Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
L’analyseur 11 Septembre
Le Totalitarisme est le fait majeur de notre temps
Claude Lefort
« La mondialisation, d’abord annoncée de façon prophétique et quasi-métaphysique (Heidegger) puis plus concrète (K. Axelos) par les philosophes, se décèle aujourd’hui dans la pratique, de la vie quotidienne aux espaces stratégiques »[1] Henri Lefebvre
Le mardi 11 septembre 2001, vers 15 heures, un ami m’appelle au téléphone, pour me dire de regarder la télévision car il se passe quelque chose de grave aux Etats-Unis. Comme probablement des centaines de millions de gens dans le monde, je suis resté suspendu devant l’écran pendant plusieurs heures à suivre le développement des événements. Ce n’était pas de la fiction, c’était bien les deux tours célèbres du World Trade Center qui venaient d’être attaquées et qui se sont effondrées par la suite. Un autre avion venait de se crasher sur Le Pentagone à Washington, tandis que le quatrième avion qui devait s’écraser contre la Maison Blanche, venait de s’écraser loin de sa cible. Nous venions de vivre, par médias interposé, un événement inédit, inouï et en direct, lequel sera connu par la suite sous le nom Des attentats du 11 septembre.
En quoi le 11 septembre serait-il analyseur mondial ?
Qu’est-ce qu’un analyseur ? Georges Lapassade propose la définition suivante : « Dans les sciences sociales, le terme analyseur est neuf. On ne l’utilise pas encore. Je le définirai en disant qu’il est : tout ce qui fait surgir la vérité de ce qui est caché ; tout, c’est-à-dire, groupe, individu, situation, événement, scandale… »[2]. Une autre définition ne serait pas de trop : « L’analyseur naturel est un événement qui survient de manière inopportune et qui permet l’énonciation et la compréhension des contradictions de l’institution en dehors de tout dispositif construit, et souvent contre la parole instituée »[3]. Les attentats ont donné lieu à trois types de discours institués :
1- Le discours dit officiel, c’est à dire le discours des responsables politiques, qui consiste à condamner et à prendre des mesures pour riposter à l’agression.
2- Le discours médiatique des journalistes, lesquels essaient bon an mal an de relater les événements, de transmettre les discours des officiels, mais rarement les faits. Je vais essayer d’en expliquer plus loin les raisons.
3- Le discours des spécialistes de tout poil, consultants, stratèges, communicants en sciences politiques, et parfois des exégèses en théologie – ces derniers ont été particulièrement sollicités pour expliquer aux communs des mortels l’islam et ses différentes tendances, écoles, etc.
Ces trois types de discours institués ont en commun, d’abord la condamnation sans appel des attentats, l’interprétation des faits d’un seul point de vue - en mettant en garde contre toute tentative d’interprétation autre que celle développé par les autorités officielles, et enfin l’unanimité et l’union sacrée autour des mesures à prendre pour lutter contre le terrorisme. En somme tout le monde part tambour- battant à la guerre.
Du point de vue politique, je dis bien le politique au masculin et non pas la politique au sens commun. « Il s’agit de se démarquer, du sens commun bien sûr, mais aussi et peut être plus encore, de ce qu’il est convenu d’appeler, depuis quelques décennies, les sciences politiques (…)Le politique sera donc l’affaire de la pensée tandis que la politique est l’objet de la science ».[4] « Les sciences, du fait qu’elles sont multiples, ne peuvent produire que des séparations supplémentaires dans le réel. Elle découpent leur champ d’investigation, elles isolent leur objet, et du même coup excluent, rejettent tout ce qui sort du champ ou de l’objet. Elles charcutent la totalité de l’expérience, l’ensemble des déterminations d’une situation, afin de fournir leur diagnostique spécialisé, lequel sert principalement (lorsqu’il sert à quelque chose) à renforcer le saucissonnage de la réalité, son quadrillage, son contrôle »[5]. Notre démarche tentera de se démarquer de l’approche dite scientifique. En revanche, elle s’inspirera largement de l’approche de l’Analyse institutionnelle du Politique.
