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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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Journal philosophique : jeudi 24 juillet

Jeudi 24 juillet

 

Lecture de notes à la fin du livre. Je n’ai pas à en parler, car elles reprennent grosso modo les idées exprimées dans le corps du texte. Je commence à m’interroger tardivement sur la tragédie, - le tragique -, autrement–dit sur ce qui fait dire à Nietzsche que la philosophie est née dans la tragédie. Cependant, il a suffit d’un coup de ciseaux – Socrate – pour qu’elle meure. Nietzsche ajoute par ailleurs deux autres raisons de la disparition de cette philosophie : la guerre contre les Perses et l’unification d’Athènes par le centre.

 

Après ce cours magistral sur la philosophie grecque, je me demande ce que je dois lire et pourquoi ?

 

Nietzsche, Seconde considération intempestive, de l’utilité et de l’inconvénient des études historiques pour la vie, Ed. Garnier - Flammarion, 1988, Trad. Henri Albert, introduction, bibliographie, chronologie de Pierre-Yves Bourdil.

 

Il ne s’agit pas d’un choix réfléchi, mais d’une simple succession chronologique. Je ne dois pas avoir la première considération, à supposer qu’elle existe. Je lis donc la seconde.

 

Une introduction en 67 pages que je lis rapidement - 3 heures - sans chercher à en retenir grand-chose, car il s’agit d’un commentaire sur un texte que je n’ai pas encore lu. Nietzsche contre l’histoire ! Alors que je viens de lire La naissance de la philosophie qui a l’air de plaider pour tout le contraire de cette position. Là où je m’attendais à une continuité, je m’aperçois du contraire, de la rupture déjà constatée avec Socrate. Paradoxalement, les Grecs ont fondé l’histoire et je ne crois pas que Nietzsche leur reproche cela. A l’inverse, il aurait plutôt tendance à privilégier une autre histoire, celle de la vie contre celle de la connaissance de l’histoire. Sinon, comment expliquer le fait qu’il ait écrit La Naissance de la philosophie à l’époque de la tragédie grecque ?

 

Nietzsche écrit cet ouvrage à l’âge de trente ans. Peut-on considérer qu’en l’écrivant, il avait en tête le projet ou l’œuvre du philosophe tel qu’il le définit ?

L’auteur essaie de se justifier d’entrée de jeu dans la préface. C’est contre la tendance historique dominante en Allemagne de son époque qu’il rend publique cette Considération inactuelle. Il dit avoir fait la preuve par lui-même de l’inutilité de l’histoire, notamment en travaillant sur les anciens Grecs. « Ceci du moins j’ai le droit de me le concéder à moi-même, de par ma profession de philologue classique. Car je ne sais pas quel but pourrait avoir la philologie classique, à notre époque, si ce n’est d’agir d’une façon inactuelle, c’est-à-dire contre le temps, et par là même, sur le temps, en faveur je l’espère, d’un temps à venir » p.73.

 

La nécessité de l’oubli pour pouvoir vivre. Nietzsche dit que l’homme est jaloux de l’animal. Il donne l’exemple d’un troupeau de vaches au pâturage dans le bonheur de manger, bouger et dormir. L’homme n’en serait-il pas envieux ? L’homme est dans l’incapacité d’oublier. Mais peut-on vivre sans oublier, à l’instar de quelqu’un que l’on empêcherait de dormir ? « Il y a un degré d’insomnie, de rumination, de sens historique qui nuit à l’être vivant et finit par l’anéantir, qu’il s’agisse d’un homme, d’un peuple ou d’une civilisation » p.78.

 

« Et voici précisément la proposition que le lecteur est invité à considérer : le point de vue historique aussi bien que le point de vue non historique sont nécessaires à la santé d’un individu, d’un peuple et d’une civilisation » p.79. Cette proposition intervient à la suite d’une explication sur le poids du souvenir pesant sur ceux que l’on appelle les faibles : il suffit d’évoquer n’importe quel fait minime du passé pour que la personne s’effondre. Les plus forts ne sont pas touchés, ils savent aller de l’avant dans toutes les situations.

 

Plus de vie et moins de sagesse, c’est ce que l’auteur réclame, laissant ainsi la sagesse aux historiens qui ne vivent pas leur vie. Faire de l’histoire, c’est traiter des phénomènes passés, morts. A qui cela sert-il ? « Laissons les morts enterrer les morts !» En revanche, lorsque l’histoire est au service de la vie actuelle, elle devient intéressante aux yeux de Nietzsche. L’histoire ne doit pas devenir une science pure.

 

« L’homme conclut que le sublime qui a été autrefois a certainement été possible autrefois et sera par conséquent encore possible un jour » p.90.

 

Le possible est constamment présent dans ma démarche et je cherche à l’approfondir.

 

A qui appartient l’histoire ?

 

Benyounès Bellagnech
http://lesanalyseurs.over-blog.org/

         

    

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