Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
Mardi 28 novembre 2000, 8 h
Cette nuit, j'ai eu l'idée de rééditer L'instituant contre l'institué de René Lourau dans la collection (virtuelle) "Anthropologie historique".... Il faut que j'en parle à Jean Pavleski.
Hier soir, sur la liste de discussion Korczak, j'ai envoyé un message pour dire que l'idée de Jean Houssaye, selon laquelle le courant de l'autogestion pédagogique représenté par René Lourau, était sur le point d'agoniser me semble être fausse, car qu'un même mouvement soit présent au même moment dans trois manifestations montre son existence, mieux sa surexistence (au sens de "sur-implication). La question que continue à me poser cette surexistence serait plutôt le manque chronique de coordination de ce mouvement.
Mercredi 29 novembre 2000, 7 h 45
Lundi à la fac, j'ai vu que le LRAI organise une réunion de travail sur le thème de l'écriture dans l'analyse institutionnelle. C'est une question qui m'intéresse ; c'est même un objet de mes réflexions actuelles, puisque la réécriture de Centre et périphérie 2 pose la question. Comment m'y prendre? Je vais essayer de m'inscrire dans cette réflexion collective en donnant à lire à ce groupe :
- mon journal de Mayotte
- le présent journal... bien que celui-ci comporte dans sa première partie des attaques que les membres du LRAI ne vont pas supporter... (mais cela ne fait-il pas partie de l'AI de l'AI?).
Il est 8 h. Romain vient de se réveiller. Il faut que je m'occupe de lui... Il aime me voir écrire, mais il voudrait intervenir sur mon texte. Je vais lui chercher son petit carnet. Hier soir, je l'ai emmené au restaurant pour fêter ses six ans (le 2 décembre).
Salle Championnet, 9 h
D'ordinaire, je m'ennuie un peu à contempler la séance de mini-tennis de Romain, qui est heureux ici. Il apprend le coup droit. L'idée d'écrire ce journal est une solution pour réussir à concilier présence à mon fils et réflexion. Le fait d'avoir le secours d'une secrétaire compétente à ma disposition me permet d'espérer avancer dans mes travaux d'écriture en cours…
Je repense à une autre socianalyse: L'institution sur le divan, épuisé depuis 1993 et qui mériterait une réédition. Je dispose de la disquette. Il faut développer une partie théorique, mais, c'est un matériau de première importance dans la socianalyse.
Bernard Lathuillière m'a proposé deux cents francs pour participer à l'annonce nécrologique sur Raymond Fonvieille. C'est le seul à s'être posé cette question. En fait c'est moi qui ait payé cette annonce. Avec Lucette. C'est un analyseur de notre centralité/marginalité. J'ai le pouvoir, mais la communauté me demande, en échange, de payer. C'est vrai que je gagne ma vie et que les autres sont plutôt fauchés...
Danielle Lemeunier m'a dit au téléphone hier, qu'elle terminait de taper la première partie de ce journal : «Intéressant. Il faudra le revoir. Certains propos sont violents, même s'ils sont justes». Elle faisait allusion à la manière dont je décris la prise de pouvoir par Gilles, au coup d'état de janvier ou février dernier. Combien de pages fera ce journal? Ne pourrait-il pas être publié aussi? Sous quelle forme? L'Allemagne demande un Manuel d'analyse institutionnelle. Le journal n'y a pas sa place, en principe.
Cette nuit, je pensais aux livres de Lefebvre pour la collection "Anthropologie historique" (à créer). Je pourrais y adjoindre le livre de Gunter Gebauer et Christoph Wulf que je fais traduire... et d'autres. Cela permettrait de mieux cibler "Ethnosociologie" sur les questions de terrain.
Où en suis-je pour essayer de traiter la relation pédagogique sur un modèle nouveau? Je veux détruire le plan de la première édition. Je veux en tenter une présentation sur le mode de la méthode régressive-progressive. Partir d'une description du présent de la relation pédagogique, puis remonter dans le passé pour revenir au présent. Cela permettrait des emprunts, des ajouts nouveaux (Rabelais et Montaigne ne doivent pas être oubliés, mais non plus le courant allemand qui doit être présenté dans sa complexité).
Pendant que j'y suis, je devrais réfléchir théoriquement à l'utilisation de cette méthode régressive-progressive.
Et avant toute chose, n'est-il pas nécessaire de mettre en forme la correspondance avec de Luze? Ce serait peut-être prioritaire sur le reste... L'important est de rendre quelque chose à l'éditeur qui puisse paraître en février.
La leçon de tennis se termine. J'ai bien fait le point. La théorie des moments aurait davantage sa place dans "Anthropologie historique" que dans "Ethnosociologie"... encore que... Ce que je ressens, c'est le besoin de réinvestir sur l'écriture, sur l'édition et de ralentir l'investissement bureaucratique à la fac. L'affaire de Mayotte est usante psychologiquement et énergétiquement (trois coup de fil ce matin entre 7 h 30 et 8 h!).
Pendant que Romain prend son chocolat dans le café de la rue Ordener, je veux noter que j'ai oublié un certain nombre d'ouvrages en cours :
- Université et interculturalité. J'ai reçu un courrier d'Ursula à ce propos ce matin.
- Le sens de l'histoire. Christine voulait me rencontrer à ce propos cette semaine pour enregistrer le chapitre sur l'Allemagne.
- Le mandarin et le clandestin dont je vois bien le sens aujourd'hui dans ma stratégie éditoriale.
14 h
Roland Petit vient de partir. Il soutient sa thèse le 18 décembre, une vraie thèse institutionnaliste. Il avait besoin d'une signature (changement de sujet et de directeur). Il a été un lien entre René Lourau et moi. On a partagé une salade ensemble... Mais voilà Véronique. Il faut que je m'arrête pour lui donner mon carnet à taper.
Remi Hess
http://lesanalyseurs.over-blog.org