Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
Vendredi 24 novembre 2000, 9 h
Le temps passe vite, trop vite en ce moment. Je traverse une période difficile. Sur plusieurs plans, dans l'espace de plusieurs de mes moments, des contradictions se développent qui remettent à l'ordre du jour le concept d'analyseur.
Chez les Verts du XVIIIème, la minorité (38%) du groupe n'est pas représentée sur la liste des municipales. Ce groupe vit intensément les conséquences analytiques de cette situation, qui fait que dans l'arrondissement le plus médiatisé de France (Delanoé, Seguin, Vaillant sont candidats ici), les Verts qui prônent la proportionnelle à l'extérieur ne la respectent pas à l'intérieur.
À Paris VIII, la convention avec Mayotte a été rejetée par le CA.
Jean Houssaye vient de publier un livre sur Korczack, où il met gravement en cause René Lourau (je n'ai pas encore lu l'intégralité de ce texte)...
Tous ces terrains mériteraient des interventions, des prises de positions (idéologiques).
Sur le plan de la pratique universitaire, difficultés aussi pour organiser les soutenances de thèses et de DEA. Ce contexte complexe, nécessitant de la réflexivité aiguë, m'empêche de passer des nuits excellentes. Je me réveille tôt et je suis vite fatigué dans la journée. Malgré tout, des "insights" forts. Hier, avec Lapassade, au téléphone, j'ai parlé de mon projet de livre avec Lucette sur Analyse institutionnelle et ethnosociologie. Il est très favorable à ce projet dont le plan est bien construit. Ce sera une sorte de Centre et périphérie 2. Je voudrais l'avancer pendant le séjour de Lucette en Alsace. Elle part dimanche...
Et demain, c'est le colloque Henri Lefebvre. Patrice va y participer avec des étudiants.
Nous avons aussi reçu le contrat pour la réédition de La relation pédagogique... Cet après-midi, nous avons rendez-vous avec Jean Pavleski... Lucette veut proposer deux ou trois nouveaux contrats. Je pense que c'est l'occasion de proposer Le sens de l'histoire, l'histoire de vie que Christine Delory-Monberger me fait raconter...
Mais voici Augustin Mutuale qui vient pour travailler sa thèse...
Samedi 25 novembre 2000, 10 h, "Espace Marx" (64 rue Blanqui, Paris), Colloque Henri Lefebvre
Je choisis de supprimer les 10 pages sur ce colloque auquel René avait contribué.
Lundi 27 novembre 2000, 7 h 30
Odile est encore dans sa chambre. Je fais passer le café... Aujourd’hui est un nouveau jour. Je vais avoir à la maison une secrétaire pour m'aider dans mon travail... À la sortie du colloque hier, j'ai rencontré Jean-Sébastien et Véronique. Véro ne parvient pas à trouver du boulot. Cela inquiète terriblement Odile, ma sœur, sa mère. Comme Lucette est partie en Alsace pour une semaine, j'en profite pour me lancer dans une opération "rangement général". Il me faut tenter de remonter le courant, de faire les livres que j'ai à faire. Un par un. Voilà le chantier. Véro va être ma secrétaire de direction.
Il est clair que le fait que j'aie finalement vendu neuf exemplaires (Armand m'en a payé un que je n'aie pas pu lui donner) d'Implication et transduction de René Lourau aux Lefebvriens est le signe de quelque chose. Le fait que j'ai été le seul institutionnaliste "historique" (car il y avait Clémentine et Benyounès qui sont de vrais institutionnalistes, mais ils sont jeunes) à être présent à cette rencontre est le signe de quelque chose. Je suis celui qui peut maintenir le lien que René Lourau avait construit entre Henri Lefebvre et la pensée institutionnaliste. Pour le moment... En attendant mieux. Il est clair qu'il me faut, dans l'ordre, rééditer : Du rural à l'urbain, La fin de l'histoire, Rabelais, L'existentialisme... Reprendre contact avec Catherine devient urgent. Dans la même collection, il faudrait reprendre L'analyse institutionnelle de René Lourau. Mais je dois m'assurer d'abord qu'il n'est plus disponible.
Je n'ai pas noté que Benyounès a lu rapidement ce carnet lundi :
- Il faut le publier rapidement, a-t-il dit.
J'ai été à la fac ce matin. Je suis tombé sur l'affiche invitant à la conférence de Jacques Guigou le 25 novembre. N'ayant vu la date qu'après l'annonce de la conférence, je me faisais un plaisir d'y aller... Or cette conférence avait lieu au moment du colloque Lefebvre. Quand on sait que beaucoup d'institutionnalistes ont fait le choix d'aller au colloque Korczak, au même moment, on ne peut pas accepter l'idée de Houssaye que la pédagogie institutionnelle est morte! Elle doit être le seul mouvement au monde capable d'organiser trois manifestations importantes au même moment! Si j'étais pessimiste, je dirai même que l'on manque un peu de coordination.
J'ai eu des nouvelles du colloque Korczak par B. Jabin qui m'a téléphoné hier soir. Ils se sont tus. Ils n'ont pas attaqué Houssaye, car étaient présents de nombreux "non institutionnalistes" qui n'auraient pas compris le sens de l'attaque... Les institutionnalistes ne voulaient pas affaiblir le mouvement de la pédagogie nouvelle. Georges Lapassade a trouvé cette position juste. Moi aussi.
En rentrant de la fac, j'ai trouvé à la maison: Odile, Véronique, Hélène et Nolwenn. Quelle chance d'être entouré par des femmes aussi charmantes! Pendant qu'Odile préparait une salade, j'ai appelé Jean Pavleski. Je lui ai fait un compte-rendu du colloque Lefebvre. Je lui ai parlé de mes propositions de rééditions. Il est d'accord... À moi de faire le boulot de préparation des textes... Je vais m'y mettre dès aujourd'hui. Je me pose la question de créer une nouvelle collection "Anthropologie historique". Cet intitulé correspondrait mieux aux titres que j'ai envie de sortir.
J'ai parlé à Hélène de mes problèmes avec Mayotte. Elle n'a pas su répondre à cette question :
- Dois-je demander à Jacques Lang de faire fonctionner la clause de conscience pour obtenir une autre affectation que Paris VIII?
Elle ne savait pas que cette clause avait fonctionné dans le milieu universitaire. Pour elle, seuls les avocats et les médecins pouvaient utiliser cette clause... On s'est promis de se revoir bientôt.
- As-tu vraiment envie de quitter Paris VIII?
- Je suis heureux partout... mais je pense qu'il faut marquer le coup à Paris VIII.
Lucette vient de me téléphoner. Son stage se passe bien. Elle travaille avec Hans Nicklas, Gaby Weigand, Jacques Demorgon... Ils ont commenté Berlin... Jacques regrette qu'Ursula n'ait pas compris notre projet d'études de cas. Lucette voulait aussi savoir si j'avais déposé son courrier dans le casier de Bernard Charlot... avec le nouveau contrat Anthropos. Je l'ai fait. Elle était contente.
Remi Hess
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