Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
Recherche-intervention : Un mode de recherche et d'agir dans la formation (2)
Notre implication dans un Service de Psychologie Appliquée (S.P.A.) de Psychologie Sociale et Institutionnelle et l'assentiment de stagiaires en salle de classe : une relation (mais pas toujours) très « délicate »...
Notre implication dans le travail - débuté vers la fin des années quatre-vingt et développé durant quatorze années - dans un S.P.A. du domaine scolaire (actuellement S.P.A. du domaine Social et Institutionnel) d'un Centre Universitaire privé, nous a certainement permis de favoriser l'insertion de tous les stagiaires qui sont venus nous trouver (et qui viennent encore nous trouver) dans les lycées où nous avons enseigné - ou bien dans ceux dans lesquels nous continuons à enseigner - depuis 1987.
En tant qu'enseignante/chercheuse dans ce domaine, nous avons pratiqué de nombreuses interventions sur l'exercice de cette (im)possibilité de stage dans le domaine pedagogico-institutionnel, essayant toujours de déranger ces candidats au poste de professeur de Psychologie du Cours Normal. Cependant, et pour ne pas fuir la quasi règle, 2002 s'annonçait déjà comme une année « typique », à en juger par le premier contact avec une stagiaire, venue nous trouver avec le motif institué et courant de vouloir continuer à suivre nos cours, parce que, pendant les deux premières heures auxquelles elle avait assisté, « elle avait beaucoup aimé « notre » cours », sans cependant, avoir trouvé en classe, une seule occasion de se manifester sur les contenus qui avaient été travaillés, mis à part ce bref commentaire à la fin. Pourquoi donc ? Quelles sont les traverses (2) qui contribuent, en fin de compte, à l'immobilisme de tant de jeunes pendant leur formation ?
De quel sentiment/état d'apathie presque paralysant souffrent tous ces stagiaires prétendument motivés par l'enseignement ? Au nom de quelles théories et sur quelles pratiques ces élèves-maîtres s'appuient-ils, en cherchant surtout à s'installer douillettement à la « place des élèves »?
Ainsi, en tant qu'ancien superviseur de l'équipe du S.P.A. citée plus haut, nous avons toujours compris l'espace de stage comme une processualité qui devrait être reconnue par tous les membres de l'institution éducative, du point de vue légal et académique et comprise surtout comme une pratique devant être, institutionnellement parlant, autant légitimée que désirée, et à la charge d'un processus d'institutionnalisation plus décentralisateur, malgré les altitudes existantes de rejet de la part de beaucoup de professeurs de l'Enseignement qui n'arrivent pas à se rendre disponibles pour accepter des stagiaires dans leur école et/ou dans leur ( ?!) salle de classe.
Nous n'avons pas l'intention d'invoquer ici de façon démesurée l’«ordre juridique», comme en jugerait Lourau (1993). Néanmoins, et contrairement à ce qui se passe quelquefois dans les écoles où nous avons travaillé, nous sentons le besoin de réitérer la force instituante du stagiaire qui peut (et doit) se faire plus présent sur le terrain. Nous croyons que l'étudiant n'est pas stagiaire parce qu’il fait un stage, mais plutôt qu'en faisant un stage, il se constituera stagiaire, conformément à ce qui était pensé dans l'équipe du S.P.A antérieurement citée. Bien que notre assertion pourrait passer pour un sophisme, nous pensons qu'un bon nombre de personnes que nous avons formées jusqu'à présent, comprend suffisamment nos mots, se faisant non pas nos « suiveurs », mais nos alliés, comme nous l'a dit une fois Heliana Conde, lors d'une table ronde, à l'UERJ (1991). Nous pensons aussi qu'à partir du moment où le stagiaire commence son année en élaborant son projet, il est déjà en train de s'approprier de ce territoire dans le domaine social de l'institution éducative. C’est pour cette raison, d'ailleurs, que nous avons beaucoup de difficultés à admettre que quelques-uns viennent nous trouver pour agir (ou non?!) selon une vieille pratique dénommée « pratique zéro » par quelques universités (publiques). Nous soulevons l’hypothèse qu'il existe un nombre significatif de ces stagiaires qui nous arrivent, en apportant une demande (produite à l'université) d’« aucune pratique, occupant (l'invisible) nulle part», si on considère, selon la coutume, que les mots ont un poids... (dans ce cas présent, le poids zéro).
Ces « entrecroisements » qui nous ont sans doute constitués en tant que sujet de l'action psy/analyste institutionnelle, instaurent des sens à notre travail, puisqu'ils sont porteurs de signifiés. C'est partir de et dans ce lieu que nous prenons repère, incontestablement alliés à tous ces auteurs et acteurs qui jouent au quotidien le role principal de la « scène institutionnelle » scolaire, affirmant des pratiques politico-pédagogiques qui donnent lieu à des critique libertaires, ce qui revient à dire transformantes de la réalité en place.
(2) Traverses : ... « toute institution est «traversée» par plusieurs niveaux distincts, ce qui renvoie [...] à l'étude de sa transversalité » (ALTOÉ, 1980, p.2). Dans ce cas, nous parlons de l'institution FORMATION, où les stagiaires sont « traversés » par leurs appartenances ou leurs références aux institutions diverses, où l'on devra tenir compte de leurs positions dans l'organisation, dans la hiérarchie et dans la vie quotidienne, et aussi dans la pratique de stage. Voir GUATTARI, F. (1987) «La Transversalité» In : Revoluçâo Molecular, Pulsaçôes Politicas do Desejo. Trad. Suely Rolnik. Sâo Paulo: Ed. Papirus, 3.ed.
Sonia Maria Pellegrini de Azeredo
Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech
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et : http://lesanalyseurs.over-blog.org