Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
Des conflits désamorcés
Jusqu'à ce jour, pendant cinq ans, Claude Frioux a pratiquement réussi à régler ces conflits d'intendance. Il n'y a pas que l'affaire des chargés de cours et des heures complémentaires, avec des manifestations chaque année, pour obtenir une « rallonge ». Il a encore, par exemple, l'arriéré pour le paiement des fluides : eau, gaz, électricité, le retard pour le paiement des créances...
Mais grosso-modo, la machine continue de tourner dans sa base matérielle. On a l'impression que le Secrétariat d'Etat sans faire de cadeaux (on n'est plus aux temps de l'abondance), est toujours prêt à lâcher le minimum, juste le minimum, pour empêcher l'asphyxie et la fermeture... Ce jeu ne permet plus le développement et l'innovation ; il permet seulement de survivre.
Pour revenir aux enseignants, il peut être intéressant de dire qu'il n'y a plus que 168 chargés de cours « état H », aujourd'hui. Le nombre des chargés de cours « état 2 », ceux qui assurent une U.V., compte tenu des 47 533 heures qu'ils ont fait à Vincennes en 1975-76, doit tourner autour de 630.
On voit donc qu'à Vincennes :
- les enseignants titulaires de rang A (obligation de service : 1 U.V.) assurent 126 U.V.
- les assistants et maîtres-assistants assurent 590 U.V.
- les chargés de cours « états 3 » assurent 340 U.V.
- les chargés de cours « états 2 » assurent 630 U.V.
Si l'on fait la somme, on obtient : 1686 U.V.
De ces chiffres, on peut tirer une moyenne de fréquentation des enseignements. Puisqu'en principe, chaque étudiant doit suivre 5 à 6 U.V. annuelles, on doit compter une moyenne de 100 étudiants par U.V. (on trouve ce nombre en multipliant par 5 la fraction 32000/1686).
Ce chiffre de 1976 est 4 fois supérieur à celui de 1969 qui était approximativement de 25 étudiants par U.V. Un tel chiffre qui doit « parler » aux enseignants du secondaire : comment faire cours à un groupe de plus de trente élèves ? semble être méconnu en « haut lieu ».
Ce nombre permet d'évaluer la dégradation des conditions actuelles du travail pédagogique à Vincennes... et explique, dans une certaine mesure, la désertion massive que l'on peut observer chez les étudiants, 2 ou 3 mois après la rentrée. Quand un groupe-U.V. atteint 100 à 150 étudiants dans une salle prévue pour 25 ou 30 personnes, cela est tout à fait ridicule et impossible à assumer ; d'où une sélection qui s'opère d'elle-même.
Georges Lapassade
Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech
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