Marx et Engels avaient commencé leur ouvrage célèbre Le Manifeste communiste, daté de 1847, par la non moins célèbre expression de la bourgeoisie dominante à l’époque, un spectre hante l’Europe, il s’agit du communisme, on peut dire aujourd’hui qu’un spectre hante le monde, il s’agit du terrorisme. Les mêmes Marx, Engels, suivis par Lénine, Trotski, Mao et bien d’autres penseurs ont essayé de démasquer l’idéologie capitaliste, en démontrant que c’était le système capitaliste qui était sur la bonne voie de la domination sur le monde. Dès lors, l’histoire de l’humanité se résumait à la lutte entre deux blocs socialiste et capitaliste, notamment après la révolution de 1917. Les guerres coloniales battaient leur plein, suivies par les deux grandes guerres et ensuite la Guerre Froide, qui au fond n’est pas moins chaude que les précédentes, mis à part le fait que son théâtre était l’Asie, l’Afrique, et l’Amérique latine. Autrement dit, ce fut une guerre entre les deux blocs, menée sur des terrains lointains par des forces interposées - Ce dernier point peut servir à éclairer, d’un certain point de vue, le 11 septembre -. La chute du mur de Berlin, l’effondrement de l’Union Soviétique et les disparitions successives des régimes communistes, n’ont pas pour autant apaisé les tensions. Bien au contraire, les conflits périphériques se sont accentués, et nous avons assisté, ici et là, à des guerres inédites, dont certaines ne seraient pas prêtes à s’arrêter.
Une fois passé l’effet de l’horreur, de la surprise, de l’émotion, de la condamnation unanime et sans appel, nous assistions aux rites du deuil - le 14 septembre, j’ai été contraint à participer à 3 minutes de silence décrétées par nos responsables politiques et nos représentants institutionnels – Je me suis posé la question suivante : pourquoi nous ne décréterions pas une minute de silence à chaque fois qu’il y aurait un mort à cause d’une guerre - qui se déroulerait n’importe où sur la planète et à n’importe quel moment. Mon souhait va très vite se transformer en naïveté et en illusion. Au fil des jours, des semaines et des mois, la boîte noire (tiens, voici un mot assez utilisé en socioanalyse) commence à dévoiler ses secrets :
Les auteurs des attentats sont désormais connus, il s’agirait de 19 arabes de nationalité saoudienne pour la plupart et qui auraient tous péri avec les 3 000 victimes et non pas avec 10 000 - chiffre avancé juste après les événements…
Les commanditaires sont connus, il s’agirait du réseau Al Qaida et du régime afghan taliban, d’où la célébrité d’Oussama Ben Laden, qui est arabe saoudien et du mollah Omar, musulman afghan. Les deux chefs ont été localisés en Afghanistan.
Ben Laden - bien qu’il soit d’origine yéménite et de nationalité saoudienne - s’avère être un pur produit made in USA. En effet il a été formé et entraîné par les soins de la CIA. La boîte noire n’en finit pas de révéler ses secrets…Le régime taliban et le réseau Al Qaïda ont largement bénéficié du soutien et de la bienveillance des Américains et pour cause : Il a fallu gagner la guerre contre l’occupation soviétique (L’Empire du Mal nous disait-on) en Afghanistan. Le pari fut gagné, le prix payé. Par contre, les conséquences, tout le monde s’en est moqué, sauf peut être les milliers de morts, de blessés et leurs proches. Ceux qui ont échappé à la mort n’intéressent pas du tout les vendeurs de la connaissance et du savoir institués.
Le réseau Al Qaïda ne serait apparemment pas un groupuscule islamiste, agissant uniquement en Afghanistan, mais il nous est présenté comme une sorte d’international islamiste (un spectre qui hante le monde entier et qui menace la liberté et l’humanité).
Il arrive au sorcier assez souvent de ne pas dévoiler ses secrets, on ne veut pas nous dire que les islamistes tels qu’ils sont aujourd’hui ou tels qu’on nous les présente n’existaient pas sur la scène politique internationale et qu’il a fallu les créer, les former, les financer pour enfin trouver un ennemi qui s’appellerait le terrorisme. Dans les années 70, ces groupes ont commencé à voir le jour. Leurs ennemis à l’époque n’étaient pas l’impérialisme, mais les étudiants, les intellectuels et les défenseurs de la liberté et de l’émancipation. Leur sale boulot était le bienvenu, car il facilitait et simplifiait les affaires des monarques, des dictateurs qui étaient au service de l’impérialisme. Les exemples à ce sujet seraient éclairants. Toutefois, l’urgence et le sujet de cet article ne permettent pas de développer dans le détail ces propos.
