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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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L'analyse institutionnelle au Brésil (84)

 

Conclusions et ouvertures (3)

 

 

Nous avons commencé cet essai historique en faisant référence au regret des intellectuels et à leur fascination assez anachronique pour les Droits de l'Homme. Psychologue, donc intellectuelle spécifique, dont le mandat social renvoie à la production/gestion de subjectivités, je fais partie de la Commission Nationale des Droits de l'Homme du conseil fédéral de ma catégorie professionnelle. Institutionnaliste, je me soucie surtout, dans ce domaine, des analyses des conditions et des effets des discours et pratiques psi - en somme, de l'analyse (active !) de nos implications. Gauchiste, libertaire et autogestionnaire, au moins dans les intentions, je pense pouvoir trouver dans cet horizon politique présent, des plans de consistance pour l'expansion des libertés, de la création et de la justice sociale malgré le panorama « hivernal » qui domine internationalement. Cela vaut la peine de se demander, par conséquent, combien notre travail - régional, micro - d'intellectuels pourra effectivement découvrir/construire d'espaces d'actualisation dans la gestion - macro - d'un gouvernement en principe compromis avec la même orientation éthico-politique.

 

 

Sachant que les Droits de l'homme ne se montrent pas toujours sous une bannière facile à défendre (combien d'atrocités ont été commises au nom de ce droit humain, trop humain !), nous voulons mettre en scène, en guise d'ouverture pour penser le présent, encore deux discours, en les ajoutant à ceux des institutionnalistes cités auparavant.

 

 

Le premier, une fois de plus de Foucault (1994b : 707) proclame de façon surprenante : « Face aux gouvernements, les Droits de l'Homme », La surprise s'atténue en se transformant en système régional de lutte si on prend en considération qu'entre les «gouvernements» dont il est question, il faut inclure le gouvernement à travers la vérité, que nous-mêmes (penseurs, professeurs, psychologues) avons tant de fois exercé de manière meurtrière, sans pudeur et sans analyse effective.

 

 

Le deuxième discours est celui d'un poète uruguayen, Mario Benedetti. Cherchant à réinventer la langue face à la prolifération de clichés amortisseurs et de monopoles médiatiques, il nous a convoqué un jour pour la défense,... des gauchers humains : « Quand le président Carter/se préoccupe autant/ des Droits/ de l'Homme/il semble évident que dans ce cas/le droit/ ne signifie pas faculté/ ou attribut/ ou libre arbitre/ seulement dextre/ ou antigauchers/ le flanc opposé au cœur/ côté droit enfin/ en conséquence/ l'heure ne serait-elle pas arrivée/ pour que nous commencions/ une ample campagne internationale/ en défense des gauchers/ humains ? (Maintenant tout est clair, poème des années 1970, franchement actuel si l'on met Bush à la place de Carter) (1).

 

 

Finalement, il faut souligner que si le présent article, en connectant la genèse théorique à la genèse sociale, insiste sur la conception de la vérité comme régime, il défend aussi l'établissement de relations plus que simplement déclaratoires entre le « dire vrai » et la liberté - sens éthico-politique primordial de n'importe quel lien qui pourrait s'établir entre les savoirs (psi et autres) et les droits (gauches?) humains :

 

 

« Rien n'est plus inconsistant qu'un régime politique qui est indifférent à la vérité ; mais rien n'est plus dangereux qu'un système politique qui prétend prescrire ta vérité. La fonction du « dire vrai » n'a pas à prendre la forme de la loi, tout comme il serait vain de croire qu'elle réside de plein droit dans les jeux spontanés de la communication. La tâche du « dire vrai » est un travail infini : la respecter dans sa complexité est une obligation dont aucun pouvoir ne peut faire l’économie. Sauf à imposer le silence de la servitude » (Foucault, 1994 a : 678).

 


(1) "Cuando el présidente Carter/ se preocupa tanto/ de los derechos/ humanos/ parece evidente que en ese caso/ derecho/ no significa facultad/ o atributo/ o libre albedrio/ sino diestro/ o antizurdo/ o flanco opuesto al corazôn/ lado derecho en fin/ en consecuencia/ no séria hora/ de que iniciáramos/ una amplia campañfîa internacional/ por los izquierdos/ humanos? ("Ahora todo esta claro", de Mario Benedetti).

 

 

 

Heliana de Barros Conde Rodrigues

 

 

Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech

 

 

voir aussi : http://journalcommun.overblog.com


 

 

 

 

et : http://lesanalyseurs.over-blog.org

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