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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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Journal d'Hélène M., un exemple de journal de formation pour la licence en Sciences de l'éducation à l'IED de Paris 8 (41)

11 h 09

 

Trop de neige, impossible d'arriver à mon lieu de travail.....Je vais donc tenter de compléter un peu mes lectures sur Rousseau d'autant que je viens de recevoir « Les Grands Pédagogues »sous la direction de Jean Château (1).

 

Jean Jacques ROUSSEAU pour la pédagogie de la vocation (1712-1778) p 169-210

 

Rousseau n'est pas un éducateur, c'est un philosophe qui pose des principes. Pour lui, le plus important est d'éveiller le désir d'apprendre.

 

Pour comprendre la pensée de Rousseau en matière de pédagogie, il ne faut pas aborder que l'« Émile ». C'est un ensemble constitué d'écrits pédagogiques, politiques et philosophiques dont l'ensemble traite de la condition humaine. Rousseau souhaite une modification du fonctionnement de la société et pour lui celle-ci ne peut provenir que d'un changement du fonctionnement de la famille et de l'éducation des enfants.

 

Son point de départ est que Dieu a bien fait les choses et qu'il faut suivre la nature telle qu'il l'a conçue. Cela ne signifie pas que l'homme doive vivre comme un sauvage mais qu'il doit assumer sa condition humaine de vivre en société. C'est la condition de son bonheur, but de la vie humaine. S'il pose la méfiance envers la société, il la considère également comme une ressource pour l'être humain. Cela pose le principe de la liberté de l'homme de choisir une bonne ou une mauvaise voie.

 

Dans le Contrat, Rousseau tente de poser les bases d'une société rationnelle. Dans « Émile » il s'agit de former un citoyen conscient de l'enjeu commun et non un être artificiel tel que dénoncé dans le premier Discours.

 

Pour la formation de ce citoyen, Rousseau vante les mérites de l'instruction publique, telle qu'elle lui a été inspirée par la République de Platon. Cependant, il reconnaît que la société de son temps ne s'y prête guère tant elle est corrompue et soumise aux intérêts particuliers. Dans l'Émile, Rousseau imagine, rêve à des principes éducatifs appliqués à des situations fictives. Il admet que les résultats de l'éducation sont hasardeux mais qu'il faut tendre vers un but : la vocation humaine.

 

La vocation humaine c'est prendre sa place d'homme. Mais l'enfant n'en est pas encore un et l'éducation qui lui est donnée doit le prendre en compte de même que son caractère particulier. Pour cela, il faut en premier lieu observer l'enfant.

 

L'enfant ne peut appréhender correctement les savoirs des adultes, il n'est pas prêt. L'éducation négative doit développer les organes qui permettront d'acquérir la connaissance. « Il faut laisser mûrir l'enfance dans les enfants ». Pour cela, il faut préserver l'enfant de la société, des livres, il faut tout retarder tout en l'y préparant. Il faut le préparer à raisonner, pour qu'il puisse ensuite aborder la société et exercer son choix, sa liberté. Pour Rousseau, la liberté n'est pas de faire ce que l'on veut, mais de faire ce que l'on peut. L'éducation négative, en préservant l'enfant de la société, le place cependant en position d'expérimentateur, pas trop de protections, de jouets élaborés, d'instruments scientifiques. Il doit chercher lui-même, connaître ses limites.

 

A chaque âge correspond un type d'éducation. Ces âges ne sont pas séparés de manière tranchée. De même, les méthodes éducatives doivent évoluer de manière continue.

Au départ, l'enfant ne sait pas penser, il est dans l'immédiateté, son seul intérêt le préoccupe.

 

L'éducation s’appuiera sur ces caractéristiques. Pas de leçons ni de châtiment à part ceux provoqués par ses propres actions. C'est le milieu qui est éducateur et qui doit permettre à l'enfant de développer d'abord son physique et ses sens. La pensée a besoin que les sens soient aiguisés, que les possibilités du corps soient connues pour se développer.

 

Dans une seconde phase, l'enfant va rechercher à connaître ce qui lui est utile. Il se tournera vers un apprentissage des choses, des techniques. C'est une éducation de la méthodologie.

 

A l'adolescence commence l'éducation morale, ce qui est pour Rousseau la véritable éducation. C'est l'âge d'émergence des passions et certaines sont dangereuses. Les passions ne peuvent être maîtrisées que par d'autres passions. L'éducateur jouera donc sur l'amitié que l'adolescent aura développé à son égard, sur la pitié face à la misère. Il lui fera observer les autres hommes et les passions qui les gouvernent et ce par l'intermédiaire des lectures. Il sera apte également à 'intéresser au problème religieux, au choix entre le bien et le mal.

 

C'est à ce moment que le jeune adulte pourra découvrir le monde, les écrits divers, l'éducateur pourra s'adresser à lui avec franchise.

 

Viendra ensuite le temps de la socialisation, l'apprentissage des moeurs et des lois. Pour Rousseau le devoir social prime sur les autres. Ensuite seulement, il pourra se marier et fonder une famille.

 

Pour Jean Château, le système élaboré par Rousseau repose sur trois postulats :

- la nature est bonne, parce que d'origine divine,

- la société actuelle est mauvaise,

- La liberté est l'obéissance totale à la loi de la cité idéale.

Sous des aspects très libertaires cette éducation est en fait très surveillée, et a pour but l'obéissance (à l'éducateur et plus tard au gouverneur).

 

La conclusion de Jean Château sur la pédagogie de Rousseau est d'une grande sévérité, comparant ses principes à une éducation totalitaire.

A vrai dire, je ne sais pas quoi trop en penser. D'un côté j'apprécie le fait que l'éducation soit placée dans un système philosophique, politique plus général. J'ai beaucoup de mal à admettre par exemple, qu'à l'heure actuelle, elle soit particulièrement orientée vers des finalités économiques, trouver un emploi, être employable. D'un autre côté, il y a effectivement un aspect systématique de surveillance, de contrôle, un manque de légèreté qui se dissimule sous un argument non-interventionniste et qui effectivement peut être effrayant et notamment dans les buts poursuivis : l'obéissance aux Lois, tenir sa place. Il y a une sorte de paradoxe entre cette position et le fait que Rousseau inspirera les révolutionnaires.

 

18 h 05

 

Je ne suis pas satisfaite, je n'ai pas avancé aussi vite que le souhaitais, j'ai perdu du temps à déplacer ma voiture pour que demain je puisse aller jusqu'à mon travail et puis je me suis endormie à deux reprises dans la journée.... Je vais essayer de m'y remettre mais ce n'est pas joué.

 

(1) Jean Château, Les grands pédagogues, PUF, Paris, 1961, 361p.

 

Hélène M.

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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