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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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Georges Lapassade : La Fac ici et maintenant (Extraits d'un journal de route) (2)

 

La Fac ici et maintenant (Extraits d'un journal de route) (suite)

 

 

 

J'ai décidé tout à l'heure, après consultation de Nicole Meyer, de proposer à René Barbier, pour le numéro de Pratiques de formation qu'il prépare, quelques pages de mon Journal. Je le laisserai choisir et, en même temps, je diffuserai l'ensemble écrit à ce jour à quelques exemplaires seulement, si Nicole est d'accord pour les «éditer » (en reproduction simple) aux frais de son service.

 

 


Cette décision va certainement peser sur la rédaction quotidienne de mon Journal. J'en éprouve déjà les effets. J'écris en imaginant Jacques A., rédacteur en chef de ladite Revue, en train de me lire et de décider pour une raison actuellement imprévisible, que ça ne lui convient pas.

 

(...)

 

 

La réunion E.C.A. (l'équipe pédagogique) s'est tenue dans l'après-midi. J'y ai pris beaucoup de notes que je vais maintenant consulter pour les transcrire.

 

 

On avait annoncé sur la convocation pour cette réunion que les différents responsables de modules et d'axes (groupes d'U.V. sur un thème d'orientation, etc.) feraient un petit rapport sur l'activité de leur secteur.

 

 

Quand je suis arrivé, notre collègue Matalon, du département de psychologie, parlait de l'U.V. «observation systématique des conduites humaines », qui est à la fois une « U.V. d'orientation » et l'un des 7 «pré-requis » désignés par les psychologues comme obligatoires pour entrer plus tard en licence de psychologie.

 

 

Quelqu'un a fait remarquer alors qu'il y a contradiction entre « l'orientation » et le « pré-requis » : en effet, commencer à s'assurer des U.V. pré-requises dès le premier semestre, à l'époque dite « d'orientation », cela suppose qu'on est déjà orienté, qu'on a définitivement opté pour des études de psychologie ; ce qui rend inutile le semestre dit d'orientation, destiné à préparer des choix après un semestre, un an au plus tard.

 


Derrière cette contradiction, il y a une sorte de DEUG dans le DEUG : les psychologues pensaient que ce serait pour eux le seul moyen de préparer des étudiants à leur futur deuxième cycle, comme Matalon l'a confirmé, en ajoutant :

- On ne pourra peut-être pas recevoir en deuxième cycle de psychologie à Paris VIII les étudiants qui seront passés par la formation P.C.S....

 

 

Cette déclaration, assez « corsée », il faut le dire, n'a intéressé personne et même pas Maurice Courtois, qui fut pourtant l'un des instituants, dans la fac, des nouvelles formations, et qui est toujours président de la commission pédagogique. Il paraissait recevoir cette information comme anecdotique, sans importance alors qu'elle remettait en question tous les accords et, bien sûr, l'existence même de la formation P.C.S. !

 

 

 

J'ai essayé d'en savoir davantage, mais visiblement, cela n'intéressait personne ; on n'était pas là pour ça et Geneviève Jacquinot donnait déjà des signes d'impatience, essayait d'endiguer mon discours.

 

 

Lorsque j'assiste à des situations de ce type, j'ai toujours l'impression un peu désespérée que les gens ne voient pas les institutions, qu'ils ne les prennent pas en considération, et que c'est irrémédiable. Si j'interviens, malgré tout, sur ce terrain, je passe immédiatement pour un perturbateur ou pour un fou. Quelquefois, après la réunion, certains membres viennent me dire que c'était une intervention intéressante, - mais c'est très rare : d'ordinaire, l'impression s'installe que je parle trop, que je dérive continuellement, que je provoque, que je sors des rails, - de l'ordre du jour.

 

 

Si j'avais été maître à bord, j'aurais tout fait pour en savoir davantage, pour pousser Matalon, qui est l'un des dirigeants du département de psychologie, à nous en dire davantage là-dessus. Il soulevait un coin du voile sur un « mystère » qui ne laisse pas de m'intriguer : je me demande pourquoi actuellement, ce département fait le mort, pourquoi il laisse aller cette formation à la dérive, comme décapitée, pourquoi Frioux laisse lui aussi pourrir, alors qu'il paraissait tellement tenir à cette mise en place de la réforme.

 


On a l'impression que tout, dans la fac, devient chaotique.

 


Pourtant, les ethnométhodologues affirment que l'ordre est partout, qu'on produit continuellement de l'ordre dans les interactions sociales.

 

 

 

(...)

 

 

 

Georges Lapassade


Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech

 

 

 

voir : http://journalcommun.overblog.com

 

et : http://lesanalyseurs.over-blog.org

 

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