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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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"L'homme total" Une approche de l'éducation tout au long de la vie 100

2. De l’éducation pour adulte à la formation permanente (2)

 

Au cours du XIXème siècle. Les entreprises prennent en charge une partie de la formation professionnelle initiale en créant les écoles de la fabrique et utilisent aussi les pratiques des cours du soir. Elles permettent des formations de spécialisation et des formations techniques supérieures. Ces mesures favorisent l’ouvrier qui peut ainsi acquérir une formation personnelle, considérée comme son bien propre. Cette formation étant dispensée au sein de l’entreprise, elle reste en relation avec les attentes de l’entreprise et sont purement professionnelles.

 

L’abbé Grégoire en 1794 crée le CNAM (113) permettant à toute personne la possibilité d’élever son niveau de connaissances et d’accroître ses qualifications professionnelles. Sa mission de formation pour adulte se précise en 1829, avec la création de premières chaires, adaptées au perfectionnement des ingénieurs et industriels. Un public élargi sera peu à peu admis à fréquenter le CNAM. En 1922, il est habilité à délivrer le titre d’ingénieur. Selon les idées de Saint-Simon (114) penseur de « l’avènement d’une société industrielle : l’éducation professionnelle doit se développer comme un vecteur de vulgarisation de la culture technique (article écrit par Y Palazzeschi, dirigé par P. Carré et P. Caspar, 2004², p. 22) ». L’initiative privée se lance avec de nouveaux groupes sociaux composés d’industriels, d’ingénieurs et de scientifiques dans l’enseignement des sciences et techniques aux ouvriers et artisans le soir et les dimanches.

 

À partir de 1830, l’instruction publique se développe. La loi du 28 juin 1833 de François Guizot, ministre de l’Instruction, demande l’ouverture obligatoire d’une école primaire dans chaque commune. Dans l’objectif d’instruire les adultes, elle confie à ces écoles la création d’un cours, suivant la circulaire du 4 juillet 1833. Cette ordonnance vise à réduire l’illettrisme qui atteint les deux tiers de la population française. Entre 1880 et 1905, l’école devient progressivement publique, laïque, gratuite et obligatoire à l’issue du vote de plusieurs réformes et la mise en place de la formation pour adulte prend de l’essor.

 

L’éducation populaire est un projet humaniste. Beaucoup souhaitent mettre en place des systèmes d’éducation. Ces personnes proposent leurs services à leurs semblables en constituant des groupes de formateurs pour adultes, hors du temps de travail. L’éducation du peuple par le peuple se réalise selon différents courants militants comme le mouvement confessionnel. Il grandit de plus en plus, palliant ainsi à l’éloignement de l’homme du savoir des valeurs de l’évangile et de l’humanisme Chrétien. Le mouvement laïc, quant à lui, pérennise une éducation morale basée sur les principes des lumières et d’une citoyenneté républicaine. Jean Macé et Jules Ferry poursuivent en promulguant la laïcité de l’éducation. La ligue se déploie dans toute la France sous forme de séminaires. Elle organise des conférences et en 1912 elle compte plus de 640 000 élèves. Le mouvement intellectuel regroupe des savants et des hommes de lettres voulant prendre part à la formation du peuple, comme le mouvement des universités populaires et la société pour l’instruction élémentaire qui est la plus ancienne. L’objectif est de créer une instruction suffisante pour parfaire l’homme, former des hommes vertueux, amis de l’ordre, soumis aux lois, intelligents et laborieux. Ces communautés persistent jusqu’en 1904. La difficulté de la rencontre et de la compréhension entre les intellectuels et le peuple a raison de ces mouvements. L’objectif lui-même d’éducation, de moralisation et de solidarité contient le ferment de ce rejet. Ainsi, diverses associations se créent permettant d’aider les adultes à d’acquérir un savoir. En 1830, l’association polytechnique est fondée par les étudiants de polytechnique et donne les moyens aux ouvriers d’avoir une éducation gratuite. « Le but qu'elle s'est proposée dès l'origine est de faire des ouvriers « plus habiles, plus à l'aise et plus sages », de moraliser par la science et par l'enseignement professionnel » (115). Puis, En 1848, l’association philotechnique se crée par le mathématicien Eugène Lionnet. Elle se donne l’ambition de former les adultes dans de nombreux domaines, pour donner aux adultes une instruction appropriée à leurs besoins.

 

(113)  Conservatoire National es Arts et Métiers www.cnam-npdc.org.

 

(114) Claude-Henri de Rouvroy, comte de Saint-Simon (1760-1825) est un économiste et un philosophe dont les idées ont eu une postérité et une influence sur la plupart des philosophes du siècle. Beaucoup de ces thèmes construiront la doctrine socialiste après avoir nourri un mouvement idéologique qui le vénérera comme s'il avait été un véritable prophète : le saint-simonisme.

 

Sandrine Deulceux

http://lesanalyseurs.over-blog.org

 

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