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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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Remi Hess : Journal des idées : 6 mai 2009

Lecce, le 6 mai 2009, 10 h


Plaisir de voir Carla (de Palerme), en entrant dans le théâtre Astragali où j’ai participé, avec Liz Claire, comme danseur, à mon premier spectacle de danse contemporaine en 2005.

Je me sens bien ici, dans ce lieu si particulier…


11 h 15


J’ai terminé mon intervention sur Georges et l’édition. Lucette a parlé du concept d’entrisme (très bien). C’est maintenant Patrice qui parle. Il parle de l’intervention à la FNSEA.


Vito d’Armento m’a montré un livre qu’il vient d’éditer Ethnographes dans la tribu enseignante (en italien) de Patrick Boumard. Ce livre n’existe pas en français. C’est un livre vraiment intéressant.


Idée: J’ai oublié de parler des journaux de Georges. Il me semble que c’est le diarisme de G. Lapassade qu’il faut exploiter… P. Boumard parle du rapport de Georges au diarisme… Il faut que je lise et traduise ce passage.


Lucette est un peu malade. Elle tousse, se mouche. Pourvu qu’elle passe à côté de la grippe porcine.


Je regrette de ne pas avoir pu faire venir des jeunes… Kareen aurait eu sa place ici.


Patrice parle d’une intervention de Georges, dans une entreprise travaillant pour le nucléaire…
Ses interlocuteurs avaient un discours unifié et verrouillé. Il donne alors la parole à un pécheur – celui-ci crée un autre discours.


Je trouve que l’on n’a pas parlé longtemps. J’espère que la salle va pouvoir s’exprimer. Charlotte vient d’intervenir pour rectifier une traduction.


Comme je l’espérais, Pietro Fumarola lance le débat. Le public ne souhaite pas participer. Christiane parle de l’intervention…


Nous aurons terminé bientôt. Christiane dit:

-Quand nous nous trouvons dans une situation difficile, nous nous disons:«que ferait G. Lapassade dans la situation?».


Je m’aperçois que j’aurais pu apporter davantage de livres ici. Je suis conduit à en donner ici et là: Nicolas Valentino, Roberto, Vito… Carla m’en demande un que je destinais à Renato, etc.


Pourquoi Georges disait-il toujours:

-La socianalyse est morte!


Je n’ai pas envie de faire le journal de ce voyage. J’écris un peu dans Cara Italia 2, mais pas systématiquement. Par contre, Renato m’a dit qu’il avait ouvert un carnet pour décrire notre dérive.


17 h 30


La séance reprend. Cette fois, ce sont Renato et Roberto qui vont parler…

Roberto commence.


La télé est là. Ce matin, deux pages dans les journaux du jour sur nous… Je suis mieux installé que ce matin.


Tous les lapassadiens italiens parlent sans papier. On improvise…J’aime ce type d’échanges.


Lucette m’a dit :

-On va réussir notre note de synthèse…


À la tribune (élargie): Vito, Roberto, Piero, Renato, Eugenio et Fabio.


Deux caméras filment. Renato parle longuement. Il explique que sa relation à Georges est d’abord affective, puis il refait l’histoire de leur relation intellectuelle. Il parle de son expérience carcérale, pensée grâce au concept des états modifiés de conscience. Il évoque Alfred Binet que Georges a trouvé et photocopié pour lui…


Je viens de prendre conscience qu’une caméra s’est portée sur moi et mon activité de diariste. C’était une perception diffuse. J’ai tourné la tête. La caméra s’est reportée doucement sur Renato. Thème de rencontre entre Georges et Renato l’institution totale.


Tout d’un coup, je pense à Sandrine. C’est pour elle que j’écris… Il n’y a qu’elle dont je sois sûr comme lectrice nécessaire (dans un premier temps, celui où le texte reste manuscrit). Peut-être que sa lecture produira un dialogue entre nous… Écrire, c’est croire que notre participation à un événement ou à un simple moment du quotidien mérite d’être partagé par quelqu’un d’autre.


Raconter Renato, ses émotions quand il parle de Georges est une sorte de devoir. Renato évoque mon livre sur H. Lefebvre et la pensée du possible. En ouvrant Cara Italia 2, je me demande si je ne devrais pas ouvrir prochainement un nouveau journal, pour décrire mon intérité avec Renato Curcio… J’ai retrouvé la lettre qu’il m’a écrite à l’instant même de la mort de Georges.


Eugénio explique que lorsque Georges est arrivé en Salente, il ignorait tout de cette terre de transe, qu’il n’évoque même pas dans
Essai sur la transe.


J’entends Carla qui continue à traduire.


À midi, j’ai déjeuné à côté de Christiane…Elle a voulu engager une dispute avec moi sur la psychosociologie et la socianalyse…Je lui ai donné des roubles pour la stimuler à penser, mais je ne me sentais pas impliqué dans cette discussion…


Jouir de ranger…Eugénio parle d’un livre introuvable de Georges. J’en ai plusieurs exemplaires dans ma bibliothèque. Je dois commencer par ranger mes livres. Il en sortira quelque chose.


Christiane pense qu’elle est socianalyste, donc en dehors de la psychosociologie. Moi, je me sens totalement psychosociologue!

-On ne peut pas être institutionnaliste et psychosociologue, dit Christiane.

-Pourquoi?


Vito est d’accord avec moi: Georges était capable d’être les deux.


Pourquoi Gaby n’est-elle jamais venue ici, en Italie, avec moi? Elle est passée aux Cinque Terre avec sa famille, il y a 20 ans…Depuis dix ans, elle a souvent été invitée, mais son passage ne s’est pas fait. Elle aurait besoin de connaître la tribu lapassadienne italienne! Ce groupe entretient un rapport particulier à Georges et à sa pensée.


Je médite (encore!) à la théorie des moments. Que Boumard ait traversé le moment althussérien et le moment socio-psychanalytique de Gérard Mendel l’implique autrement que moi dans l’histoire des idées. Nous n’appartenons pas aux mêmes moments, donc aux mêmes communautés de référence. Ces appartenances (d’un côté L. Althusser, de l’autre H. Lefebvre) engendrent une approche différente de l’œuvre de Georges. Althusser pose Marx, une fois dégagé de ses œuvres de jeunesse (les Manuscrits de 1844)…Henri Lefebvre pose un Marx dans un mouvement régressif-progressif. Il pense Marx tel qu’en lui-même. P. Boumard a produit un Lapassade lapassadiste (colloque du 13 décembre 2008), en disant qu’il y avait le Lapassade institutionnaliste (avant 1980) puis le Lapassade ethnographe… Je ne partage pas ce rapport à l’espace-temps. Pour moi, Lapassade est déjà ethnographe en 1965 à Tunis, et encore institutionnaliste en 2002 quand il écrit «Les 2 institutionnalisations».


Remi Hess


http://lesanalyseurs.over-blog.org

 

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