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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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R.Hess, G. Weigand : Analyse institutionnelle et pédagogie rééd en ligne (40)

Dialectique de l'institution

 

Dans L'analyse institutionnelle, René Lourau, reprend cette dialectique du concept d'institution pour élaborer la théorie de l'analyse institutionnelle, à la fois théorie des groupes, des organisations et des institutions, qui, à la fin des années 1960, définit l'institution comme le produit d'une confrontation permanente entre l'institué (ce qui est déjà là, ce qui cherche à se maintenir) et l'instituant (forces de subversion, de changement).

 

En 1994, R. Hess et M. Authier, ont pu définir l'institution à partir de son moment fondateur, moment décisif s'il en est. La naissance de l'institution suppose en effet une "communion fondative" (Hauriou), et l'idée d'oeuvre à accomplir. Dans cette optique, l'instituant se définit comme ce qui vient développer une logique de vérité par rapport au moment fondateur. Au contraire, l'institué est ce qui falsifie l'esprit fondateur de l'institution...

 

Comment se produisent et se reproduisent les institutions? Elles ne naissent jamais de rien. Sartre avait décrit le passage du groupe en fusion à l'institution (1960). R. Lourau observe qu'elles naissent des mouvements sociaux. Du mouvement (moment prophétique) découle un processus d'institutionnalisation qui fait passer la forme sociale du groupe à l'organisation puis à l'institution. L'institution est alors un amalgame d'affectif, d'idéologie et d'organisation. La base matérielle de l'institution l'institue définitivement. R. Lourau pense que le processus d'institutionnalisation est inéluctable, qu'il s'agit d'un principe d'équivalence: on ne reconnaît que les institutions institutionnalisées. Il décrit le fait que les institutions s'interpénétrent et forment des réseaux; ce qui a pour effet que le processus d'institutionnalisation (vieillissement des formes institutionnelles) touche tout le système social. H. Lefebvre a critiqué cette position dans De l'Etat. Pour lui, l'institutionnaliste doit rechercher le "non-équivalent" derrière l'équivalent. Derrière l'équivalent général qu'est l'argent, il faut regarder le non équivalent: les productions particulières que l'analyse ne peut réduire à leur "valeur monétaire".

 

Les institutions sont souvent le produit de la rencontre de plusieurs institutions qui découvrent qu'il existe un béance dans le tissu institutionnel par rapport aux besoins sociaux. Les institutions sont en effet reliées entre elles (un établissement de travail social, par exemple, est traversé par de multiples institutions : le département qui lui assure son financement, le syndicalisme, le statut de ses personnels, les conventions passées avec son environnement, etc.). Lorsqu'un besoin social apparaît et qu'il ne peut se trouver satisfait, alors on prend l'initiative de fonder un nouvel espace institutionnel.

 

A. Savoye a développé une recherche approfondie sur l'institutionnalisation de la sociologie: comment s'est instituée cette discipline; à travers quels terrains, quelles questions, quelles associations? Quels types de rapports se sont construits entre les premiers sociologues et l'état, l'entreprise, l'enseignement, etc.? A. Savoye montre ainsi que l'Ai, sur le terrain d'une recherche sur l'institutionnalisation, est un outil essentiel d'une socio-histoire de la connaissance. Il s'inscrit là dans le prolongement des recherches d'H. Lefebvre pour "faire de l'histoire une connaissance utile".

 

Dissociation

 

Voir chapitre sur l'autre logique.

 

Equivalence

 

L'institution, pour être reconnue, doit apparaître comme "équivalente" des autres. Cela pousse les groupes à s'institutionnaliser. Ce principe d'institutionnalisation apparaît à R. Lourau, comme un inéluctable. Il passe une partie de sa vie à décrire le processus d'institutionnalisation des mouvements. H. Lefebvre défend l'idée qu'il faut chercher le non-équivalent derrière l'équivalent. Ce débat n'a jamais été vraiment repris par les institutionnalistes qui se sont souvent alignés sur les positions de R. Lourau (cf. n°29-30 de L'homme et la société, puis De L'Etat d'H. Lefebvre).

 

Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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