Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
Jeudi 30 novembre 2000, Saint André, 7 h
Hier soir, j'ai reçu un très long coup de téléphone d'Anne Querrien. Elle me mélangeait avec Antoine, pensait que j'avais fait un livre sur Le Play avec Bernard Kalaora qu'elle avait réécrit, etc. Je lui ai dit que nous étions deux personnes distinctes, et je lui ai parlé de mon itinéraire. Anne a deux ans de plus que moi. Mais elle était en avance à l’école, et moi en retard. Du coup, j'étais en première année de sociologie alors qu'elle était déjà en troisième cycle avec Henri Lefebvre, pour écrire une thèse qu'elle n'a jamais terminée. Nous avons évoqué notre rapport à Henri Lefebvre. Elle a lu La somme et le reste à quinze ans. C'est un livre qui se trouvait dans la bibliothèque de son père, haut fonctionnaire. A quelle époque a-t-elle rencontré Félix Guattari? Elle parle de plusieurs générations d'étudiants, ayant deux ou trois ans de plus qu'elle, et qu'elle considérait comme des anciens (Murard, Liane Mozère, etc.).
Elle m'explique ses liens avec F. Guattari. Je lui dis mon intérêt pour Psychanalyse et transversalité, mon désir de le rééditer... Elle me parle du CERFI, de Chimère, m'invite à la prochaine réunion. Je lui explique que les 9 et 10 décembre, j'anime la réunion de la commission "Éducation, enfance, formation" des Verts... Elle me parle des Verts dans le XIVème. Danielle Auffret, l'amie d'Alain Guillerm, est seconde de liste... Je ne le savais pas, même si je rencontre ces deux vieux amis lefebvriens dans les rencontres des Verts.
Je lui parle de René Lourau, de mes projets éditoriaux, de l'état du mouvement chez nous. Elle m'explique alors sa brouille avec Félix, sa dépression, son hospitalisation suite à la rupture... On aurait pu parler toute la nuit.
Vendredi 1er décembre 2000, 8 h
Hier, à la fac, Bon cours. J'ai diffusé Le lycée au jour le jour. Vingt exemplaires partis. Il faut que je rapporte des ouvrages de Christine et des miens, notamment, La pratique du journal. J'ai sauté mon séminaire pour inscrire Zheng Hui Hui. C'est fait.
Le soir, je manque l'intervention de Dany Cohn-Bendit dans le XVIIIe, car je vais faire une conférence à Paris VII, dans le cadre du cours de Pascal Dibie : "Les ethnologues par eux-mêmes". Pascal m'avait demandé de parler de la pratique du journal. Quarante étudiants ont suivi très attentivement mon exposé, que j'ai construit fluide et progressif... Il y avait plusieurs étudiantes qui me connaissaient déjà, car j'étais intervenu dans ce cadre il y a deux ans. Stéphanie voudrait faire une interview de moi... À suivre. J'ai dîné avec Pascal et Tatiana, une Yougoslave de la Bastille. L'objet de mon exposé était de parler de ce carnet, relu pour préparer cet exposé. Mais Stéphanie m'a amené à parler du journal de ma mère et Pascal de celui de mon grand-père.
17 h 30
Réunion des Verts de Paris 8, entre midi et deux heures. On est huit. Ambiance sympathique. Alexis Deck fait son entrée parmi nous. Il y a Rahlid, Marion, Jean-Pierre, Jean-Pierre, Christian Lemeunier, David et Daniela… On se dit que l’on a envie de faire de la politique à Paris 8. On crée un journal “FAC VERTE”. Alexis devient le rédacteur en chef.
À la maison, Véronique abat un boulot énorme de rangement. C’est tout à fait étonnant de voir le travail qui avance si pleinement en profondeur. Comment organiser le travail de Véronique maintenant? Danielle a pris du retard dans la frappe de la première partie. Elle m’a promis de me rendre cela pour lundi. Avec ce qu’a frappé Véro, je dispose d’une centaine de pages. Si je fais un texte théorique sur l’AI, ne serait-ce que 30 à 40 pages, cela peut permettre de faire un nouveau bouquin. Autour de quel thème organiser mon texte? Pourquoi pas AI et politique? Cela permettrait de parler de la falsification des pratiques, des discours, etc. La question de la prise de pouvoir dans les institutions est aussi quelque chose d’intéressant. En fait, il faudrait mettre en perspective la manière dont les gens pose le problème aujourd’hui par rapport aux années 1973. On se posait la question de l’analyse politique en 1973-74, en relation avec l’AI.
Remi Hess
http://lesanalyseurs.over-blog.org