Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
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Il y a dans la recherche biographique le piège de vouloir traquer l'intime alors que c'est plutôt relier et délier le sens d'un advenu qui doit porter les entretiens. L'intime est une posture qui s'ancre dans la pudeur de ce qui n'a pas à être vu et entendu par respect ou par tradition, au risque d'un scandale, d'une gêne, d'une désorganisation de la structure interne familiale ou amicale ou encore personnelle. La littérature nous capte car elle ose ses espaces intimes. Elle est légitime à mettre sur la place publique ce qui est de l'ordre du caché. La place publique qu'elle soit faite d'une ou de plusieurs personnes. La place publique c'est quand l'autre nage dans les eaux du « on » heideggérien.
Comment, en palpant l'idée dans le désir de la littérature, garder la distance du concept baignant non dans la preuve mais dans l'éprouvé ? C'est entrer dans la confidence narrative du concept. Donner la parole à son cheminement, le laisser s'exprimer, se dire, se raconter. Laisser la pensée se penser et la parole se dire.
Il ne s'agit pas de trouver une place entre l'extime et l'intime pour la confidence. Il s'agit de donner à la parole son sens de l'éprouvé, sa part d'intimité dans l'extime.
La confidence hume l'atmosphère de l'intime. Nous sommes dans une relation humaine où les entretiens ne sont plus des interviews mais des conversations dans une atmosphère feutrée qui n'est pas à confondre avec l'idée que l'on se fait du confessionnal qui se penserait plutôt dans un « rendre compte » de ses égarements sur terre.
La confidence n'est pas à confondre avec l'intime. C'est un style qui ne s'enfle pas dans le discours. Elle s'accepte enjouée, fragmentée, argumentative alors que le discours est dans la contiguïté de l'œil du serpent de l'éloquence et de la démonstration. La démonstration est dans la capitalisation. C'est le poids, le nombre, la force qui rendent légitime comme les compétences ; d'où l'évaluation des compétences. Nous allons prouver, démontrer par la grille ou la comparaison des compétences que cette personne est légitime.
L'argumentation est dans le témoignage, l'éprouvé. Elle prend son temps. Elle donne de l'importance à ce que la démonstration passerait en courant car étant dans le quantitatif. La confidence est dans la sphère qualitative de l'argumentation, de la subjectivité, de la réponse avec ses ailes et ses trous. C'est la parole dite avec toute sa fraîcheur hésitante, enthousiaste... Avec sa vulnérabilité naissante. Les mots naissent et se laissent accueillir, nourrir.
C'est celui qui écoute et dit « je suis ton confident » qui est le confident de l'autre. C'est dans cette proximité de confidence que nait une grande amitié qui n'est pas de l'ordre des preuves amicales mais de l'exigence bienveillante de la parole naissante, de la parole partagée.
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