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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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"L'homme total" Une approche de l'éducation tout au long de la vie 80

2.2.5 La philosophie et le matérialisme dialectique (2)

 

Pourtant, le problème de ce livre en est la thèse qui définit que « la dialectique n’abolit pas la logique. Bien qu’il y ait une différence profonde entre la contradiction logique et la contradiction dialectique, la logique formelle est valable à son niveau, celui des réalités stables et des propriétés analysables ; elle est un degré de connaissance ; la dialectique la dépasse sans la supprimer (H. Lefebvre, 19594, pp. 531-532) ». L’auteur souhaite démontrer que la dialectique est une méthode qui s’adapte à toutes les sciences. « La méthode dialectique s'applique à la vie et à l'art : dit vie individuelle et quotidienne comme de la vie esthétique la plus subtile. Sans perdre de vue le fondement solide de l'être humain dans la nature et la pratique (dans la vie économique et sociale) - plus exactement parce qu'elle ne perd jamais de vue ce fondement - La méthode du matérialisme dialectique apporte l'ordre et la clarté dans les domaines les plus éloignés de la pratique immédiate et de l'action. Ainsi, et ainsi seulement elle peut devenir la « nouvelle conscience du monde » et la « conscience de l'homme nouveau », en reliant la lucidité de l'individu et l'universalité rationnelle (H. Lefebvre, 1947a, p. 8) ».

 

Lorsque la censure du Parti stoppa net ce projet, H. Lefebvre avait déjà les épreuves du volume suivant, Méthodologie des sciences. Aujourd’hui, ce livre a été publié à titre posthume. Il « examine les questions posées par la méthodologie des sciences spécialisées (mathématiques, physique, chimie, biologie, histoire, sociologie, psychologie), en fonction de la méthodologie dialectique générale (H. Lefebvre, 1947a, p. 11) ». Dans la conclusion de ce second volume, H. Lefebvre répond à l’interrogation du lecteur sur les raisons d’un traité de logique et de méthodologie. Les raisons sont au nombre de six. Le premier objectif est de définir le sens de l’Idée. Il faut l’exprimer pour qu’elle reste logique et dialectique. Cela évite ainsi qu’elle ne devienne un idéalisme. Le matérialisme est mis en place alors pour définir l’Idée. C’est aussi le moyen de faire surgir la théorie et la pratique, puis un style, une sensibilité et une conception vivante de la vie. « Parce que cet examen prépare le passage de la logique à l’Histoire de la philosophie, à la morale et à l’esthétique, en montrant le caractère « total » de la doctrine, dans la multiplicité de ses aspects (y compris la « critique de la vie quotidienne »). Parce qu’enfin, ces considérations montrent comment le matérialisme reçoit et transforme l’héritage de la philosophie. Il n’est plus une philosophie ; et cependant il est encore une philosophie, mais sans oublier que : « la philosophie traditionnelle appartient à ce monde-ci ; elle fut son complément, bien qu’idéal (K. Marx, Critique de la philosophie du Droit de Hegel) (H. Lefebvre, 2002, p. 176) ».

 

Dans son approche de la philosophie, Henri Lefebvre produit trois autres livres présentant les préludes, les prolégomènes, et les épilégomènes, comme une pièce en trois actes permettant de démontrer le mouvement de la philosophie. Le premier de cette série est publié en 1962, Introduction à la modernité. Ce livre permet de décrire le contexte de l’époque. Il débute son explicitation en donnant du sens au vocabulaire qu’il utilisera : comme les termes de modernisme, époque moderne et modernité. Son livre est le prélude car les termes abordés seront constitutifs d’une théorie plus générale. Il décrit dix préludes reprenant l’ironie, la maïeutique et l’histoire, OEdipe, la métamorphose du diable, le soleil crucifié, la vie nouvelle, la nature, la jeunesse, la modernité, le romantisme. Dans un second livre, paru en 1965, H. Lefebvre poursuit son aventure avec Métaphilosophie. Il explique le dépassement de la philosophie dans une autre forme sa métaphilosophie. Elle se représente par une analyse sur la place de la praxis. Celle-ci se compose d’une part de théorie, puis d’une autre de pratique avec une pincée de Poièsis pour montrer le sens de la philosophie. Celle qui peut résoudre les problèmes actuels du monde moderne. L’auteur s’interroge entre deux alternatives : la liquidation ou le maintien de la philosophie.

 

La vision d’H. Lefebvre se pose davantage vers la transformation d’une philosophie plus proche de la praxis, dont les principes dépendent de l’évolution du monde moderne. Quant au dernier livre, épilégomène, La fin de l’histoire, il reprend le sens de l’historicité, pour démontrer que tout entre dans le mouvement à partir de la pensée d’Hegel, Marx et Nietzsche. La fin de l’histoire se découpe en quatre parties. Dans la première, l’auteur cherche le sens de la formation de la pensée historique. Puis dans la seconde, il s’interroge « qu’est-ce donc l’histoire, pendant sa belle époque ? Et qu’attendait-on d’elle, avant les déceptions ? Et en conclure ? (H. Lefebvre, 1970²c, p. 11) ». La partie suivante donne le sens à La fin de l’histoire. Et la dernière partie est présente pour résumer et réfuter les idéologies contemporaines. Il terminera son livre par « impossible donc de liquider l’histoire H. Lefebvre, 1970²c, p. 195) ».

 

Ainsi, je remarque qu’il a su tirer de ces pensées les éléments constitutifs de son oeuvre. Descartes lui montre le chemin vers la logique cartésienne et le doute. Diderot lui donne les moyens de travailler sur le matérialisme. Hegel l’amène à la contradiction et la dialectique. Marx est dans le continuum du matérialisme, qu’il présente à Henri Lefebvre comme historique et dialectique. Ernest Bloch le guide vers le possible et l’espérance. Nietzche continue par l’inachèvement de l’homme et le devenir. Musset le porte vers le romantisme, Heidegger et Kierkegaard vers l’existentialisme, et ainsi de suite.

 

Sandrine Deulceux

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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