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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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"L'homme total" Une approche de l'éducation tout au long de la vie 26

2.1.3. La phase progressive

 

La phase progressive débute dans le passé, les éléments contradictoires en sont les ferments. Elle tend à rejoindre l’avenir en progressant de moment en moment. L’étape initiale se situe dès le commencement du moment. C’est l’instant qui s’exprime comme une fin et conduit au début d’une nouvelle étape. En découvrant ce point critique, le sens de l’analyse se renverse et se projette vers le futur. Henri Lefebvre compare le sens du devenir au flux héraclitéen, « une structure intelligible et pratique à la fois, réelle et normative à la fois, sans le tronçonner par des discontinuités absolues. La totalité se déterminerait comme la totalité des moments (Henri Lefebvre, 19594, p. 227) ».

 

L’émergence de chaque situation s’exprime par le processus d’émancipation de l’homme, et la progression comme une réponse aux besoins exprimés. Lorsque l’analyse atteint à nouveau le présent, tout ce qui était connu est posé. Il s’agit maintenant de progresser dans le futur en posant des stratégies à partir de la compréhension des agissements de l’individu et de la société. Ainsi, les possibles deviennent réalité en les inscrivant dans un programme à suivre pour entrer dans la voie nouvelle.

 

L’idée est la première étape à la réalisation d’un futur, elle provient du rêve, et répond à un besoin qui se définit par les désirs de l’homme. Le passage entre l’idée et sa réalisation s’élabore dans un premier temps selon une utopie, puis se pose en possible. D’après Henri Lefebvre, c’est dans l’impossible que se crée le possible. L’impossible est la contradiction première qui de son dépassement permet l’émergence du possible.

 

Henri Lefebvre développe sa théorie en dénonçant le sens contradictoire du « devenir ». Dans un contexte relativiste, il présente le « devenir » comme un moment de « transition illimité ». Puis, dans un contexte de périodisation, le devenir devient « provisoire et réversible ». Il se visualise par le renversement de l’histoire. Le présent se modifie lentement, et le devenir passe inaperçu. Ainsi, c’est par la lecture ou la relecture du passé, que nous percevons le bond, le changement. L’histoire prend alors du sens, de « l’épaisseur ». Ainsi, la découverte des limites, des frontières de chaque période analysée et leur progression révèlent le mouvement.

 

La difficulté de l’analyse est de percevoir comment sera l’avenir. Le chercheur entreprend de déterminer les possibles et les actes à réaliser dans la phase progressive. Il doit être à la fois un créateur, visualiser les idées, et les confirmer par une stratégie élaborée lors de l’observation faite du passé. Il doit donner naissance à l’illusion, la faire entrer dans la réalité pour créer le possible.

 

Sandrine Deulceux

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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