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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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Journal philosophique : mercredi 23 juillet

Mercredi 23 juillet

 

Hier, après une journée de lecture fructueuse, je me suis accordé un peu de repos. Je suis sorti pour marcher un peu dans le parc des Saules. En marchant, je me suis interrogé sur la possibilité de continuer à philosopher ou à méditer. C’est impossible, car je ne sus par quel bout commencer et j’ai très vite abandonné cette idée pour je ne sais quelle raison. J’ai voulu probablement prolonger l’idée d’admiration qu’accorde Nietzsche aux présocratiques dont la philosophie est intimement liée à leur mode de vie.


Je poursuis ma lecture. J’en suis à la page 71. Nous ne percevons que le superficiel. L’œil, ou le miroir de l’œil, reflète ce que l’on voit et l’oreille ce que l’on entend. L’art s’appuie sur ces sens. La science s’intéresse à la quantité. L’art est la force qui crée. « Il faut que la science montre enfin son utilité ! Elle est devenue nourricière, au service de l’égoïsme : l’Etat et la société l’ont prise à leur service pour l’exploiter à leurs fins » p.73.

« L’état normal est la guerre : nous ne concluons la paix que pour des époques déterminées » p.73.


Je ne peux pas m’empêcher de reprendre ce qui suit :

« Le concept du philosophe et ses types. - Qu’y a-t-il de commun à tous ?

Soit il est le produit de sa civilisation, soit il lui est hostile.

Il est contemplatif comme les artistes plastiques, compatissant comme le religieux, logique comme l’homme de science : il cherche à faire vibrer en lui tous les accents de l’univers et à exprimer hors de lui cette symphonie en concepts. L’enflure jusqu’au macrocosme et avec cela l’observation réfléchie – tout comme l’acteur et le poète dramatique qui se métamorphose et reste cependant conscient de se projeter à l’extérieur. La pensée dialectique coulant là-dessus comme une douche (je souligne).

Singulier Platon : il est enthousiaste de la dialectique, c’est-à-dire de cette réflexion » p.75.

« Le saut d’une possibilité à l’autre, toutes sont prises provisoirement pour des certitudes. Cela est là, d’une possibilité à une certitude et de nouveau à une possibilité » p.77. Cela m’intéresse que Nietzsche aborde la possibilité d’une manière dialectique.

« Que la pensée avance avec plaisir ou déplaisir est tout à fait essentiel : celui à qui cela crée un véritable inconvénient est précisément moins disposé à cela et, aussi bien, il ira loin : il se contraint et dans ce domaine ce n’est en rien utile » p.85.

« Un savant génial est-il conduit par un pressentiment juste ? Oui, il voit précisément des possibilités sans appuis suffisants : mais sa génialité se montre du fait qu’il tient une telle chose pour possible. Il suppute très rapidement ce qu’il peut à peu près démontrer » p.85.

« C’est sur L’impossible que l’humanité se perpétue, ce sont ses vertus - l’impératif catégorique, comme la prière ‘enfants aimez-vous’, sont de telles exigences de l’impossible.

La pure logique est donc l’impossible grâce auquel la science se maintient.

Le philosophe est le plus rare au milieu de ce qui est grand parce que le connaître ne vint à l’homme qu’accessoirement et non comme don originel. C’est aussi pourquoi il est le type supérieur de ce qui est grand » p.127.


Je viens de lire plusieurs pages sans reprendre ce que je lis. Il y a certes des extraits intéressants sur l’instinct de la connaissance, la mémoire, le plaisir et le déplaisir,  l’homme et la nature, mais je ne me force pas à tout reprendre. Est-ce utile ou nécessaire de tout retenir de ce que je lis ? Je ne crois pas que cela est possible, donc je me résous à la problématique qui me préoccupe en ce moment à savoir la théorie du possible.


Je fais une petite pause et je pense à ce que je suis en train de faire. En fait pourquoi est ce que je lis Nietzsche ? La réponse se trouve dans la conclusion de ma thèse : le temps de la critique.


A partir de la page 137, Nietzsche commence à évoquer l’imitation, et je sens venir les propos sur ce que l’on appelle aujourd’hui l’éducation ou la pédagogie. Je vais essayer d’être plus attentif à ce qui va suivre.


Parmi les philosophes grecs « celui qui possède au maximum la tendance démocratique et pédagogique est Socrate : le résultat en est la fondation des sectes, donc une preuve contraire » p.167.

« Pour nous : le philosophe est en conséquence la cour suprême de l’école. Préparation du génie : car nous n’avons pas de civilisation. Du diagnostic du temps, il résulte pour l’école :

1-Destruction de la sécularisation (pénurie de la philosophie populaire) ;

2-Maîtrise des effets barbares de l’instinct du savoir (en s’abstenant soi-même des subtilités philosophiques).

Contre l’histoire ‘iconique’ 

Contre les érudits ‘populaires’.

La civilisation ne peut jamais provenir que de la signification unifiante d’un art ou d’une œuvre d’art. La philosophie préparera involontairement la contemplation universelle de celle-ci » pp.167-169.


Exposé continu : je passe de la lecture des fragments à la lecture d’un exposé continu. Comment vais-je lire cet exposé ? Je verrai. Cet exposé concentre moult idées qui peuvent être toutes des références pour comprendre la philosophie de Nietzsche. Je ne souligne pas deux ou trois passages expliquant une fois encore le concept et glorifiant l’intuition contre la raison sur la base de la lecture de la pensée présocratique et notamment Héraclite : le feu.


« La logique n’est que l’esclavage dans les liens du langage. Celui-ci a cependant en lui un élément illogique, la métaphore, etc. La première force opère une identification du non - identique, elle est donc un effet de l’imagination. C’est là-dessus que repose l’existence
des concepts, des formes, etc.

‘Lois de la nature’. De simples relations de l’une à l’autre et à l’homme. » p.207.

« Il n’y a pas d’instinct de la connaissance et de la vérité, mais seulement un instinct de la croyance à la vérité ; la connaissance pure est déniée d’instinct » p.209.


J’ai souligné par ailleurs que l’instinct de la connaissance existe. Il me semble que l’auteur veut parler ici de la connaissance scientifique et historique. A vérifier.

Les pages 217-219 confirment ce que je viens d’avancer sur l’instinct de la connaissance. L’auteur explique dans le chapitre intitulé « La science et la sagesse en conflit », la provenance de l’instinct de la connaissance scientifique.

« Socrate, simple aveu de ma part, m’est si proche que je suis en perpétuel combat avec lui » p.219.


J’avais croisé la phrase ci-dessus dans ou au cours de la lecture de « La naissance de la philosophie… » et cette fois-ci, je décide de la reprendre à mon compte.


Les passages que je viens de lire me font penser à l’implication. Nietzsche nous dit que la philosophie qu’il préfère est celle de la vie et donc des présocratiques. Leur vie, leur comportement et attitudes, etc. correspondent à leur pensée. Ce n’est pas seulement de l’implication dont il s’agit, mais aussi de la congruence.


Avec Socrate et la naissance de l’individu, les choses se dégradent et le christianisme achève l’âge d’or de la philosophie hellénique. « L’hellénisme archaïque a manifesté ses forces dans la série de ses philosophes. Avec Socrate s’interrompt cette manifestation : il cherche à se produire lui-même et à répudier toute tradition » p.227.

« Comprendre le monde à partir de la souffrance c’est ce qu’il y a de tragique dans la tragédie » p.229.


Avant de fermer ce livre, je dois lire les notes et la biographie.

 

Benyounès Bellagnech
     http://lesanalyseurs.over-blog.org/            

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