Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

Publicité

"L'homme total" Une approche de l'éducation tout au long de la vie 37

Introduction

 

Dans cette seconde partie, je tente d’attirer l’attention du lecteur sur les possibilités d’apprentissage qui s’effectue dans un contexte formel, non formel et informel. Je souhaite démontrer que les moments de la vie quotidienne (44) sont propices à l’autoformation. Également à l’intérieur de l’institution scolaire lorsque l’apprenant conduit lui-même sa formation. Il suffit de le laisser s’engager dans un projet établi par lui-même et pour lui-même. Pourquoi devrait-on s’autoformer ? Les besoins humains demandent d’avoir un capital croissant de connaissances. La technicité augmentant, la quantité et la qualité de savoirs à acquérir doivent aller de pair. La difficulté est de saisir la frontière entre chaque apprentissage. Or, ce n’est pas toujours ce qui prime car c’est dans la complémentarité de l’informel, du non-formel et du formel (45) que l’autoformation se positionne car l’un ne va pas sans l’autre : «De nouveaux usages semblent aujourd’hui renvoyer davantage à une opposition entre informel et formel ou scolaire, pour aborder la question d’une éducation scolaire qui respecte les savoirs locaux. Il s’agit, paradoxalement, d’intégrer au mode formel des éléments issus des apprentissages informels (G. Brougère et H. Bézille-Lesquoy, 2005, p. 128) ». Cléopâtre Montandon explique que « de nombreux spécialistes du domaine soulignent que la pratique de la recherche et dans la pratique tout court, les notions formel - informel se recoupent, ce qui leur fait perdre de leur pertinence [...] (C. Montandon, 2005, p. 234) ».

 

Les questions qui se posent, tournent autour du choix de la méthodologie d’apprentissage, des types de savoirs à acquérir et des circonstances qui peuvent engendrer les besoins de connaissance. Ainsi, en abordant ce sujet, je tente de comprendre la place de l’Autre en tant que groupe ou individu. Ces derniers sont des éléments facilitateurs de l’acquisition du savoir ou de transformation des connaissances. D’après G. Lerbret : « la personne est un lieu d’échanges et qu’elle se construit dans et par le rapport à l’autre. Mais ce rapport est intériorisé au point qu’il confère au milieu un statut de l’ordre du sujet, du système-personne (P. Galvani, 1997, p. 9) ».

 

Nous naissons tous avec un capital de base qui est propre à la nature humaine. La vie fera que ce capital augmentera grâce aux savoirs acquis. Devant l’acceptation de cette évidence, l’Homme doit apprendre sans cesse. Plusieurs moments sont favorables à cet apprentissage. Le fait de relater son expérience permet à chacun de retracer ses propres processus d’appropriation de la connaissance. Ainsi, Karl Marx dit « en tant qu’être naturel, l’homme est donné (46) ». À cette citation, le mythe de Prométhée le démontre aussi. Lorsqu’Épiméthée et Prométhée effectuent la distribution des capacités, elles sont données équitablement à toutes les espèces animales, sauf à l’homme. Prométhée, devant cette injustice, dérobe celles des dieux pour réparer cette injustice. Et l’histoire des hommes commence avec leur volonté de s’unir, de vivre en communauté et de se construire un avenir plus proche de toutes leurs espérances. Lesquelles ? Lorsque tous les besoins essentiels et primaires sont comblés, d’autres besoins plus personnels surgissent.

 

C’est en reprenant le concept de dépassement que cette image devient explicite. La théorie énoncée par Karl Marx puis reprise par Henri Lefebvre, démontre un processus qui engage le combat de l’homme contre la nature. « Au point de départ de sa « production (47) » se trouve donc la nature biologique et matérielle, avec tout ce qu’elle recèle d’inconnu et de tragique. Transformée, mais présente, cette nature apparaîtra sans cesse dans le contenu de la vie humaine. La nature, c'est-à-dire l’être, peut s’explorer et s’exprimer poétiquement, plastiquement ou scientifiquement (H. Lefebvre, 19407, p. 110). Dans ce travail, je souhaite démontrer qu’apprendre c’est se transformer, se dépasser et tenter de se construire une oeuvre. Or, il faut saisir la définition de cette oeuvre comme une représentation personnelle de son désir d’atteindre des buts. Bien que le projet de chacun soit de tendre vers une totalité, c’est dans une traduction différente que celle-ci est représentée pour tous. Alors, elle se définit par ses objectifs propres. Ainsi le projet de vie donne l’impulsion à notre volonté d’apprendre toute la vie pour se produire sans cesse et entrer dans le mouvement de l’histoire.

 

(44) Pour Henri Lefebvre la vie quotidienne comprend tous les moments de la vie. Elle correspond à la praxis sociale. C’est tout ce qui correspond à faire que l’homme est un être humain. C’est « l’homme des besoins travaille et vit ; il subit les conséquences d’une organisation déterminée de la « société civile (H. Lefebvre, 19594, p. 596) ».

 

(45) Toutefois, pour tenter de délimiter les zones, les formes d’apprentissage se classifient ainsi : le système scolaire est la représentation de l’apprentissage formel ou « éducation formelle ». C’est « l’ensemble des apprentissages programmés, se développant au sein des organisations habilitées à délivrer les diplômes (L. Colin et J.-L. Le Grand, 2008, pp. 1-8) ». Quant aux apprentissages informels, ils « n’obéissent à aucune logique de structuration explicitée et n’est en général validée par aucun titre (L. Colin et J.-L. Le Grand, 2008, pp. 1-8) », ils se produisent lors de tout acte de la vie quotidienne. Nous nous formons sans nous en apercevoir réellement. Et, les apprentissages non formels se produisent « à travers d’autres formes de socialisation moins formalisées (en particulier dans la sphère associative) (L. Colin et J.-L. Le Grand, 2008, pp. 1-8) ». Je placerai dans ce type de formation, l’ensemble des dispositifs créés par la formation continue, mais aussi tous les apprentissages que nous pouvons effectuer lors de nos loisirs, la danse, les sports, entre autre.

 

(46) Le donné dont Karl Marx parle est ce qui est directement présent à la conscience avant toute élaboration.

 

(47) Le sens du terme « production » est pris au sens de K. Marx, c'est-à-dire se construire dans l’histoire. C’est l’évolution de l’Homme dans le temps produit par ses actions sur la nature.

 

Sandrine Deulceux

http://lesanalyseurs.over-blog.org

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article