Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
Conclusion de mon histoire de vie en formation
Je perçois ma vie comme une multitude d’étapes qui m’entrainent sans cesse vers un nouvel apprentissage. Je ne pense pas toujours avoir connu le bonheur, l’épanouissement, le contentement. Mais je considère que chaque étape est là pour me permettre de me construire. Je ne regrette jamais chaque passage. Ils sont constructifs de mon être, souhaitant atteindre un état de plénitude et de sagesse, relatif à tout mon vécu. Je me sens plus riche après chaque moment et j’entame toujours le suivant avec beaucoup de plaisir. Je sais que je vais encore à la rencontre de l’aventure et de l’inconnu. Je progresse ainsi vers la connaissance. Je peux conclure cette autobiographie, en affirmant que ma volonté d'avancer est sans regret des étapes passées. Chaque expérience devient un point d’appui pour présager de ce qui me Reste à construire. « Van Gennep a souligné que, « pour les groupes, comme pour les individus, vivre c’est sans cesse se désagréger et se reconstituer, changer d’état et de forme, mourir et renaître (1981, p. 272) (F. Lesourd, 2009, p. 2 cours (76)) ».
J’exprime cette expérience comme faisant partie de ma vie. J’apprécie tous les moments, ils sont formateurs et ont développé mon identité actuelle. Je sais que pendant ces périodes - préliminaire, liminaire et post-liminaire, au changement - je me suis transformée et j’ai créé de nouvelles potentialités. L’épanouissement dans lequel je suis actuellement prouve une harmonie, conséquente d’un équilibre de vie enfin obtenu. Les savoirs acquis sont des savoir-passer. Francis Lesourd explicite ce savoir comme un savoir qui englobe l’ensemble des savoir-être et savoir-faire acquis par la mise en place « pour naviguer en situation d’incertitude existentielle et pour faire de cette incertitude, de cette désorientation, le creuset d’une construction ou d’une reconstruction provisoire de son histoire (F. Lesourd, 2009, p. 8 cours (77)) ».
À l’ouverture de ce récit, j’ai présenté deux thèses : La première me décrivait dans une posture d’enseignante répondant aux attentes de l’institution. C’est une posture qui m’engage alors dans une formation d’ordre pragmatique. Je dois tenir des engagements pour répondre à des prérogatives d’ordres sociaux. Dans la seconde, c’est davantage dans une quête de sens existentiel, où le développement de l’être s’exprime par mon désir de devenir une étudiante toute ma vie. Pour conclure, l’une ne va pas sans l’autre, les deux forment ma totalité.
Cette histoire de vie représente, dans les grandes lignes, ces différents moments qui furent les miens. À la lecture, j’ai pressenti une forme de dissolution du temps. Souvent je me suis vue contrainte d’y inscrire certaines dates, remettant de l’ordre dans les étapes décrites. Ma mémoire, ainsi transposée, me semble, lors de la lecture, faire appel davantage à la construction d’un mythe personnel. En tentant de décrire certains moments de ma vie, j’ai dû consolider ces événements dissolus pour produire un exposé esthétique. En effet, l’« intégration modélisée » du passé, du présent et du futur, le mythe personnel constitue un opérateur de cohésion des temporalités personnelles ». Or, « une histoire très embellie [peut s’avérer] quand même vraie, en ce que la vérité n’est pas simplement ce qui est arrivé mais comment nous l’avons ressenti quand c’est arrivé, et comment nous le ressentons maintenant (Mc Adams, 1993, p. 29) ». C’est une représentation imaginaire, « qui donne cohésion et vérité aux temps personnels, leur fournit également une direction (F. Lesourd, 2009, p. 17 cours (78)) ». Lorsque, j’explicite ce mythe personnel qui constitue ce récit, il s’écrit dans le présent à partir des événements du passé. Seulement, il est bien différent du mythe personnel que je projetais à l’époque en pensant à l’avenir. Notamment, parce que la signification s’inscrit maintenant dans une totalité du vécu où l’expérience a fait son oeuvre. Elle démontre, aujourd’hui, d’un certain sens exact : chaque décision prise, à l’instant du choix, prend sens et s’exprime dans ce mythe reconstitué.
Je terminerai ce chapitre des rétrospections par l’utilité de la constitution d’un avenir à partir de l’histoire de vie. Les ruptures dans l’existence deviennent visibles et constituantes de la structure du récit. L’analyse exercée par la suite lors de la relecture et de l’appréciation par d’autres permet de mettre en exergue ce qui me conduit à modifier mon mythe actuel pour me produire dans de nouveaux moments. Aujourd’hui, lorsque je pense à l’avenir, je me projette dans un nouveau mythe car «de cette instance, j’entends là le moyen de m’auto-orienter dans l’existence et sous-tend mes intentions d’avenir (F. Lesourd, 2009, p. 18) ».
(76) Francis Lesourd, cours séquence 2 de master 1, 2009.
(77) Francis Lesourd, cours séquence 2 de master 1, 2009.
(78) Ibid.
Sandrine Deulceux
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