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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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Qu'est-ce que l'analyse institutionnelle? Penser, agir après la mort de René Lourau (17)

Glienicke, salle de conférence, 11 h 15

 


Je suis entouré par Volker à gauche et Gaby à droite. Il y a aussi Christine, Georges, Michel Cullin notre orateur, Pascal, Tom, Gilles, Nelly, Jacques, Hans... Georges a voulu comprendre le sujet de la réunion. Michel Cullin est intervenu longuement à la suite de Dieter Reichel. Il a expliqué la situation à l'OFAJ. Quelle place pour la recherche aujourd’hui? La poussée du jeunisme... et les problèmes que cela pose dans l'institution. On a aussi abordé la question des publications, de la circulation des informations (Internet, etc.). Maintenant on parle du "jeunisme". Georges a dit qu'il se sent jeune. "Les jeunes du rap m'ont dit qu'ils pensent qu'il y a des jeunes qui sont vieux, et des vieux qui sont jeunes: et ils m'ont classé avec les jeunes, car ils me voyaient vivre avec eux et les comprendre".

 


Gilles Brougère est intervenu. Pascal aussi, Christine... Pascal a souligné que la manière de développer le jeunisme en France et en Allemagne est tout à fait différente. En France, on accepte assez bien les anciens. On peut les associer aux jeunes qui montent. En Allemagne, il y a une méfiance vis-à-vis des générations anciennes, compromises dans le socialisme, puis dans l'hitlérisme, puis dans le communisme... Chaque nouveau système de valeurs liquide le précédent, en éliminant les générations impliquées, espérant trouver la "pureté" dans la nouvelle génération.

 


On sent que l'on tient là un vrai programme de recherche. Gaby :

- La jeunesse en Allemagne aujourd'hui est liée à la dynamique, les vieux à la conservation... Dans mon lycée, on veut encore plus de dynamique que dans la société. Il y avait le système Köhl. Il est associé à l'absolutisme, à la bureaucratie. Par opposition, le nouveau gouvernement, c'est le dynamisme, c'est la jeunesse.

 


Au petit-déjeuner, on avait déjà abordé la question du jeunisme dans les sectes. G. Lapassade avait montré qu'en s'appuyant sur la dernière génération, R. Lourau avait fait fonctionner une secte. Et chez René, c'est vrai qu'il y avait une tendance à liquider les générations antérieures, au profit de la dernière génération... Cela s'est joué dès la troisième génération. Michel Authier a témoigné de son objectivation, lors de procès stalinien que René Lourau avait organisé contre moi et que sa lucidité institutionnelle l'avait amené à rompre avec René, pour se tourner vers moi, et vers le CRI, qui tentait de travailler plus collectivement et dans un étayage du paradigme, par l'apport de plusieurs disciplines.

 


Georges :

- Il y a des différences biologiques. Mais on transpose le biologique dans la psychologie et le culturel: c'est une erreur. Être jeune, cela vient de soi!

 


Michel Cullin reprend la question des perspectives éditoriales. On pose la question d'une nouvelle collection qui aurait pour objets des biographies, des histoires de vies d'un individu ou d'un groupe... Construire l'Europe, c'est accumuler des matériaux pour réinventer l'histoire. Jusqu'à maintenant on a un découpage national (nationaliste?) des disciplines: histoire, éducation, géographie, littérature... Une telle collection permettrait de tisser la complexité de ce que l'on pourrait nommer une anthropologie historique européenne. J'évoque Les maîtres de l'orge, comme modèle d'écriture d'une histoire à travers des moments... C'est vers ce mode d'écriture qu'il faut se tourner. Jacques Demorgon souligne le fait qu'entre nos travaux et L'Europe dans tous ses états (Collection Jeunesse de chez Gallimard), il y a facilement sept niveaux d'écriture. On doit pouvoir intervenir dans ces différents registres de textes.

 


J'ai vraiment de la chance de connaître Gaby. J'aime beaucoup sa présence, son être (Dasein) dans les groupes. Je sens que l'on pourrait faire beaucoup ensemble. Ce matin, très calmement, elle a dit :

- Pour l'analyse institutionnelle, j'ai l'impression d'être dans une situation proche de celle de 1985... À ce moment-là, il y avait un désarroi dans le mouvement. On a eu un sursaut. Et l'on est parvenu à produire des choses importantes... Aujourd'hui, je sens que c'est le moment. Il peut y avoir une énergie, une force pour refonder l'analyse institutionnelle.


Refonder l'analyse institutionnelle, voilà un beau titre pour écrire un manifeste. Ne serait-il pas temps de refaire un Montsouris 4?

