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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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Journal d'Hélène M., un exemple de journal de formation pour la licence en Sciences de l'éducation à l'IED de Paris 8 (25)

14 h Abdulla Ibrahim, Bombella

 

Bon, ça c'est pour le méta. Revenons au contenu.

 

- Le moment comme singularisation anthropologique (1) d'un sujet ou d'une société:

Le moment est différent de la situation sur laquelle nous n'avons pas de prise. Le moment est la prise de conscience des éléments spécifiques/récurrents dans cette accumulation de situations. Hegel distingue ainsi le moment de la famille, de travail, de l'Etat. Henri Lefebvre (2) développe cette théorie.

 

Je pense à mon moment situationniste en 2003 avec cette formule « construisez vous-même une petite situation sans avenir ». Quel lien entre la théorie des moments et les situationnistes. Et puis cette citation de Guy Debord « Dans le monde totalement inversé, le vrai est un moment du faux. »

 

Le moment, lorsqu'il est conscientisé, formé par son auteur, donne lui-même forme à son auteur. « Se former, c'est donner forme et signification à ses moments ».

En formation, l'orientation des histoires de vie vers l'anthropologie des moments du sujet permet aux différentes instances de jouer entre elles (logique, historique, anthropologique).

 

Définition du moment pédagogique :

« Le travail pédagogique s'articule autour de moments historiques (...) Ce moment peut faire l'objet d'une description dans le journal tenu par le diariste. Mais ce journal, description du contexte évolutif du travail dans un champ, décrit les éléments de ce contexte. Ainsi se dégagent des moments (au sens anthropologique). Enfin et surtout, le journal garde la trace du mouvement dialectique qui fait passer d'une notation particulière à une confrontation à l'universel pour produire une description de la singularité du diariste. Cette singularité elle-même sert de point de départ à une nouvelle description. Ainsi on voit que la description notée dans le journal est une perception d'un vécu qui se transforme en conçu, servant lui-même de point de départ pour une nouvelle observation, etc. Le journal est donc la trace du mouvement dialectique qui s'opère constamment entre le vécu, le perçu, le conçu. C'est la formation par excellence, dans la mesure où le sujet note ce qui vient altérer son état antérieur. »

 

Voilà, je viens de comprendre ce que j'ai perdu quand mon ordi a planté : c'est la trace de mon mouvement dialectique!

 

Ensuite la séquence évoque René LOURAU (3) : l'intérêt du journal du chercheur est de montrer par quelles influences personnelles sa recherche a été influencée.

 

Le journal à l'école ?

Essentiellement utilisé dans le mouvement de l'éducation nouvelle. Fait surprenant dans la mesure où justement, ce pourrait-être un outil pour les élèves présentant des difficultés scolaires pour passer de l'expérientiel au théorique, réappropriation/distanciation des savoirs.

 

Après cela, mais si j'y pense, c'était il y a déjà 3 jours (!!!), je me suis rendue compte que je ne comprenais pas ce que voulait dire dialectique, et puis, je ne comprenais pas bien les moments, non plus. Je suis allée voir sur le forum de la séquence. Une autre étudiante s'interrogeait sur la signification de dialectique. J'ai donc cherché d'abord sur Wikipédia et ça ne m'a pas aidée. J'ai retrouvé alors deux ouvrages dans ma bibliothèque, que j'avais acheté pour les lire un jour et, ô miracle s'y trouvaient : «La dialectique mise en oeuvre, le processus d'abstraction dans la méthode de Marx» de Bertell OLLMAN (4) et « Clefs pour le marxisme » de Roger Garaudy (5)

 

La dialectique mise en oeuvre. Le processus d'abstraction dans la méthode de Marx : Bertell OLLMAN, éditions Syllepse, 2005. 139p

 

Première partie, Introduction à la dialectique

1 – Qu'est-ce que la dialectique? P21-35.

J'en retiens :

La dialectique est une méthode d'étude, un effort systématique pour fournir une analyse de la société évoluant et se transformant en permanence. « Ce que nous comprenons du monde est déterminé par ce qu'est le monde, qui nous sommes et la façon dont nous conduisons notre étude » (6). Permet un lien entre le savoir et l'action. Part du fait que la réalité ne se réduit pas aux apparences, pour comprendre un élément de notre expérience quotidienne il faut voir comment il est apparu, s'est développé, s'insère dans le contexte ou le système.

 

La recherche dialectique commence par le tout et examine ensuite les parties pour voir comment elles interagissent. « En avançant du tout vers la partie, du système vers l'intérieur, la recherche dialectique a pour but principal de trouver et de tracer quatre sortes de relations : l'identité/différence, l'interpénétration des contraires, la quantité/qualité et la contradiction». La contradiction est une des particularités du capitalisme.