Revenons maintenant aux Américains d’avant le 11 septembre. On se souvient de quelques épisodes frôlant l’anecdote politique, mais qui donnent à voir comment fonctionne la représentation politique dans la première puissance mondiale. Tout le monde se souvient des dernières élections présidentielles, à l’issue desquelles le candidat démocrate fut battu, à cause, fort probablement, de quelques voix des teneurs de l’ordre moral divin. L’indiscrétion de Monika sur ses relations sexuelles avec Bill Clinton, avait favorisé le camp conservateur et par là-même l’élection de G.W.Bush qui n’est autre que le fils G.Bush, ancien président américain. N’essayez surtout pas de faire des comparaisons avec des monarchies ou avec des dictatures, car dans un pays démocratique, comme les Etats – Unis, ce sont les citoyens qui votent librement, quitte à voter pour le père et ensuite pour le fils !!! Le libidinal n’a rien à faire avec la démocratie, diraient les spécialistes. Il n’y a que les Institutionnalistes qui s’intéressent à ces « faits mineurs », pourraient rétorquer ces mêmes spécialistes en « science politique ».
Souvenons-nous également des conditions, dans lesquelles les résultats de ces élections (américaines) ont été annoncés, après un long périple de comptage et de recomptage des bulletins de vote à tel point que des Africains, surpris par la lenteur dans l’annonce des résultats, s’étaient proposés de compter ces bulletins, dans un bref délai. N’oublions pas non plus l’imbroglio juridique et les mises en scène successives des avocats célèbrissimes, défendant l’un ou l’autre des candidats en lisse. Les médias en raffolent et auraient aimé que ce spectacle à plusieurs épisodes se poursuive, amusant ainsi la galerie et occupant les foyers des millions des petites gens.
Dans le même temps, d’autres spécialistes et stratèges poursuivaient la préparation d’un projet militaire colossal baptisé NMD, - projet de bouclier antimissiles -, visant à assurer la sécurité des Etats-Unis et de leurs alliés occidentaux, contre d’éventuels attaques des missiles transnationaux de longue portée, en provenance des « Etats voyous » ( Il s’agit de l’Iraq que le père Bush a réduit à l’âge de pierre, la Libye, la Syrie, l’Iran, la Corée du nord et le Pakistan; il y a moins d’un an, l’Afghanistan n’existait pas encore !). Remarquez le langage policé de la super puissance mondiale. Projet controversé un peu partout dans le monde, car sa réalisation remettrait en question les traités relatifs à la limitation et à l’équilibre des forces héritées de la Guerre Froide. L’élection in extremis de Bush junior a mis fin à la polémique sur cette question, puisque le nouveau président et la nouvelle administration avaient d’ores et déjà pris la décision de poursuivre ce programme d’armement qui figurait paraît-il dans leur programme électoral.
« Après le 11 septembre, rien ne sera plus comme avant » Le Monde DOSSIERS & DOCUMENTS daté de mai 2002.
En effet, depuis ce jour l’humanité va entrer dans une nouvelle phase, que George Walker Bush s’efforcera de définir au rythme de la guerre totale contre le terrorisme. Elle sera dure, pénible, longue, elle peut durer 50 ans s’il faut. – On ne reviendra pas sur le fait que les attentats ont été perpétrés par le biais d’avions civils, détournés sur le territoire américain, par des pirates de l’air, formés par des pilotes américains aux Etats Unis. Si on insistait sur cela, il y aura des petits malins qui diront : à quoi sert le bouclier antimissiles. Pendant la guerre sainte, il ne faut surtout pas se poser des questions et chercher à comparer l’incomparable !
Très rapidement, une coalition internationale est mise en place, les autres puissances militaires sont mises à contribution, dont la France – n’en déplaise à ceux qui s’obstinent à résister au concept de l’Implication – M.Bush a prévenu : « Vous êtes avec nous ou vous êtes contre nous ». Logique binaire, laquelle sera renforcée plus tard par des propos, désormais célèbres ( choc de civilisation, guerre de civilisation, guerre contre le Mal…) . C’est bon, nous avons compris, le Bien va s’attaquer au Mal, il va l’éradiquer. Ca me rappelle un peu la guerre des Croisades, pas vous ?