 

 

Glienicke, salle de conférence, mardi 14 novembre 2000, 14 h

 


Ce matin, j'ai fait une intervention que j'ai oublié de noter. J'ai tenté de faire l'histoire de mon implication dans le champ éditorial :

1- J'ai une occasion de me lancer dans la direction d'une collection (“Analyse institutionnelle” chez Méridiens Klincksieck).

2- Je propose la création de la BESE (bibliothèque européenne des sciences de l'éducation) qui me permet de publier les premiers livres OFAJ, mais ce projet me limite à l'éducation (22 livres sortis).

3- Je saisis l'opportunité de créer "Exploration interculturelle et sciences sociales" qui ne m'enferme pas (36 livres sortis entre 1996 et 2000) dans des objets exclusivement éducatifs.


Ces deux dernières séries d'ouvrages constituent une bibliothèque de référence sur le terrain de l'interculturel. On peut imaginer aller plus loin, mais on est déjà obligé de reconnaître le travail accompli. L'interculturel a aujourd'hui droit de cité.

 


Dieter nous explique qu'en avril, à l'OFAJ, un projet va être déposé visant à faire payer 1800 francs par jour les animateurs des sessions à condition qu'ils se soient formés dans les stages de formation. C'est une nouvelle qui pourrait intéresser Charlotte et Alexandra Weigand

 

 

15 h 30

 


C'est la pause. Gaby me demande ce que j'ai prévu pour animer la suite de la rencontre... C'est vrai que nous sommes animateurs et qu'il faut animer... On est payé pour cela. Mon système, ici, c'est de donner le pouvoir à Georges. Il a des choses à dire, à construire. Il déborde d'énergie. On est vieux. Il est jeune. Donnons lui le pouvoir.

 

(Je supprime ici vingt pages sur la rencontre de Berlin).

 

 

Glienicke, samedi 18 novembre 2000, 9 h 30

 


Mon avion pour Munich est à 12 h 50. Je vais devoir quitter ce lieu, agréable en cette période de l'année. Autant il pleuvait hier après-midi, autant ce matin, le soleil brille : l'automne est bien avancé ici. Gaby m'a donné un cadeau pour Nolwenn. C'est gentil.

 


Hier, j'ai été dîner avec Ursula, Dieter Geulen, Hans Nicklas, Nicole Gabriel, Burkhard Müller, Gaby, à l'invitation de Christoph Wulf à Potsdam. Christoph était intervenu dans un grand colloque européen intitulé "Quel corps?” qui a lieu à Potsdam. J'aurais aimé aller l'écouter, mais ce n'est pas conciliable avec notre séminaire de Glienicke, bien que les deux lieux ne soient distants que de trois kilomètres. Au moment où nous partions dîner, c'est Marc Augé qui parlait.

 


Christoph avait retenu une table au Schlosshotel Cecilienhof, endroit célèbre puisque c'est dans ce lieu qu'eut lieu la Conférence de Potsdam qui réunit Staline, Truman, Churchill... Le lieu est très agréable. C'est un château, certes un peu guindé, mais très classe. Comme plusieurs, j'ai pris le menu de l'oie... En apéritif, j'ai pris un Thurgau de DDR. Un vin rare.

 


Placé en bout de table, à côté de Christoph, nous avons pu gérer quelques problèmes éditoriaux. Publier Université et interculturalité devient une urgence. On s'oriente vers un livre unique. Christoph accueillerait dans l'une de ses collections un ouvrage d'introduction à l'AI, écrit à destination du public allemand. Gaby pourrait m'aider à faire ce livre qu'il trouve plus urgent qu'un ouvrage sur l'École de Francfort et AI. En effet, il pense que les jeunes Allemands ne s'intéressent plus à l'École de Francfort. Hans m'a dit qu'il ne fallait surtout pas parler de mai 1968 dans ce livre. C'est une histoire ancienne. Du coup, il me semblerait judicieux de partir de la chute du mur de Berlin. Hans Nicklas serait prêt à accueillir les manuscrits dans sa collection qui ont une posture anthropologique et se donne comme objet l'interculturel. "La pédagogie n'a plus de public", a-t-il dit.

 


J'ai eu l'idée de faire un livre sur l'anthropologie historique, mais Christoph m'a suggéré de prendre du temps pour le faire, car prochainement il y aura la sortie de son Encyclopédie de l'anthropologie historique chez l'Harmattan et il faudrait en tenir compte.


La passion du regard,
de Pascal Dibie, est déjà traduit en coréen et en espagnol.

 


Christoph m'a questionné sur notre projet de revue. Je lui ai dit qu'Anthropos ne veut pas la faire, qu'ils s'orientent vers les revues Internet. Mais j'ai dit que personnellement je tiens à la création d'une revue, que je la ferai si j'obtiens la création du Laboratoire Éducation et culture. Je crois encore à la forme revue.

 


Remi Hess

http://lesanalyseurs.over-blog.org

 

 

 

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