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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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Journal d'Hélène M., un exemple de journal de formation pour la licence en Sciences de l'éducation à l'IED de Paris 8 (53)

15 h 37

 

Acte 3 : Ruse de l'histoire

 

La crise politique éclate

Au bout d'un mois d'observation et 15 jours d'intervention, le recteur accepte finalement de prolonger l'intervention de Lapassade. Il est même invité à parler de celle-ci à la télévision.

A la suite de cette émission, un député interpelle le gouvernement sur le fait que les contribuables aient à payer un agitateur français. Comme Lapassade était payé par l'université française, il n'y eut pas de scandale mais cela donna de l'audience à son intervention, renforça sa place et permit que le recteur s'exprime sur les problèmes de la participation mis en lumière par l'intervention.

Ce débat politique révéla que la société québécoise, prétendument libérale, ne l'était pas tant que ça, puisque le pouvoir politique s'exprimait, s'ingérait dans la gestion de l'université.

 

L'Acadien

Alors que Lapassade semble se résigner à faire ce qu'il a de plus mauvais dans la tradition psychosociologique, des entretiens et la rédaction d'un rapport, l'Acadien arrive.

L'acadien, c'est Michel Blanchard, étudiant de sociologie, un militant pour la défense de l'identité francophone au Nouveau-Brunscwig, qui s'est fait expulsé de l'université pour ses actions subversives. Il ne peut retourner dans sa province et commence à se joindre au 504 en proposant que l'idée du Bilan 70 soit reprise.

Le recteur accepte !

Cependant, Lapassade, même s'il apprécie ce second souffle de son intervention, constate que les participants ont changé. Les premiers, ceux du nouvel analyseur étaient ce qu'il appelle des déviants libidinaux, des contestataires marginaux. Les seconds sont des contestataires radicaux ou déviants idéologiques qui bien que contestataires parlent le même langage que les dominants. Ces derniers se lassent en général assez vite de la contestation.

 

Acte 4 : Bilan 70, l'université ferme ses portes.

 

La préparation du bilan 70

Cette préparation est l'occasion pour Lapassade de mettre en place un nouvel analyseur. Il est proposé à la communauté universitaire de constituer un comité représentatif des différents acteurs de l'université (étudiants, professeurs, ouvriers, employés, cadres). Le bureau 504 devient le siège du comité de bilan et Lapassade acquiert un nouveau statut qui lui permet de mieux appréhender les stratégies de chacun. Il peut constater une résistance, un refus de la participation de certains qui révèle une cassure profonde, une anomie.

Par contre dans le collège des personnels non enseignants, il y a une participation massive à l'assemblée générale organisée pour l’élection de leurs représentants au comité. Cette forte participation était due à un malentendu. Ils ne connaissaient pas l'objectif de la réunion, ni le projet de comité mais pensaient qu'ils étaient convoqués pour l'annonce de la fermeture de l'université.

Seuls les professeurs n'auront pas élus leurs représentants du fait d'une opposition à ce projet.

Une fois le comité bilan mis en place, il commence à se réunir chaque jour. Son but, faire que ce bilan soit décisionnel, instituer la parole sociale.

 

Lassitude

Lapassade s'ennuie ! Les membres du comité imitent les manières de membres d'un conseil d'administration. De procédures en compte-rendus, le travail est finalement mal fait, la population de l'université n'est pas tenue au courant.

 

Le bilan 70

Il s'étale sur 3 journées. Le comité avait fait un travail d'enquête et les résultats de celui-ci et des propositions étaient présentés à tous les membres de la communauté universitaire réunis par catégorie. Chaque catégorie, au cours de la première journée vota des résolutions, reprises le deuxième jour en commissions bi-partites.

La première de ces commissions regroupe les employés et les administrateurs. C'est une réussite par le taux de participation et l'investissement dans ce processus. Cela se traduira par la création d'un syndicat d'employés.

Par contre, la commission étudiants-professeurs ne fonctionne pas bien.

Le dernier jour, c'est la rencontre générale qui se termine dans la confusion. De plus, il fut constaté que les étudiants des cours du soir, du fait de leur indisponibilité en journée, et ce malgré les problèmes importants qu'ils rencontraient, ne purent participer à ce bilan.

Ainsi, le bilan 70, en tant qu'analyseur avait permis de mettre en lumière l'exclusion des processus de décision des étudiants salariés. Il fut alors prévu que leurs problèmes spécifiques seraient étudiés dans un bilan suivant.

 

Le bilan de l'éducation permanente.

Lapassade avait déjà commencé avec ces étudiants de l'éducation permanente la rédaction d'un cahier de doléances. Ces étudiants se sentent sacrifiés, ils ne bénéficient d'aucun service universitaire autre que les cours. En fait, leurs revendications s'appuieront sur la reproduction du système classique d'organisation de l'institution et non sur une création originale. Ces étudiants veulent être comme les autres.

 

La momie brisée.

Pour donner l'ambiance qui régnait à l'université, Lapassade relate que lors de la dernière journée du bilan, il apprend qu'un étudiant des Beaux Arts qui avait cassé une oeuvre d'art de l'établissement voit son sort étudié par le Conseil d’Établissement et qu'il risque l'exclusion. Cet étudiant faisait partie d'un groupe de contestataires de l’École des Beaux Arts.

Lapassade informe donc les autres étudiants et les professeurs de cette école et s'aperçoit qu'ils se montrent peu intéressés par le sujet. Lapassade interprète cela comme un phénomène de défense collective contre une information dérangeante, déviante.

Quelques jours après, une assemblée générale se tient aux Beaux arts et l'étudiant est finalement acquitté par ce « tribunal populaire ».

 

L'échec de la participation

Malgré la prétention affichée d’une université entreprise avec son client-roi, l'université de Montréal est en fait beaucoup plus calquée sur un modèle ecclésiastique avec une séparation des branches du savoir. Cela est du au fait que ceux qui y travaillent sont marqués, façonnés par l'ancien fonctionnement basé sur la spécialisation.

 

Trois refus

L'échec de la participation est du à trois refus.

· Le refus par conviction, basé sur l'analyse que la participation est une manoeuvre du système. «participer, c'est se fourrer »!

· Le refus par déception, basé sur l'analyse des textes et qui montre que ceux-ci ne permettent pas réellement cette participation.

· Le refus par désertion. Il est majoritaire, les étudiants ne vont à l'université que pour obtenir un diplôme, la gestion de l'établissement ne les concerne pas.

De toute façon, la course au temps ne permet pas de conjuguer études et participation.

L'intervention de Lapassade a permis de montrer que malgré le mot d'ordre de participation affiché par l'Université, celle-ci, en fait, n'existait pas.

 

Acte 5 : Double je.

 

Réflexions

Lapassade n'est pas satisfait, non parce qu'il a mis en évidence que la participation ne fonctionnait pas et que de toute façon personne n'en voulait, mais il se rend compte que son travail d'analyste est limité et que jamais il ne pourra atteindre par cette pratique « les niveaux plus profonds de la contreculture, de l'imaginaire social et du désir ». La socioanalyse ne permet pas réellement l'émergence du refoulé. Même l'écriture de ce livre est marquée par la censure que lui-même, Lapassade exerce. Il voudrait l'invention d'une autre manière de « faire » des livres.

 

Le 19/12/2010 01 h 22

 

Je n'arrive pas à lire sur écran et mon imprimante n'est pas assez performante pour imprimer correctement cette dernière partie. De plus, elle est complexe et nécessite toute mon attention.

C'est dommage, j'aurais bien aimé finir ce livre. Arriver à finir enfin quelque chose!

 

Hélène M.

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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