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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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R. Hess, G. Weigand : Analyse institutionnelle et pédagogie rééd. en ligne (71)

Réticences

 

Au lycée, il y avait des réticences. Et il faudra des années pour qu'au lycée toute l'équipe pédagogique comprenne cela. Pour moi, j'ai vite compris que le défi qu'indiquait Hans-Joaquim Gardyan était une chance pour notre lycée, et plus généralement pour tout le système scolaire allemand dans son ensemble. Ma vraie motivation pour me lancer dans cette aventure n'était pas de réussir une expérience pour un petit groupe de surdoués, mais de prendre cette occasion de changer le système pédagogique pour tous les enfants, car ce que disait Hans-Joaquim Gardyan des surdoués, je le trouvais utile pour tous les élèves. J'ai synthétisé ce que je ressentais dans une phrase: «Ein Schub fur die Schule!», (un décollage pour le système scolaire!).

 

Nous avons eu de longues discussions pour savoir si l'on allait avoir une classe regroupant exclusivement des élèves surdoués, ou si on allait les intégrer dans une classe constituée pour moitié d'enfants surdoués, et pour moitié d'enfants normaux. Il existe beaucoup d'arguments pour les deux solutions. Surtout l'aspect social met en avant la classe intégrée. L'argument du niveau intellectuel et des intérêts de connaissance va dans le sens d'une classe spécifique.

 

Avec les deux psychologues, j'étais pour la classe intégrée, parce que nous partions du principe d'individualisation de l'enseignement, et que l'on ne voulait pas trop autonomiser, isoler la dimension «surdoué» des surdoués. Le reste du groupe a dit :

-Si l'on a que des surdoués, ce sera plus simple !

 

Cet argument montrait que mes collègues avaient une représentation homogène des élèves surdoués. Je savais que c'était une illusion. Ces enfants accentuent au contraire leurs différences.

 

La création de deux classes

 

Finalement, on s'est décidé à créer deux classes. En effet, dès que le projet a été connu, beaucoup de parents ont manifesté le désir de voir leurs enfants entrer dans cette expérience. Il s'agissait de deux 5ème classe (première année de collège; notre lycée intégrant collège et lycée). Comme on prévoyait de ne pas surcharger les classes, on a organisé:

-une classe «pure» de 18 élèves, avec des différences d'âge de trois ans. Il y avait des élèves de 7 à 10 ans,

-une classe mixte, intégrant 10 surdoués avec un âge de 9 à 10 ans, et pour compléter cette classe, on a pris des filles «normales», mais qui avaient une bonne socialité, et dont les notes à l'école primaire avaient été bonnes. Nous voulions avoir des élèves bien intégrés au système pour ne pas avoir trop d'écart avec les surdoués.

 

J'ai pris cette seconde classe là durant 7 heures par semaine en allemand, histoire, mais aussi dans une matière nouvelle que l'on intitulait Personale Kompetenz (compétence personnelle).

 

J'ai très vite compris que ce ne serait pas facile de travailler avec une classe aussi hétérogène. En effet, j'ai tout de suite remarqué que les filles «normales» étaient bien adaptées au cursus. Elles réussissaient très bien, faisaient ce qu'on leur demandait. Par contre, les élèves surdoués sont venus de l'école primaire sans avoir jamais travaillé n'avaient pas le sens du travail scolaire. Ils ne faisaient jamais ce que leur demandaient les professeurs. Ils faisaient leurs affaires à eux. Sur le plan social, il y eut donc un net clivage entre les normaux et les surdoués.

 

Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech

http://lesanalyseurs.over-blog.org 

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