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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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Journal d'Hélène M., un exemple de journal de formation pour la licence en Sciences de l'éducation à l'IED de Paris 8 (44)

Le 5/12/2010 8h

 

Avant de continuer sur l'ouvrage de Lapassade, je voulais revenir sur la question de la bureaucratisation de la Société civile. Peut-on considérer que le syndicalisme en est-une? Je serai portée à répondre oui et à constater les rapports de méfiance qui existent de la part des syndicats face à toute autre organisation qui marche sur leurs platebandes. Nous avons bien vu lors de la lutte contre la réforme des retraites, la situation ambiguë dans laquelle ils se trouvaient face d'une part à des actions de leurs propres syndiqués utilisant des outils d'action directe et d'autre part les collectifs organisés majoritairement par des citoyens. Je trouve que cette opposition société civile/bureaucratisation est de plus en plus mise à jour en ce moment.

 

Mais je retourne à Lapassade et à la deuxième approche de Marx de la bureaucratie.

 

→ Après avoir pris le contrepied de Hegel, Marx examine un phénomène bureaucratique appelé le «despotisme oriental » (1). Dans les sociétés primitives, il n'existe pas de propriété individuelle de la terre. La communauté est l'intermédiaire entre l'individu et la terre. En évoluant, ces sociétés commencent à opérer une première division du travail, une répartition des tâches, sans prédominance d'une activité sur l'autre. C'est avec le changement de mode de production (assumer des besoins collectifs importants telle que l'irrigation) et la nécessité d'une organisation plus avancée que commence à se créer une classe chargée uniquement de l'organisation, de la répartition des tâches. Ces fonctions particulières se mutent alors en pouvoir en se séparant, en exerçant une domination sur les autres tâches. C'est la naissance de la bureaucratie, de l’État. Ce passage est un moment politique.

 

Marx qualifiera ce système d'esclavage généralisé car ce n'est pas l'individu qui est esclave d'un maître individuel, mais une communauté soumise aux ordres des fonctionnaires.

 

Au cours de l'histoire, la propriété des moyens de production et la forme de la bureaucratie évoluent.

 

Marx ne placera pas la bureaucratie au centre de ses analyses. Pour lui, la bureaucratie est au service de l’État qui est au service de la classe dominante. Si l’État disparaît, la bureaucratie disparaît avec lui.

 

→ Marx fera également une analyse de la bureaucratie industrielle en la rapprochant des bureaucraties asiatiques.

 

Marx commence par examiner la coopération en tant concours de force pour l'exécution d'une tâche. Il sera d'ailleurs un des premiers à pointer les particularités qui se développent dans une action de groupe. La réunion en groupe en vue de la production est le principe de la coopération. Cette réunion est possible grâce à l'accumulation du capital et la nécessité pour les travailleurs de vendre leur force de travail. Or, dans l'entreprise, la coopération des salariés doit être organisée pour qu'ils ne tirent pas tous dans des sens différents. Cette organisation a des caractères spéciaux.

 

Ce passage me fait penser à Frédéric Lordon et à son dernier ouvrage « Capitalisme, désir et servitude. Marx et Spinoza » (2). Il y revisite les analyses de Marx sur l'organisation de l'entreprise à la lumière de la théorie des affects de Spinoza ou comment, en développant une certaine forme de management, le capital arrive à enrôler dans son propre projet, les projets individuels des salariés. Pour cela, il lui faut des salariés contents.

 

· Lénine

Même si le bureaucratisme de l'URSS prend ses racines avant la révolution de 1917, Lénine commencera à l'analyser seulement en 1921, non pas comme phénomène politique sous tendu par le Parti Communiste mais par des éléments socio-économiques, tels que la pauvreté, l'éparpillement de la population, son absence d'éducation et paradoxalement, son manque d'organisation.

 

16 h 47

 

· Trotski p 83

Son analyse de la bureaucratie date de 1923 dans ses « Cours nouveaux ». Il constate que le parti est divisé en deux niveaux, la base et les administratifs (secrétaires, comités). Ces derniers considèrent la base comme des enfants, qui ne participent pas aux décisions. Il constate que ce phénomène se produit lentement et que c'est seulement après coup qu'il peut être constaté la coupure qui s'est opérée entre la base et les bureaucrates préoccupés par leur carrière. Il constate comme Rosa Luxembourg que la dictature du prolétariat s'est transformée en dictature du parti du prolétariat par la concentration des pouvoirs aux organes gouvernementaux. Pour sortir de cela, il ne remet pas en question la dictature du prolétariat, mais prône l'instauration d'une « démocratie vivante et active » au sein du parti (3). Pour lui, le bureaucratisme est une pathologie. Les bureaucrates sont une classe parasite.

 

· Bruno Rizzi (4) p 87

A la différence de Trotski, il considère, en se référant à la définition d'une classe sociale par Marx, que la bureaucratie est une classe sociale à part entière. En URSS, elle est devenue la nouvelle classe des exploiteurs et ce par l'intermédiaire de l’État qui est propriétaire des moyens de production.

Cependant pour Rizzi, cela correspond à une évolution par rapport au capitalisme, dans le sens où la propriété des moyens de production est tout de même devenue collective. C'est la dernière étape avant la société sans classe.

Trotski contestera toujours le fait que la bureaucratie est une classe sociale dominante.

 

Le 6/12/2010 19 h 26 Gil Scott eron

 

Ça y est, j'en ai parlé à Marie France, pour le journal du groupe et bingo, elle est intéressée.

Elle a compris tout de suite en quoi ça consistait. En fait, elle fait du mini-diarisme. Chaque jour elle écrit une phrase sur son agenda et à la fin du mois elle fait le bilan. Il faut que je lui demande de me montrer.

 

 (1) P71, Lapassade précisera ensuite p 75 que cette organisation a été caractéristique des grands empires chinois, égyptiens, aztèques et incas.

(2)  Frédéric Lordon, Capitalisme, désir et servitude. Marx et Spinoza, La fabrique éditions, Paris, 2010, 213p.

(3) P 86

(4) Bruno Rizzi (1901-1977) co-fondateur du pc italien en 1921. Le quitte en 1930. Auteur de La bureaucratisation du monde.

 

Hélène M.

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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