Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
La liberté
L'entrée dans les salles de cours est totalement libre. Elle n'implique aucune inscription préalable, aucune exhibition d'une carte d'étudiant (il n'y a pas de contrôleurs, pas de « vigiles » musclés ou pas, et la preuve est ainsi faite qu'on n'en aurait évidemment besoin nulle part). Quand on connaît Vincennes, se promener aux alentours d'Assas ou de Clignancourt donne la nausée.
Il est évidemment difficile quand on fréquente surtout Vincennes d'établir des comparaisons et de mesurer la distance entre ce système et celui des autres universités. Mais, si nous prenons un terme de comparaison qui nous est familier : à l'U.E.R. de psychologie clinique de Paris VII (Censier) qui est pourtant un lieu réputé libéral, et qui l'est en effet, il existe un nombre limité d'étudiants dans chaque cours (30 environ par U.V.) et les autres ne peuvent qu'aller à Vincennes
Car Vincennes a refusé jusqu'ici le numerus clausus, la sélection à l'entrée, ainsi que l'application de la « Circulaire Soisson » qui exige la pré-inscription des étudiants dans leur pays d'origine : d'où l'accroissement rapide des effectifs... Par là, Vincennes à la fois se « singularise » et fonctionne comme un « déversoir » du trop-plein refusé ailleurs. N'oublions pas enfin que malgré les promesses, il est de fait impossible pour un non-bachelier d'aller ailleurs qu'à Vincennes. Mais on le voit, cette singularité est toute provisoire, du moins espérons-le! Elle cessera lorsque d'autres Universités ouvriront réellement leurs portes à des non-bacheliers, à des travailleurs, c'est-à-dire lorsque le système de Vincennes commencera à se généraliser à l'ensemble du système universitaire.
Cela se fera. On découvrira alors que ce « chaos » Vincennes dénoncé un peu partout était lié aussi au refus de l'innovation ailleurs, à un conservatisme renaissant qui se protégeait en se donnant, à Paris, sa « poubelle »...
Georges Lapassade
Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech
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