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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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Journal d'Hélène M., un exemple de journal de formation pour la licence en Sciences de l'éducation à l'IED de Paris 8 (92)

25/01/2011 17 h 40 Otis Reding, The Soul Album

 

J'aurais pas du mais je l'ai fait quand même. Je ne suis pas allée à une réunion d'assistantes sociales et je suis restée dans mon bureau pour travailler sur la mise en forme de mon journal.

C'est un travail passionnant.

 

J'aurais pas du non plus prendre des notes pendant que je conduisais sur le trajet du retour de peur de perdre mes idées.

 

La mise en forme, c'est pas une question de forme, c'est l'approche du fond. Lire, relire, trouver ce qui se tient, comprendre le mouvement et du coup ce que le journal contient. De quoi, il parle réellement.

 

C'est idiot à dire comme ça, c'est un journal de lecture, de ma formation, mais c'est autre chose de le ressentir, ou plutôt d'en ressentir toutes les dimensions. Quelle puissance cet outil, j'en reste...... Je ne sais pas, je n'arrive plus à trouver mes mots, c'est tellement fort.

 

Bon, il faut que je raconte quand même.

Hier pour rendre le travail à Luca, j'ai commencé à essayer de prendre de la distance. Je voulais que puissent apparaître les grands moments (puis-je les appeler ainsi?) de ma formation.

 

Même si tout a son importance, il y a des évènements, des réflexions qui font qu'il y a un avant et un après, ce sont des marches, des chemins pris à un carrefour. Je ne sais pas encore comment le qualifier.... c'est à travailler. Ces évènements ne sont pas des titres de parties, ce sont des points de repère dans le temps.

 

Donc j'ai essayé de faire ce travail en relisant mon journal.

 

Cet après midi, j'ai fait ma page bibliographie et puis comme à nouveau je repassais sur mon texte, je me suis dit qu'il fallait que je présente les personnages du journal, comme Remi Hess l'a fait dans le Lycée au jour le jour, mais aussi Lapassade dans l'Arpenteur.

 

Après j'ai commencé à me poser la question de l'indexicalisation (et non indexialisation). Le logiciel qui le fait automatiquement ne m'a pas convaincue en dehors du fait que je n'ai pas réussi à m'en servir. Comme je le disais, ce n'est pas parce que j'ai trois fois le mot journal sur une page, que je parle du journal sur cette page.

 

J'ai donc repris mon texte et j'ai noté de quoi je parlais réellement. Parfois c'est simple, je parle d'un auteur (et encore, est-ce si simple?), d'autres c'est par exemple mon rapport à ces études (organisation du travail...), à des thèmes (la dialectique....). Et puis j'ai découvert (faut-il être bête pour ne pas l'avoir vu plus tôt) que mon journal était plein d'émotion, de sentiments et que c'était un élément fondamental.

Comment dire?

Je savais déjà avant que lorsque qu'on s'engage dans des études, psychologiquement, il y a plein de choses qui se jouent. Mais là, avec ce journal, cette mise en perspective est puissante.

Je n'ai pas assez de connaissances pour l'expliquer.

 

Bref! Donc j'ai commencé à répertorier des émotions avec le problème de savoir si c'était des émotions, des sentiments. Il faudrait pour bien faire que je travaille ces définitions. J'ai re-parcouru rapidement un petit livre que j'avais lu de Pierre SAUVANET, Les philosophes et l'amour (1) parce que je me rappelais qu'il parlait de Spinoza et du Petit Traité des passions et de cette phrase « L'amour est une joie qu'accompagne l'idée d'une cause extérieure » (2). Pour bien faire, il faudrait que j'aille un peu explorer cela.

 

A côté des émotions, j'ai constaté qu'existaient d'autres phénomènes, des comportements obsessionnels, de fuite, de résistances, de dérives et je me suis dit que ce pourrait être bien aussi de les nommer et de les indexicaliser.

 

Quand je suis arrivée à la maison, j'étais surexcitée, je me suis jetée sur le livre de Remi Hess (3) que j'avais lu il y a quatre ans. J'avais parcouru ce passage sur l'indexicalisation mais sans en percevoir l'importance.

 

Alors je l'ai relu? Il y parle de son travail (4) sur Le Lycée au jour le jour où il s'était rendu compte que l'index avec des mots n'était pas adapté. Il dit que Marc Antoine Jullien s'était retrouvé confronté à cette question et avait souligné qu'il fallait trouver un juste équilibre entre diviser et réunir, analyser et synthétiser. Il dit aussi que c'est un travail où on est à l'extérieur et à l'intérieur en même temps, qu'il se fait au fur et à mesure de lectures successives pour que se dégagent des thèmes. Il raconte comment Paul Hess procédait et des questions de choix qui se posaient à lui. Garder le journal dans sa forme initiale ou le transformer en mine pour y puiser des thèmes à regrouper (5). Il évoque la position de Béatrice Didier qui dit que le diariste est un paresseux. Remi Hess pense que ce n'est pas le cas lorsque le diariste cherche, par son journal à construire un objet de recherche.

 

Il différencie le journal intime du journal ethnosociologique par sa fin, par le fait qu'il ait un temps délimité (et là je pense à E. et la manière dont elle avait terminé son journal).

 

J'arrête là pour faire un peu de mise en forme.

 

(1) P. SAUVANET, Les philosophes et l'amour, Ellipses, Paris 1998

(2) Cité par l'auteur page 66

(3) R. HESS, La pratique du journal, l'enquête au quotidien, anthropos Paris 1998

(4) P 84

(5) Je me rappelle avoir parcouru le journal de Sandrine Deulceux qui n'avait pas suivi l'ordre chronologique et cela m'avait surpris.

 

Hélène M.

http://lesanalyseurs.over-blog.org

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