 

La contradiction est une des particularités du capitalisme. Là, ça me fait penser à Bernard Friot (7) lorsqu'il dit que le capitalisme a développé en son sein la Sécurité Sociale, qui est un système non capitaliste puisqu'il n'y a pas d'accumulation financière dans son fonctionnement.

 

« La dialectique est révolutionnaire parce qu'elle nous aide à voir le présent comme un moment que notre société traverse, parce qu'elle nous force à examiner d'où la société vient et où elle va comme partie intégrante de l'appréhension de ce qu'elle est, et parce qu'elle nous rend capables de comprendre qu'en tant qu'acteurs, aussi bien que victimes, au sein du processus dans lequel tout le monde et touche sont connecté, nous avons le pouvoir d'intervenir » (8)

 

 

 (1) L'anthropologie est la branche des sciences qui étudie l'être humain sous tous ses aspects, à la fois physiques (anatomiques, morphologiques et physiologiques, évolutifs) et culturels (socio-religieux, psychologiques, géographiques, etc.). Elle tend à définir l'humanité en faisant une synthèse des différentes sciences humaines et naturelles. Le terme, anthropologie, vient de deux mots grecs, anthrôpos qui signifie homme (au sens générique) et logos qui signifie étude (ou science).

Cette discipline vise particulièrement les faits anthropologiques, c'est-à-dire qui sont spécifiques à l'homme (comme homo ou anthrôpos) par rapport aux autres animaux : langages articulés et figuratifs, rites funéraires, politiques ou magiques, arts, religions, costumes, parenté, habitats, techniques corporelles, instrumentales, de mémorisation, de numération, de représentations spatiales et temporelles, etc. Elle s’appuie notamment sur l’étude comparative des différentes sociétés et ethnies décrites par l'ethnologie et envisage l'unicité de l'esprit humain à travers la diversité culturelle.

L'ethnographie est la branche de la discipline qui s'occupe de la collecte méthodique des données sur le terrain. Elle peut utiliser le dessin, la photographie, la notation musicale et la collecte d'objets.

 

(2) Henri Lefebvre (né le 16 juin 1901 à Hagetmau, Landes, et mort en 1991 à Navarrenx, Pyrénées-Atlantiques), est un sociologue, un géographe et un philosophe français

Il a étudié la philosophie à la Sorbonne, diplômé en 1920. De 1930 à 1940, il est professeur de philosophie. En 1940, il rejoint la Résistance. De 1944 à 1949, il est le directeur de la station de Toulouse de la Radio-diffusion française (R D F).

Son évolution au cours des années 1950 concernant la théorie marxiste, en particulier son rejet sans concession du stalinisme, lui vaut d’être exclu du PCF en 1958.

En 1960, il signe le manifeste des 121 pour le droit à l'insoumission dans la guerre d'Algérie.

En 1962, il devient professeur de sociologie à l'Université de Strasbourg, puis à Université de Paris X-Nanterre de 1965 à 1968. Il influence directement les étudiants qui initieront le mouvement de Mai 68, puis livre une analyse à chaud des évènements [1].

Il finit son parcours à l'Institut d'urbanisme de Paris.

 

(3) René Lourau (1933 - 2000), sociologue et intellectuel français. Professeur de sociologie à l'Université Paris VIII (en 1994), professeur de sciences politiques et de sciences de l'éducation à l'Université Paris VIII (en 1999).

Il est un des théoriciens de l'analyse institutionnelle ainsi que du concept d'implication, qui tente de proposer une construction théorique comparable aux conséquences du principe d'incertitude en physique. Très influencé par Henri Lefebvre, il s'est beaucoup intéressé sur la fin de sa vie aux travaux de Gilbert Simondon.

 

(4) Bertell Ollman est un penseur marxiste né en 1936 à Milwaukee, spécialiste de la dialectique.

 

(5) Roger Garaudy, né le 17 juillet 1913 à Marseille en France, est un universitaire, homme politique, philosophe et écrivain français

Protestant dans sa jeunesse, tandis que son père était athée et sa grand-mère maternelle fervente catholique, Roger Garaudy se revendique volontiers comme polémique et hérétique. Alors qu'il suit des études universitaires, il devient membre du Parti communiste français en 1933. Il est reçu cinquième à l'agrégation de philosophie en 1936. Mobilisé en 1939, il est déporté dans les camps vichystes d'Afrique du Nord (camp de Djelfa, Algérie) de 1940 à 1942, Il devient ensuite résistant. Devenu membre du Comité central du Parti en 1945, il est élu député communiste du Tarn (1945-1951), puis de la Seine (1956-1958), et sénateur de Paris (1959-1962). C'est à l'époque de sa députation qu'il rencontre et se lie d'amitié avec l'abbé Pierre, également député au sortir de la guerre.

 

(6) p22

 

(7) Bernard Friot, « L'enjeu des Retraites », La Dispute, 2010.

 

(8) p34

 

Hélène M.

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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