1994) s'inscrit dans le même ordre d’idées. Faye propose une mise en scène du Discours du Rectorat (27 mai 1933) de Heidegger ; dans une traduction qui permet au lecteur francophone de percevoir cette aura spécifique qui entourait ce recteur (cf. aussi Löwith :1986, 32-45).


Les deux livres de René Lourau (1933-2000 ; cf. Lourau:1981 et 1997) se distinguent par le caractère à la fois clair et provocateur du premier et par les propos certes difficiles à cerner au départ, puisque teintés de surréalisme et, de ce fait, exceptionnellement subtils, du deuxième (qui contient un index utile, présentant certains penseurs importants du xxe siècle). Et, finalement, Henri Meschonnic (1932-2009 ; cf. Meschonnic : 2009) amène, avec son ouvrage assez difficile un résumé de la vie intellectuelle française de ce xxe siècle.



[1] Je renvoie ici à Löwith : 1986. Löwith, qui adopte la posture d'un historien de la philosophie, s'aperçoit bien de la contradiction qui traverse l'Allemagne, et toute l'Europe, fasciste. Il désigne même ces Allemands qui ne se laissaient pas gleich- ou ausschalten (mettre au pas ou éclipser), comme les vrais Allemands. Au dépit de cette intuition humaine très nette, il n'arrive pas à faire le lien avec ce qui se passe au plan politique. C'est ainsi qu'il avance que le christianisme aurait échoué et, avec lui, la tradition culturelle de l'Allemagne, de l'Europe, de l'Occident (avis partagé par Lourau:2007, par Winkler/Bessone :2005, en référence aux travaux de l'École de Francfort; et présupposé comme un allant de soi, et support de son propos, par Grunenberg : 2006). ‒ Malgré tout le respect que j'ai pour ces travaux, et parce que j'apprends beaucoup d'eux, je propose une autre lecture. Le national-socialisme, si extrême qu'il nous semble être, est, comme ses fondateurs le clament haut et fort, quelque chose de nouveau, soigneusement élaboré et se servant bien évidemment de ce qui lui précède. Pour devenir national-socialiste, on n'a pas besoin d'une certaine tradition culturelle ‒ fait, par ailleurs, souligné par Thomas Mann (1875-1950) qui inverse l'argument : parce que la culture ne pouvait pas conquérir l’Allemagne avec la rapidité requise par sa démocratisation, l'Allemagne est tombée dans ce piège (cf. Mann:1968). ‒ Ceci dit, nous allons voir à l'exemple de l'usage qu’Alfred Baeumler (1887-1968) fait de Johann Friedrich Herbart (1776-1841), comment cette construction fonctionne.


[2] Heidegger a attaqué avec ce pamphlet le cœur de la victoire de 1945 sur le national-socialisme, à savoir l'invention du crime contre l'humanité.

 

 

Leonore Bazinek

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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