Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
Le don d'Augustin : l'entrée dans la vie
15 h 14
Je n'arrive plus à travailler. Je sature. Mon rythme ralenti de plus en plus. C'est une catastrophe. J'ai quand même envoyé un message sur le forum des grandes figures en indiquant Lapassade comme premier choix et exprimant mon indécision pour le second. Mais là, vraiment, je n'arrive plus à rien.
J’essaie de comprendre pourquoi. La bataille des retraites qui a duré 7 mois, le passage direct aux études, l'absence de vacances.... Je n'en peux plus...
Augustin vient de me répondre, il accepte mon choix de Lapassade et mon indécision, mais précise aux autres étudiants que c'est une exception. Du coup, j'ai honte de moi.
On a eu des échanges de mail avec mon amie A. de la scop Le Pavé. Quand j'avais découvert Lapassade, je lui avais écris tout de suite pour lui dire ma joie de cette découverte et que ça pourrait lui servir pour leur conférence gesticulée sur le management. Elle avait lu L'Arpenteur (et elle l'a!!! ça ne m'étonne pas son compagnon était étudiant à Vincennes) mais ne connaissait pas Groupes-Organisations-Institutions. Je lui ai transmis le début de ma prise de notes.
Je me suis aperçue que maintenant pour moi, la bureaucratie et les managers c'étaient la même chose. Je me demande si je ne fais pas une erreur. J'avais déjà mis cela sur le forum de psychosocio et Luca ne m'a pas repris. Il faut que je vérifie quand même.
Au travail, on n'arrête pas de nous bassiner avec des managers par-ci, des managers par-là, en fait l'organisation de l'hôpital est toujours autant militarisée. Alors je trouve que si vraiment les managers sont des bureaucrates, les appeler sous ce vocable aide à les combattre. C'est moins valorisant d'être un bureaucrate.
Moi aussi, je suis une bureaucrate, je n'arrête pas de faire rentrer des esprits libres dans les cases de l'administration. Mais, à la différence des managers, moi j'aime bien les esprits libres et bricoler des trucs pour qu'ils aient le droit de vivre librement. Je suis un peu comme une taupe, un agent double, je fais semblant d'être normale (pas toujours facilement) pour servir mes vrais maîtres, les fous.
J'ai mis un message de remerciement à Augustin sur le forum. Mais du coup, je suis coincée, s'il fait une exception pour moi, je ne peux pas honnêtement ignorer la commande.
Allez, voilà ¾ d'heure que je bavarde, retour à Georges et à Michel Crozier.
·Michel Crozier
La nouveauté qu'apporte Crozier dans l'étude de la bureaucratie est de l'éclairer à la lumière des luttes de pouvoir. Il part du principe que le fonctionnement des organisations nécessite que ses membres puissent compter sur une certaine conformité des autres membres. Cette conformité s'obtient par la contrainte. Du fait de l'évolution de la société, de la formation précoce des individus à la conformité, la contrainte apparaît moins violente, plus tolérante vis-à-vis des déviants. Elle est cependant, toujours présente.
Crozier distingue quatre traits de la bureaucratie :
- le développement de règles impersonnelles protectrices mais déshumanisantes (concours, règles sur le déroulement de carrière),
- la centralisation des décisions qui évite les dérives mais paralyse les conduites d'adaptation des agents à la réalité du travail,
- l'isolement de chaque catégorie hiérarchique qui entraîne une perte des buts de l'organisation au profit des buts poursuivis par chaque catégorie,
- le développement de pouvoirs parallèles comme avait pu le constater Mayo lorsqu'il avait étudié les règles informelles de production que s'étaient fixés les ouvriers.
Pour Crozier, l'organisation bureaucratique repose sur des cercles vicieux alimentés par le facteur humain dont la caractéristique est la recherche du pouvoir et de son propre avantage.
V Une synthèse p 124
Eugène Enriquez propose une classification opposant le modèle d'ordre et le modèle d'équilibre.
Le modèle d'ordre est caractérisé par un certain nombre de règles destinées à éviter le conflit, les oppositions (recrutement sur des compétences reconnues par des diplômes, avancement, rémunération). La singularité est écartée.
Le modèle d'équilibre se veut inachevé, il accepte la singularité et les conflits qui, discutés, élaborés, pourront créer un équilibre qui pourra être remis en questions par l'expression d'autres singularités et conflits. Le travail en groupe est valorisé et considéré comme un outil d'autorégulation.
Enriquez aurait tendance à valoriser ce dernier modèle mais Lapassade relativise cette position en soulignant qu'il peut exister des bureaucraties ouvertes. La bureaucratie ne serait donc pas une particularité des organisations rigides, militarisées.
23 h 50
Je voulais discuter un peu, mais je discute de trop en ce moment, alors je retourne à Groupes-Organisations-Institutions.
Hélène M.