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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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L'identité : question métaphysique (7) : Une double critique de l'identité

L’identité: question métaphysique (7)

 


Une double critique de l’identité:


La critique est généralement conçue comme approche nécessairement négative d’un phénomène, qu’il soit intellectuel ou réel. C’est chez les critiques littéraires et les spécialistes que l’on trouve cette distinction entre critique bonne ou mauvaise ou encore critique favorable ou défavorable d’une œuvre ou d’un écrivain. Ces deux acceptions de la critique ne correspondent pas au sens que je tente de donner à cette notion. La critique dans ce qui suit prend sa racine dans l’histoire de la pensée humaine notamment chez des philosophes tels que Nietzsche qui a rétabli la pensée présocratique, Marx qui a remis l’histoire sur ses pieds, et bien d’autres penseurs contemporains.


Dans un article précédent, j’ai fait allusion à un débat au cours des années soixante-dix sur l’identité dans le monde arabe. Un auteur s’y était distingué par son questionnement radical et avait posé la double critique de l’identité. Il s’agit d’Abdelkébir Khatibi qui a tenté, dans un ouvrage publié en arabe ayant pour titre justement La double critique, d’interroger, non pas au sens psychanalytique mais dans le sens historique, le moi maghrébin ou arabe, ainsi que l’autre, c’est-à-dire l’occident. Il s’agit d’une part de l’affirmation du moi et de l’autre, car l’identité suppose l’autre, elle est inconcevable sans le rapport avec l’autre, et d’autre part, d’une critique du moi et de l’autre en même temps. Le lien entre le moi et l’autre est de nature dialectique: affirmation, négation, l’une ne peut pas être conçue sans l’autre et vice versa. C’est ce mouvement perpétuel et complexe de relation, d’union et de lutte des contradictions qui donne vie à l’histoire et par conséquent à la perception de l’identité.


Il est concevable de prolonger cette double critique qui a ses racines dans des champs de références variables et diversifiés. Dans ses différents ouvrages, Khatibi en donne l’exemple en traitant des phénomènes culturels allant du fin fond du Maroc, en passant par la France, la Suède, atterrissant au Japon avant de revenir à la terre natale et de combiner le tout dans une œuvre de création à multiples facettes identitaires. Ainsi, l’autre devient tous les autres et se confond avec le moi.


La critique de l’identité conduit nécessairement à la comparaison avec l’autre et les autres; la critique de ces derniers nous renvoie à notre propre identité. La double critique est un mouvement d’affirmation et de négation successive qui n’observe de temps d’arrêt que pour fixer par l’écrit, l’image ou le son, une situation, un état ou un moment en perpétuel mouvement ou changement.


Si d’aventure, le débat en cours sur l’identité devait se poursuivre par delà la manœuvre tactique du gouvernement actuel, il devrait inclure la double critique comme approche possible de sa propre identité en rapport avec les autres identités qui sont à la fois une affirmation et une négation de cette même identité. La dimension cosmopolite de la population qui constitue la France des années 2000 représente une opportunité favorisant cette démarche critique. Il suffit de la promouvoir en se mettant à l’écoute de tous ceux qui vivent dans ce pays et notamment de ceux qui viennent d’ailleurs.


La double critique dans les faits se traduit pour les uns et pour les autres dans la nécessité de l’adaptation qui suppose par ailleurs des refus et des acceptations dans la vie quotidienne rythmée par des rencontres dans tous les domaines vitaux: éducation, transport, marché, loisirs, santé. Le brassage se fait in situ et la conception ou la pensée ne peuvent que suivre ce rythme de la vie des hommes. L’identité ou mieux les identités reflétant la diversité, la simplicité et la complexité de la vie constituerai(en)t le véritable sujet de débat démocratique.

 


Benyounès Bellagnech
 
http://lesanalyseurs.over-blog.org

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