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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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L’analyse institutionnelle au Brésil (40)

 

Entre le marteau du néolibéralisme et l'enclume de l'Etat

 

Quelques réflexions transductives sur des interventions socianalytiques au Brésil (3)

 

 

 

Le trou noir de l'Etat inconscient

 

 

 

b) Un génocide invisible et quotidien en train de se/nous consommer

 

 

Certains, déboussolés, croient que la cause de cette calamité, c'est le destin : on ne peut rien faire, car une résignation instituée au plus profond de nous-mêmes nous fait baisser les bras et hausser les épaules. D'autres, nous décrivant l'économie comme une machine impitoyable, fataliste et dirigée par un pilote automatique hors contrôle, nous font sentir que si nous ne sommes pas montés à temps, si nous sommes restés sur le pavé, c'est bien de notre faute et tant pis pour nous.

 

 

Cette logique de fer commence avec le banal « C'est pas de ma faute », continue avec le « il n'y a rien à faire» et l'exclusion des groupes (jeunes des quartiers défavorisés, chômeurs de longue durée, malades mentaux, du sida, handicapés, tziganes, homosexuels, déboutés du droit d'asile, etc.) et finit dans le génocide.

 

 

Le génocide est une tragédie collective qui commence avec de petites exclusions quotidiennes : hors de la classe, hors de la maison, hors du quartier, hors du travail, hors de la nationalité, du pays... et finit en nous mettant hors de nous-mêmes et hors de la vie...On ne pourrait pas assimiler les génocides - juif, arménien palestinien, irakien, celui des indigènes américains, de l'esclavage noir africain, ou, plus récemment, ceux du Rwanda ou du nettoyage ethnique en ex-Yougoslavie, en Tchétchénie, en Irak... -, aux problèmes de l'exclusion sociale dont nous souffrons dans nos « sociétés démocratiques occidentales ». Et pourtant....

 

 

Temon rappelle qu'« aujourd'hui la plupart des génocides sont domestiques : le génocide est un phénomène des sociétés plurales. Dans ces sociétés, même si les groupes vivent ensemble et participent à l'économie du pays, une certaine dissolution est souvent maintenue... » (5).

 

 

On connaît un deuxième processus d'exclusion sociale, qui se renforce mutuellement avec le premier. Il a lieu dans ces familles, au sein desquelles se développe une «psychose schizophrénique» (considérée à juste titre comme l'une des exclusions majeures et les plus répandues de la santé mentale) où la communication est caractérisée par des messages du type dit de la double contrainte : la personne est soumise à une relation qui l'empêche à la fois d'être et de ne pas être, empêchant dans le même temps la victime de se soustraire à cette double contrainte. C'est une relation où l'on impose à l'autre une chose et son contraire. N'oublions pas l'étroite correspondance entre ces deux processus, correspondance que Bettelheim signale aussi : la désintégration psychique des prisonniers produite par l'institution des camps de concentration et aussi celle des psychotiques produite par l'institution de la famille.

 

 

Si une telle relation existe bel et bien dans les groupes familiaux schizophrénogènes, dans les entreprises, dans les relations internationales, elle existe également dans les messages auquel l'Etat nous soumet. C'est ainsi que, par exemple, à l'intérieur de l'Etat français, le ministère qui affirmait s'occuper de l'intégration affiche en même temps son contraire. Voyez le lapsus du document public ci-après, bel exemple de l'inconscient politique :


 

img871.jpg 

 

 

 

Ce document, je l'ai reçu dans les années 90 au centre de formation professionnelle où je travaillais ; après l'avoir affiché dans la salle des formateurs et demandé à mes collègues de « trouver l'erreur», aucun n'a pu se rendre compte de cet acte manqué étatique... Je pourrais aussi parler d'un autre « lapsus » commis par l’ex-président argentin Duhalde, quand il était gouverneur de Buenos Aires. Il a dit à la télévision : « On va saigner la province » voulant dire « soigner »...


 

Donc, génocides silencieux, invisibles, prés de nous, en nous...perpétrés par les Etats et l'Etat inconscient...

 

 

 

(5) Yves Temon, L'Etat criminel - les génocides au XXe. Siècle, éd. du Seuil, Paris, 1995.

 

 

 

Alfredo Martin

 

 

Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech

 

 

 

voir aussi : http://journalcommun.overblog.com 

 

 

 

 

et : http://lesanalyseurs.over-blog.org

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