Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
L'arpenteur, déclic et une claque !
Le 11/12/2010 5 h 35 Cypress hill, stoned raiders
Je viens de finir l'Arpenteur! J'avais ouvert le fichier juste pour regarder, avoir une première idée du genre de livre et puis je suis tombée dedans et je l'ai lu d'une traite, comme un roman.
C'est un vrai bonheur.
C'est tout d'abord une plongée dans la fin des années 60, l'ambiance qui les accompagne. 68 est passé, il a laissé des traces. Immédiatement je me suis souvenue de ce film de Jean Eustache, La maman et la putain et de cette scène où Alexandre assis dans un café du Quartier Latin avec Gilberte, son ancienne compagne qu'il tente de reconquérir, et il lui dit : « tu te relèves comme la France après 68 ».
« Il faut vivre avec des espoirs » dirait Misstic.
Je n'ai pas pris de notes, trop absorbée! Mais j'y reviendrai.
7 h 15
Retour au livre de Lapassade
· G. Lukacs : la réification et le problème de la bureaucratie p 93.
La réification un sujet qui préoccupe pas mal d'auteurs (Kafka, les surréalistes, Moreno) des années 1920. Luckacs reprend les idées de Marx sous l'angle de la réification ce qui lui vaudra un désaveu assez généralisé.
Lukacs identifie de problème de la bureaucratie comme étant lié à l'organisation. Il précise qu'elle montre « un mépris sans cesse croissant de l'essence qualitative matérielles des « choses » auxquelles se rapporte la façon bureaucratique de les traiter » (1).
C'est étrange comme cette lecture se rapporte justement à ce que je notais ce matin dans mon journal de travail concernant le jeune vagabond, que nous, les petits bureaucrates, nous suivons à la trace pour tenter de lui conserver des droits dont il se fout. Je découvre un auteur aussi cité par Lapassade, Joseph Gabel qui a écrit sur la réification. C'est un psychiatre et un sociologue. Ce serait à voir mais j'ai trop acheté de livres ces derniers temps.
· Paul Cardan (pseudonyme de Cornélius Castoriadis) p 96
Il définit la bureaucratie par : - un appareil hiérarchisé, - des critères d'action soit disant rationnels, - des privilèges économiques, -recrutement selon ses propres règles.
Ses origines proviennent de l'organisation concentrée et rationalisée de la production, de la modification du rôle de l’État qui devient un instrument de contrôle et de gestion, du rôle joué par les organisations politiques et syndicales.
Il précise 10 éléments de cette société bureaucratisée : - majorité de salariés, - grandes unités de production impersonnelle, - perte du sens du travail, - plein emploi (pour ceux qui se conforment aux règles), -augmentation des besoins de consommation, -concentration urbaine, - forme apparente de démocratie, - absence de sens de la participation des individus, - irresponsabilité sociale comme trait principal du comportement humain, - consommation pour la consommation et organisation pour l'organisation.
Je suis vraiment très contente de la lecture de ce livre et la manière dont il colle à ce que je vis au quotidien. Cette organisation concentrée et rationalisée dont il est fait mention ainsi que la perte du sens du travail, c'est exactement ce qui se passe dans la démarche qualité à l'hôpital, avec tous ces protocoles qui se mettent en place. Les infirmiers passent plus de temps à remplir des dossiers qu'à s'occuper des patients. Et de manière surprenante aussi, on trouve de moins en moins d'information dans les dossiers car le contenu est lui-même standardisé sur un modèle appliqué à la MCO (médecine chirurgie Obstétrique) qui n'a rien à voir avec la substance du travail de psychiatrie. En fait, toute cette standardisation est destinée non pas à améliorer la qualité des soins mais à la chiffrer pour établir un coût, et à assurer la traçabilité en cas de procès. Qui est coupable?
Je viens de répondre à A. sur le forum de psychosocio quant à sa proposition de travail collectif sur le livre L'arpenteur de Lapassade.
Bonjour,
Merci Hélène pour cette note encourageante !
Je suis encore en train de me débattre avec les dernières séquences de cours qui me semblent complexes et riches , donc je n'ai pas encore regardé cet ouvrage...
Néanmoins, je propose le cadre suivant pour la fiche de lecture : chaque volontaire peut s'inscrire pour la synthèse d'un acte ; qu'en pensez-vous ?
A bientôt !
An.
Salut Am.,
Sur ta proposition : tu vas voir, c'est un livre très court, 130 pages environ. J'aurai plus envie qu'on discute ensemble sur chaque acte : ce qui nous a plu, comment on l'a ressenti, ce qui nous questionne. En plus, l'auteur me semble tellement rafraichissant, en dehors des cadres, je redoute qu'en séparant ainsi le travail on perde la substance de ce qu'il a voulu transmettre.
A sa lecture, je me disais que ce serait intéressant de tenter de le mettre en relation avec le dispositif mis en place par cette plateforme de Paris 8.
Tu vois, il y a truc qui me chiffonne c'est l'arrivée super tardive de certains étudiants apparemment pour des questions administratives. Or, il n'y a apparemment aucun lieu pour en parler. On est tous chacun devant nos ordis, à courir après le temps. Certains viennent juste de démarrer et j'ose même pas me demander dans quel état ils sont devant la masse de travail qu'il leur reste. Apparemment, rien n'est prévu de particulier pour eux.
On est tous là, à courir derrière un papier qui va nous valider une année, à travailler plein de matières qui nous montrent à quel point certaines situations d'enseignement sont absurdes. Il y a une sorte de division entre le contenu assez émancipateur de l'enseignement et l'organisation de celui-ci qui ne l'est peut-être pas tant que ça. C'est à ça que le livre de Lapassade m'a fait penser et dont j'aurais bien aimé discuter.
Au plaisir de te lire,
Ln.
(1) Lukacs, cité par Lapassade p 95.
Hélène M.