Quant aux moyens déployés en terme financiers, technologiques et humains, je vous laisse le soin d’aller consulter les moyens de communication, assez faciles et assez accessibles pour celui ou celle qui voudrait bien savoir ce qui se passe sur le terrain de la sainte guerre contre le terrorisme.
Pour ceux qui seraient un peu optimistes, à l’orée du 21ème siècle, espérant une régulation, un éventuel droit international qui remettrait du désordre dans l’ordre annoncé, je propose cet extrait d’un article de journaliste : « En claquant la porte du tribunal international, la superpuissance américaine veut affirmer son statut d’exception, comme elle l’avait déjà fait en refusant le protocole de Kyoto contre l’effet de serre, puis le traité CTBT censé interdire définitivement les essais nucléaires. Cette fois pourtant, l’administration Bush franchit un degré de plus, en droit comme en pratique : elle entend annuler les effets juridiques de la signature de Bill Clinton et œuvrer ensuite à la marginalisation de la Cour internationale, instituée le 11 avril après la ratification du traité par 60 pays » ( LE FIGARO daté du mardi 7 mai 2002; - Je rappelle que ce journal est disponible gratuitement à la fac).
La guerre ne serait-elle pas le nerf de L’Histoire ?
Pour revenir à notre savoir institué et pour clore provisoirement ce chapitre, je dirai qu’une division de travail bien ficelée est mise à l’œuvre dans cette guerre nouvelle du 21ème siècle, consistant à distribuer les rôles sur certains acteurs :
- Aux responsables politiques élus ou imposés, selon les cas, de dicter ce qu’il faut ou ce qu’il ne faut pas faire, ce qu’il faut penser ou ne pas penser et enfin les questions qu’il faut ou qu’il ne faut pas poser.
- Aux journalistes de faire voir ou de donner à lire ce que dictent les responsables sus-cités, au bon vouloir de ces derniers. – depuis la guerre du Golfe, les journalistes ont appris, à leur insu, qu’il étaient désormais écartés des champs de bataille, d’action et d’événement. Ariel Sharon a bien retenu la leçon et a bien pu mener son offensive dans les territoires occupés, sans images, ni sons, ni écrits, ni témoignages : tout cela au nom de la lutte sacrée contre le terrorisme.
- Aux spécialistes, savants, consultants et experts d’expliquer aux communs des mortels, pardon je veux parler de l’opinion publique, ce qui se passe, comment et pourquoi, ce qui pourrait faire l’affaire des vendeurs de papiers – j’ai appris ces derniers temps que le livre du Coran est introuvable dans les librairies et que les libraires ont du mal à répondre à la demande des clients qui cherchent probablement à comprendre pourquoi des gens se tuent de cette manière !
- Qui serait impliqué dans tout cela ? Eh bien nous tous, parce que nous sommes là et nous participons d’une manière ou d’une autre à la vie de l’humanité en ce début du troisième millénaire.
« La clé des champs, on le verra, essaie de n’être ni une fausse clé de cambrioleur, ni un passe-partout de concierge et gardien de nuit, dans cette fabrique de ténèbres qu’est la barbarie néo-libérale, dont (les programmes scientifiques) répandent en moi la terreur, lorsque je songe à l’avenir qui à la vitesse grand V fonce sur mes enfants. C’est R.Lourau qui souligne »[6].
Deux Faits : le 11 septembre 2001, mon fils âgé de 7 ans, en découvrant les images des attentats à la télé s’est mis à pleurer.
Le soir du 21 avril 2002, à 20 heures à l’annonce des résultats du premier tour des élections présidentielles, le même enfant s’est mis aussi à pleurer.
Bien évidemment, il est difficile de demander à un enfant pourquoi il pleure en regardant des images à la télévision. Je cherche à comprendre, comme un modeste chercheur qui observe un phénomène qui se reproduit de la même manière en deux temps différents et en regardant des images qui à priori n’ont rien de commun.
