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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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Georges Lapassade : De Vincennes à Saint-Denis. Essais d'analyse interne rééd en ligne (28)

 

C'est pourquoi, certains effets se sont manifestés dès la rentrée d'octobre 1975 ; ils sont liés aux décisions prises par rapport aux diplômes de premier cycle: équivalents aux diplômes nationaux ou au contraire sans équivalence. Prenons un exemple significatif.

 

 

A la rentrée d'octobre 1975, le collectif des enseignants de sciences politiques, sous l'impulsion de G. Lapassade, a décidé d'exposer la situation aux étudiants. Il n’existe pas de diplôme de premier cycle de Sciences Politiques, ni à Vincennes, ni ailleurs. Cela n'est pas prévu dans la réforme. Par conséquent, si Vincennes doit fonctionner à partir de l'application intégrale de cette réforme, pour les trois cycles d'étude, comme les autres universités, un étudiant qui n'aurait obtenu qu'un premier cycle « vincennois » de sciences politiques ne pourrait pas continuer dans le second cycle. Il ne pourrait pas obtenir une licence, puis une maîtrise, puis un doctorat. Il pourrait seulement obtenir un diplôme vincennois de deuxième cycle qui sera probablement sans équivalence possible avec la licence et la maîtrise.

 

 

Le résultat de cette initiative enseignante : la quasi-totalité des étudiants qui entraient à Vincennes avec l'intention d'y étudier les Sciences Politiques ont décidé, après avoir été informés, d'aller s'inscrire au département de sociologie, pour y préparer l'équivalence du DEUG de cette discipline.

 

 

Pour comprendre les difficultés institutionnelles de la situation, il faut savoir que partout ailleurs (Paris I, Paris II...), là où existent la licence et/ou la maîtrise de Sciences Politiques, les étudiants ne peuvent être admis à poursuivre ces études de deuxième cycle que s'ils sont titulaires d'un DEUG de sociologie, ou de droit, ou de sciences économiques.

 

 

La situation est la même pour les Sciences de l'éducation. A-t-on vu se dessiner un mouvement de départ des nouveaux étudiants vers des disciplines dites « deuguées » ? Les candidats à des études de premier cycle de sciences de l'éducation à Vincennes ont-ils eu les mêmes réflexes que les étudiants de Sciences Politiques ? Se sont-ils tournés vers Psychologie ou Sociologie ? Il est difficile de répondre avec certitude. Ce qui est sûr, c'est que le mouvement n'a rien de comparable avec celui des étudiants candidats à un premier cycle de Sciences Politiques.

 

 

Cela tient à plusieurs raisons. On peut indiquer d'entrée que les enseignants en Sciences de l'éducation n'ont pas été unanimes sur l'analyse des textes telle que la faisait G. Lapassade. Une forte proportion d'enseignants, assez confiants dans la qualité de l'enseignement proposé aux étudiants, forts du très grand nombre d'étudiants inscrits dès le premier cycle... ont pensé qu'il ne fallait pas mettre vraiment en garde les étudiants contre les risques qu'ils prenaient en s'inscrivant en premier cycle de Sciences de l'éducation. L'idée de créer un rapport de force susceptible de jouer en faveur du département en cas de négociations avec le ministère a poussé le collectif  enseignant à poursuivre sa politique de recrutement...

 

 

Dans le cas spécifique du département de Sciences de l'éducation, on doit souligner que le département vincennois a une image de marque assez favorable parmi les enseignants et chercheurs des autres universités, et cela compte dans la confiance nécessaire pour prendre les risques dont nous avons parlés plus haut. Ce n'est pas le cas du département de Sciences Politiques qui a une très mauvaise image de marque vis-à-vis de l'extérieur. Les enseignants de Vincennes ont du mal, dans cette discipline, à faire reconnaître leur tentative de mettre sur pied un Anti, ou plutôt un Contre-Sciences Po !

 

 

Quoiqu'il en soit, ces mouvements accentuent le déséquilibre inscrit dans le système actuel de Vincennes. Ils risqueraient encore de s'aggraver si l'application de la réforme du deuxième cycle atteignait Vincennes de telle manière que les étudiants des départements « non-deugués » se trouvent dans une impasse avec un deuxième cycle « non-reconnu », non national, dans la mesure, évidemment, où les étudiants désireraient obtenir des diplômes nationaux, des titres de licenciés ou de docteurs en 3e cycle.

 

 

Reste à savoir si l'institution des diplômes nationaux doit être la politique de Vincennes. C'est le problème de fond ; remettons-le à plus tard.

 

 

Georges Lapassade

 

Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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