Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
6 h 10 Abdullah Ibrahim, compil
Je suis troublée. Que suis-je en train de faire? Est-ce réellement un journal de lecture. J'ai un problème de rapport au temps, au contenu. Avant, quand j'écrivais dans mon journal intime, je ne relatais pas les faits ou très peu, c'était plutôt des sentiments, des réactions, à chaud, à vif.
Ce que j'écris, là, c'est plus un récit.
Examinons ma méthode :
Je prends des notes sur mes cahiers, des sujets à approfondir se dégagent, des liens se font avec d'autres connaissances. Ensuite je me pose devant mon ordi, je reprends mes notes, j'en retire le plus important pour l'écrire.
Si j'observe bien, les premières fois, j'ai tenté de retransformer ces notes pour en faire un résumé à ma façon. C'est un processus d'appropriation, de digestion. C'est ce que j'ai fait, sur les précurseurs en psycho-socio, J'y ai rajouté un rapprochement que j'avais fait sur un savoir précédant. Un commentaire/question.
Sur discours et construction du sens, il y a eu une légère évolution. Je ne comprenais pas tout dans le cours ou sur les forums, alors je suis allée chercher des informations ailleurs. Cela m'a permis de comprendre. J'ai pu alors faire mon résumé avec mes mots et rajouter mes questions rapprochements. Je n'ai pas cité dans mon journal que j'étais allée chercher de l'information ailleurs.
Pour Montaigne, qui m'a demandé un gros travail (est-ce l'introduction d'Augustin Mutuale, son invitation au voyage, qui a provoqué cela?), j'ai pris mes notes sur le cours, je suis allée sur le net et dans les livres pour chercher des compléments, puis je me suis mise devant l'ordi, et j'ai fait le récit de ce moment de travail. Après coup ! Dans ce journal se trouvent, les connaissances que j'ai approchées, le déroulement, les liens, quelques réflexions.
Est-ce un journal?
Le problème, c'est le lecteur. Dans mon journal intime, je me comprends. Mes réactions écrites me remettent directement dans l'état dans lequel j'étais. Il y a une mémoire physique, sensitive (je ne sais comment dire) du vécu. Dans ces journaux, on ne peut pas faire abstraction des lecteurs. Et les lecteurs ont des statuts divers, l'enseignant qui est là pour enseigner, mais aussi pour évaluer. Il faut lui montrer de quoi on est capable. D'un autre côté, il y a ce côté non fini du journal, c'est une étape, on montre à l'évaluateur quelque chose de pas fini.
Et puis, il y a les autres étudiants. Pour Montaigne, j'ai fait un gros travail, mon texte était long, devais-je le mettre sur le forum? Est-ce que ça n'allait pas les gaver ? Est-ce qu'ils allaient me lire? C'est compliqué ces forums, je n'arrive pas à me déterminer sur ce que je dois y mettre. Extrait du journal, réactivité par rapport au cours, réactivité par rapport à ce qu'écrivent les autres étudiants.
Faut que je me prépare pour le travail!
10 h 16
CATASTROPHE!!!! JE SUIS FURAX!!!!
Plus d'une heure de travail foutu en l'air. Mon ordi a planté, j'avais pas enregistré..... Arghhhh…..Vite, il faut que je remémore ce que j’y avais écrit…..
10 h 44
Je suis allée ramasser des pommes dehors, valait mieux, sinon, j'allais casser quelque chose.
C'est une perte, c'est sûr ! Et d'un autre côté, ça m'a permis concrètement de comprendre ce qui se passait avec ce journal. C'est une sorte de sauvegarde du mouvement de ma pensée. Je viens de le sentir physiquement et c'est assez dingue. Il faut que je me penche sur ça.
Dans ce que j'ai perdu :
Je ne suis pas allée travailler ! J'ai pris une RTT. Je me suis rendue compte que j'avais 2 moments dans ma formation, celui de la lecture et de la prise de notes, moment que je peux fractionner et celui de l'écriture qui me demande une durée assez longue et que je ne peux aisément couper. Pour arriver à vivre mes différents moments dont celui du travail, il faut que je me réserve les WE pour l'écriture car là je dispose de temps.
Je disais aussi (dans ce que j'ai perdu...) qu'à l'intérieur du journal, il y avait différents moments. Celui du contenu, de la substance de la matière en elle-même et celui du «méta discours » je ne sais trop comment l'appeler. C'est tout ce qui concerne ma méthode de travail, mes réflexions, mon expérience du journal.
Des moments dans le moment, des poupées russes en quelque sorte. Que de dissociations, ça fait un peu peur !
Du coup, pour visualiser ces différents moments, il fallait mettre en forme. Mon méta discours se trouvera donc en gras, taille de police, 10,5, ce qui concerne le contenu de la lecture, la prise de notes résumée/digérée sera 12, normal. Les définitions, références, notes concernant les auteurs seront en note de bas de page.
Hélène M.