Avant le 21 avril, la France donnait l’impression qu’elle vivait sur un rythme bien déterminé, bien connu, bien prévisible, les scientifiques, les techniciens, les sondeurs, et tout le monde faisait bien son travail. Tout d’un coup, à 20 heures, c’est la surprise, c’est le choc, c’est le tremblement de terre, c’est le séisme …
La transe est un état de conscience modifié ou altéré. A partir de ce soir là, la France entre en transe, et ce pendant 15 jours.
Revenons d’abord aux expressions : choc, horreur, surprise… Ce sont à peu de choses près les mêmes termes utilisés le lendemain du 11 septembre et du 21 avril. Première comparaison possible, révélatrice de bien des leçons :
Dans les deux cas, nous avions affaire à l’effet de surprise, à un phénomène inattendu, imprévisible, pas du tout envisageable…Pourquoi ? Parce que nous vivons dans des sociétés où la certitude scientifique et technologique est tellement ancrée dans tous les domaines de la vie, ce qui ne laisse plus de place au doute ni au questionnement.
La division sociale et la division de travail sont tellement bien définies scientifiquement, ne laissant ainsi plus de place à d’éventuels aménagements ou remises en question, sauf en cas de crises graves - et encore ces dernières ne sont pas prévues.
Avant le 21 avril, tout le monde ou presque faisait en sorte que le 11 septembre n’existe plus, - c’est du passé-, la suite des événements a été laissée aux spécialistes de tout genre : militaires, stratèges, experts, humanitaires, journalistes passionnés…En somme, c’est le respect religieux de la division du travail à l’échelle mondiale.
La période de la campagne électorale a été marquée par le discours sur l’insécurité en France et uniquement en France, comme si ce pays était coupé du reste du monde, de l’Europe… et que dans le même temps les Américains se chargeaient de rétablir la sécurité dans le monde en s’appuyant sur la théologie de la machine de guerre.
La transe d’après le 21 avril a pointé certains fléaux qui rongent la France : le racisme, la xénophobie et la haine, mais le pays a fini par se débarrasser de ces questions en votant majoritairement pour la République du salut. Après le 5 mai, tout est rentré dans l’ordre établi et le FN demeure le premier parti organisé du pays, compte-tenu des voix des citoyens obtenus aux dernières élections par rapport au reste des autres partis politiques.
Depuis le 11 septembre, des terroristes ont été montrés du doigt : ils ressembleraient aux arabes ou aux musulmans, ils se dissimuleraient partout dans le monde et surtout en occident ; il faudrait donc vite les éliminer. Tiens, ça rappelle un peu les croisades, ou les Indiens d’Amérique ...
En France, la République est sauvée. D’autres pays européens ont fait la même chose, il n’y a pas si longtemps et les autres suivront très probablement. Qui a dit que l’histoire ne se reproduisait pas ?!
En France, les choses sont rentrées dans l’ordre sous la bannière de la République et gare à celui qui n’a pas appris la Marseillaise par cœur, symbole religieux de la République laïque. Depuis le 11 septembre, beaucoup de choses sont en train d’entrer dans l’ordre mondial sous la direction des Américains.
Le local ne peut être pensé sans le mondial, et ce dernier ne peut être pensé sans le premier. Le politique ne peut être pensé sans la remise en question et sans la critique radicale de tous les allants de soi, concepts, notions, slogans, symboles… Dans cette perspective, l’organisationnel doit être également questionné du point de vue de la Division sociale, du travail et des rôles. Toutes les représentations politiques, religieuses, idéologiques, ethniques ou autres doivent par ailleurs être soumises à l’arme de la critique.
Benyounès Bellagnech
http://lesanalyseurs.over-blog.org/
[1] Henri Lefebvre, De l’Etat Tome III, Le mode de production étatique, Paris, UGE, coll. 10/18, 1977, p 133.
[2] Georges Lapassade, L’arpenteur, une intervention sociologique, Paris, Ed EPI, 1971, p 23.
[3] Remi Hess et Antoine Savoye, L’analyse institutionnelle, Paris, Que sais-je ?, 1981, p 73.
[4] Hugues Poltier, Claude Lefort, La découverte du politique, Paris, Ed Michalon, 1997, p. 50.
[5] René Lourau, L’Analyseur Lip, Paris, Ed UGE, 1974, p.14.
[6] René Lourau, La clé des champs : Une introduction à l’analyse institutionnelle, Paris, Ed Anthropos, 1997, p.10.