Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
En effet, une discipline comme les sciences de l'éducation n'existe, dans l'Université française, qu'à partir du deuxième cycle. On y accédait par les D.U.E.L. et les D.U.E.S. ; on y accède maintenant par le DEUG.
A Vincennes, exceptionnellement, il est possible de commencer des études de sciences de l'éducation en premier cycle grâce au statut expérimental. Au niveau national, on peut constater que, de même qu'il n'existait pas de D.U.E.L. de Sciences de l'éducation, il n'existe pas davantage de DEUG en cette matière. On voit bien, sur cet exemple que la création des DEUG n'a fait que reproduire grosso-modo, sauf pour les sciences juridiques et économiques, l'ancien système DUEL-DUES de la réforme due à Christian Fouchet en 1966. Ce qui entrera en contradiction d'ailleurs avec l'esprit du second cycle ; mais nous aurons l'occasion d'y revenir.
Un arrêté ultérieur a confirmé les décisions annoncées dans cette lettre. Ces décisions reconduisaient dans l'ensemble une cassure qui existait déjà à Vincennes ; en effet, les seules licences dites « à réglementation nationale », c'est-à-dire effectivement reconnues, comme on dit à Vincennes, étaient les licences des «lettres » (y compris toutes les langues enseignées à Vincennes) et de « sciences humaines » (psychologie, sociologie, histoire, géographie). La philosophie qui avait été « invalidée », (qui avait déjà perdu son habilitation) lors de « l'affaire Judith Miller» n'était pas autorisée non plus à délivrer le DEUG, malgré le dépôt d'une maquette conforme aux arrêtés ministériels.
De plus, seuls obtenaient une équivalence, les diplômes de premier cycle de l'Université de Vincennes correspondant aux mentions accordées du DEUG.
Par contre, le DEUG et le diplôme équivalent étaient refusés à des disciplines telles que le droit, l'économie politique, qui ne délivraient que des licences dites «libres».
Remarque : même « libres », ou sans « réglementation nationale», la licence donne certaines possibilités administratives : ce fait a contribué à masquer les inégalités réelles de statuts inscrites dès l'origine dans le système vincennois.
Un nouveau problème a surgi lorsque a été publié l'arrêté dérogatoire qui permet chaque année de continuer l'expérience spécifique de Vincennes (dérogations sur le contrôle des connaissances, etc.). Le nouvel arrêté spécifiait que seuls les bacheliers pourraient obtenir, à Vincennes, le DEUG, les non-bacheliers n'avaient droit qu'au diplôme dit «équivalent» là où le DEUG existait. Et cette équivalence n'était accessible aux non-bacheliers de Vincennes dans le système actuel que jusqu'au jour où sera publiée une réglementation concernant les nouvelles formes d'examen d'entrée des non-bacheliers dans les universités.
Cette disposition, qui n'a pas été annulée, était insupportable pour Vincennes. Il a donc été décidé que le DEUG ne serait délivré à personne, et que tous les étudiants de Vincennes, bacheliers et non-bacheliers, pourraient obtenir par contre les diplômes dits équivalents du DEUG.
La situation est donc la suivante :
- Vincennes est habilitée à délivrer des DEUG, conformément aux réglementations nationales. Cette habilitation existe toujours ;
- Mais l'enseignement correspondant aux DEUG n'a pas été mis en place. On a seulement organisé des enseignements facultatifs de premier cycle (12 U.V. de dominante, 4 de sous-dominante, 4 « libres »).
Pour le moment, les demandes de délivrance de ces diplômes de premier cycle sont rares ; les étudiants qui ont fait deux années à Vincennes au terme de l'année universitaire 1975-76 savent qu'ils sont pratiquement assurés d'aller jusqu'au bout des études de licence en 30 U.V. au cours de l'année 1976-77. Ceux qui se sont inscrits à Vincennes pour la première fois à l'automne 1975 peuvent espérer qu'ils passeront, mais cela ne paraît pas tout à fait assuré, par le même chemin.
Georges Lapassade
Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech
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