Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
17 h 15
Musique française et italienne du 16ème au 18ème, flûte de Pan et orgue à Valère
Je reprends !
Après 8h de travail ce matin, il m'a fallu manger, faire une petite sieste et nager.
Sur Les Essais, il est dit qu'ils ont été écrits sur une période de 20 ans durant laquelle Montaigne ne s'est pas consacré qu'à cela puisqu'il a été aussi gentilhomme ordinaire à la Cour du Roi, à la Cour, à l'armée, Maire de Bordeaux.
Au fil des pages il exerce son jugement sur divers sujets tout en nourrissant ses réflexions de textes antiques, de son expérience personnelle, d'un examen de soi. Le fondement de la sagesse, c'est la connaissance de soi.
La France est à cette époque baignée des oeuvres grecques et latines et leur étude doit rendre l'homme meilleur, favoriser son épanouissement (l'Humanisme). Erasme dira que la lecture passe dans les moeurs.
C'est aussi la période des guerres de religion, des assassinats. Montaigne commence les essais au moment des massacres de la Saint Barthélémy. Coexistent culture et barbarie.
Montaigne parle peu de son activité politique. Il est dans la lignée de Socrate «connais-toi toi-même ».
Voilà, ce que j'avais appris de plus et le moment était venu de me frotter au maître.
De « l'institution des enfants » p135-175
La version est modernisée, si bien que je n'ai pas été trop déroutée. La formulation ancienne est explicitée quand nécessaire. Le texte est tout d'une traite, pas de paragraphe. Il est plein de citations d'auteurs antiques et de formulations latines (traduites).
C'est un texte écrit à Madame Diane de Foix qui devant, donner naissance à un enfant lui demandait conseil sur la meilleure éducation.
C'est un texte très vif, presque une déclaration de guerre et je ne peux m'empêcher de penser que la virulence des ses propos est à la hauteur de la souffrance (est-ce le bon mot?) qu'il a connu durant ses années de collège.
En plus de ce qui était déjà cité dans les précédents textes lus, ce qui m'a surpris ce sont les contradictions que semblent receler cet extrait.
- volonté d'éveil de l'enfant, respect et attention qu'on doit lui porter/ conseil de ne pas laisser les enfants entre les mains des parents car ceux-ci sont trop doux, trop bienveillants. Conseil de les élever à la dure pour les préparer à tout (même à la torture...). D'un autre côté, Montaigne compare dans ce texte, l'éducation qu'il a reçu avec son père et qu'il a apprécié à celle qu'il a reçu au collège qu'il a détesté.
- Méfiance par rapport au savoir livresque, dit qu’on peut tirer leçon de tout/ son texte prouve qu'il est lui-même un très grand lecteur, et qu'il a un contact très rapproché aux livres.
J'ai le sentiment que Montaigne n'est pas un pédagogue, et tout d'abord car il n’a jamais eu à mettre en pratique ses conseils. Ceux-ci sont réactifs, c'est une sorte de revanche contre l'enseignement subi au collège de Guyenne.
Je suis séduite en grande partie par ce qu'il dit et d'un autre côté je ne peux m'empêcher de penser que si lui, Rabelais et Erasme n'avaient pas eu l'éducation qu'ils contestent tant, leurs réflexions n'auraient pas été aussi avisées.
Voilà, cette séquence m'a donnée envie de continuer à lire Montaigne, mais ce sera certainement pour plus tard, lorsque j'aurais pris ma retraite....
18h58
Anouar Brahem, Astrakan Café
Si j'ai pas écrit hier, c'est de la faute à Montaigne. 2 jours, plus de 13h à travailler dessus entre la lecture et l'écriture du journal de lecture. A la fin, j'en pouvais plus, mon journal de lecture est bâclé.
Pas assez synthétique, trop de prise de notes, pas de distance, de réflexions. En plus, vu la tempête, je n'ai pas pu aller marcher et du coup prendre un peu de hauteur.
Je suis trop lente. Je mets un temps fou pour digérer les connaissances, me les approprier et pouvoir jouer avec. Et là, les 13 heures ne sont pas suffisantes.
Je suis perplexe, travaillée.
Il est évident que je n'arriverai pas à tenir ce rythme de travail. Là c'est super, j'ai eu 4 jours mais c'est pas toutes les semaines comme ça. Ah si je pouvais faire comme Montaigne, me retirer dans mon château, ma librairie, faire des voyages en Italie....
Il faut que je me pose par rapport à ces études, que je réfléchisse. Pourquoi je les fais ?
Comment je les fais !
C'est pas pour changer de travail, j'ai pas envie de quitter les fous, je me sens bien avec eux, c'est ma famille, on est pareil.
Le diplôme? Oui, c'est vrai que le titre a pu jouer un rôle à un moment donné dans ma motivation. Je suis la seule de ma famille à ne pas avoir de doctorat, je n'ai qu'une licence. Fut un temps ça me gênait. Je me sentais « déclassée ». Mais plus maintenant, avec l'âge je me rends compte que j'ai fait tellement d'autres choses, parcourus d'autres mondes. C'est tout aussi riche même si ce n'est pas reconnu par l'université. D'un autre côté, pour poursuivre les études il faudra bien l'avoir cette licence. J'ai besoin du retour de l'institution pour continuer.
Je ne peux travailler seule, il me faut un vis-à-vis.
Il y a une question de rapport au savoir et au travail. Il y a ce plaisir à parcourir un chemin, à peiner dans les côtes, à se satisfaire de la vue une fois arrivée au sommet et s'apercevoir qu'il y a d'autres sommets à franchir. Il y a de si jolies rencontres, Montaigne en est une. A chaque fois, ça me transforme, je vois le monde autrement, mes avis changent, je change. C’est peut-être ça, une peur de la stabilité, de l'immobilisme? Étudier m'assure un mouvement constant que je n'ai pas l'impression de pouvoir trouver ailleurs avec une telle intensité, ou en tout cas pas de la même manière.
Il y a aussi une question de réflexion sur mes pratiques militantes et mon appétence pour les outils. J'ai vraiment envie de tester le journal comme outil militant, de mémoire mais aussi de réflexion sur l'action. Je rêve certainement, mais il faut aller y voir.
Il faut réfléchir!
J'ai vu que ça réagit pas mal sur le forum consacré à la première séquence. Demain, je m'y mets. J'en suis à 11h de travail aujourd'hui, ça suffit.
Hélène M.