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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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Journal d'Hélène M., un exemple de journal de formation pour la licence en Sciences de l'éducation à l'IED de Paris 8 (48)

12/12/2010

 

Luca a posté 2 sujets de réflexion : les groupes sujets/objet et le débat pédagogie non directive, deux critiques.

Je vais travailler dessus. Je pensais après le clash faire un break avec la psychosocio que j'ai sur-investi et rattraper mon retard sur le discours, le journal et les grandes figures de la pédagogie, mais si je quitte maintenant, j'ai peur de ne pas avoir le courage d'y revenir après l'humiliation que j'ai ressentie hier.

Je commence par groupe objet/sujet. C'est amusant le message d'ouverture de Luca invite à se lâcher sur le sujet.

 

« C'est la raison pour laquelle je poste ici une petite partie d'un ouvrage que j'ai écrit, j'aimerais avoir vos opinions et vos critiques là dessous, afin d'ouvrir un débat sur le groupe sujet, sa nature, sa possibilité, l'effectivité de l'émancipation qu'il semble promettre. Je voudrais que cette discussion puisse devenir l'espace d'une réflexion collective, sur le groupe, par le groupe. Donc, lâchez vous, n'hésitez pas à communiquer vos impressions, à dire ce qu'est pour vous un groupe sujet, s'il y en a. »

 

Je vais essayer de ne pas trop me lâcher quand même et de ne pas faire de liens avec ce qui s'est passé sur le forum hier.

 

Luca nous invite tout d'abord à lire la séquence 9 du cours sur les trois politiques.

 

Chapitre 9 du cours : Trois politiques : H. LEFEBVRE, J. P. SARTRE, F. GUATTARI

Le début du chapitre reprend un exposé de René LOURAU qui explique que depuis les années 50 certains sociologues avaient mis en évidence l'exclusion du champ social dans les pratiques de dynamique de groupes en les qualifiant de manipulation, de psychologisme. Ce mouvement s'amplifie dans un contexte historique marqué par la fin de la guerre d'Algérie, le déstalinisme de l'URSS et le début de ce que certains nomment les trente glorieuses.

 

· Henri Lefebvre, la critique du dogmatisme, de l'aliénation du quotidien.

Dans « La somme et le reste » Henri LEFEBVRE, fait un travail autobiographique de sa participation à des groupes militants.

J'ai parcouru le reste de la séquence sur Henri Lefebvre où est cité un extrait de lui sur l'autobiographie. Mais je n'y ai pas vu de relation directe avec le forum ouvert par Luca. Du coup je suis allée sur la toile pour voir si je trouvais des choses. Je suis tombée sur une revue, La somme et le reste, et dans un des numéros un article de Remi Hess « Vue panoramique de l'oeuvre d'Henri Lefebvre dans le n°1 de novembre 2002. Ensuite, je me suis souvenue du livre de Hess, Henri Lefebvre, une pensée du possible. J'en avais lu une partie pour la première séquence de la pratique du journal. Je suis donc retournée y voir et pendant que j'imprimais les chapitres 6 à 9, je me suis mise à lire le journal des non moments de 2004. J'y suis restée scotchée un peu plus de 2 heures. C'est une splendeur, quelle qualité d'écriture, de pensée !

Maintenant, il est 11h, je n'ai pris aucune note, je me suis juste laissée bercer par la vie d'un autre. Est-ce un non moment?

Ma pensée est étroite, mon univers petit, je suis une vagabonde incapable de me concentrer et de me diriger. J'ai beau me faire des plannings pour gérer mon temps, je ne fais que m'échapper en permanence avec ce bref plaisir d'en être sortie, immédiatement suivi d'un sentiment de culpabilité. Je suis trop obsessionnelle, quand j'aborde un sujet qui me plaît, j'ai un désir de maîtrise qui me fait travailler et travailler encore dessus sans pouvoir m'arrêter. Je suis lente, poussive. C'est nul, je vais chercher du pain.

En fait je viens de voir que Luca m'a répondu sur le forum. J'ai parcouru sa réponse, elle n'est pas agressive. Il me reprend sur le contenu.

 

Hélène,

- je ne suis point agacé, au contraire, content de voir qu'il y a de gens qui remarquent des problèmes et cherchent des solutions

- ceci, toutefois, ce n'est pas un T-Group, mais un group social réel (il vaudrait mieux dire virtuel).

Ce n'est pas, en tout cas, un groupe expérimental non directif. Et la différence c'est justement que l'institution (moi, parce que vous m'identifiez à l'institution) parle. Si à chaque fois que l'institution parle elle tue dans l’oeuf toute initiative institutionnalisante, il lui suffit de parler pour empêcher toute liberté et orienter inévitablement l'action collective. Image très pessimiste et naïve en même temps. Pessimiste parce que vous attribuez à l'institution plus de pouvoir de contrainte de ce qu'elle a. Naïve, parce que vous posez des conditions de réalisation de l'autonomie du groupe sujet qui dans la réalité n'existent pas. Lorsque vous demandez à l'institution de se taire, vous êtes encore dans la demande que quelque chose se passe d'en haut, dans la quête d'un espace qui justement dans la réalité ne se dégage pas à partir de rien ou pire d'une sorte de bienveillance de pizzaiolo l'institution même.

- La réalité c'est que pour passer du groupe objet à groupe sujet il faut surmonter des résistances qui sont justement celles de l'institution et ce n'est que par le conflit et l'autorganisation qu'on les dépasse. Ce qui veut dire que les directions que j'ai suggéré - qui d'une part ne sont rien d'autre que les outils de Freinet et de l'autre l'activité ordinaire de certains sur le forum - ce sont en réalité des instruments, qui peuvent être utilisés de plusieurs façons, et dont c'est à vous d'imaginer les usages.

Autrement dit, ces instruments ne sont rien d'autre que le "contenu" de ce cours, dont vous soulignez la contradiction avec l'organisation. Cette contradiction est l'institution : c'est dire qu'en parlant ou en gardant le silence l'institution ne peut pas la dépasser, il n'y a que vous qui peuvent.

- c'est la raison pour laquelle je n'accepte pas le constat désolant qu'en parlant, "en nommant le bon et le mauvais" l'institution ne laisse pas de place aux étudiants. Penser que mettre en place ces structures ne répondrait qu'à ma demande c'est créer une confusion sur l'origine de la demande, qui ne vient pas de moi mais de vous. Et je suis désolé mais quand quelqu’un a une question, ce n'est qu'à lui de trouver la bonne réponse : c'est la raison pour laquelle le noyau de la non-directivité n'est pas l'élimination (impossible) de toute influence ou de toute parole de l'enseignant, mais la conviction que le seul apprentissage capable d'influencer le comportement de l'individu est celui qu'il découvre lui-même et dont il s'approprie, quoi que l'enseignant en dise.

Luca

 

Suffit, je vais chercher du pain.

 

Hélène M.

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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