Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
Suis-je folle?
4/01/11 17 h 38
Robert Wyatt, Rock Bottom, puis Ruth is stranger than Richard
J'ai pris une décision dans la voiture, en revenant du travail : je finis Pestalozzi et puis je tire un premier bilan de ce que j'ai appris dans ce cours des grandes figures, mais aussi en psychosociologie et sur le journal. Et puis je réfléchis à sa mise en forme, son indexation. Et je tenterai de le soumettre tel quel en essayant de recueillir un avis des enseignants afin de pouvoir continuer sur des bases saines. Saine n'est pas le mot ou peut-être justement l'est-il! Et continuer, est-ce vraiment mon intention?
Je découvre qu'il y a un jeu en permanence entre ce journal, moi, les enseignants, l'institution qui doit le valider mais aussi que ce journal est en lui même un espace de jeu comme l'est tout écrit soumis à un lecteur.
Et lorsque l'auteur soumet son écrit au lecteur, cela doit l'être avec tact sinon c'est qu'il est fou.
Le journal de formation échappe-t-il à cette règle?
De formation et non de lecture comme il l'est demandé, de ma formation tel que je l'ai nommé le 27/11/2010, le moment même où le pas de côté a été effectué, où la rivière a été franchie me faisant passer d'une rive à une autre. En faisant ce pas, j'ai détourné la commande. Me suis-je désinstituée? Je crois que par là, j'ai affirmé mon impossibilité de reconnaître l'autorité d'un autre à valider ma progression. Est-ce prétentieux? Est-ce définitif ?
L'écrit fou! C'est ce à quoi m'a renvoyée les messages postés sur le forum et qui concernaient je crois la longueur de mes notes sur Herbart, c'est à cette rencontre impossible dans l'espace potentiel du texte.
« La confrontation entre le texte et le lecteur a comme premier enjeu l'occupation d'un territoire : l'espace potentiel, qui est le haut lieu de la co-jouissance littéraire, et qui constitue le site privilégié d'un très délicat lien social, le jeu » (1)
Bien sûr, une note de lecture n'a à priori rien à voir avec un texte littéraire, mais lorsqu'elle provoque ce type de réaction d’inquiétude ou de rejet (je dis rejet, car je n'ai pas été nommée), alors que son contenu n'est ni agressif ni destiné, c'est que quelque chose s'est passé, que la manière de le faire n'était pas conforme à ce qui est acceptable. « Car si pour nous « le contraire du jeu n'est pas le sérieux mais la réalité (2) », que penser de cette étrange réalité qui est une irréalité? » (3)
L'irréalité ne tient pas au contenu de mon message sur Herbart, mais sur la manière dont je l'ai traité. Trop, c'était trop. Et je passe sur mon Pestalozzi qui n'est pas fini et que je ne posterai pas. L'irréalité est le fait que je ne suis pas ces enseignements pour avoir le diplôme et que si le jeu me tente d'apprendre, j'y joue, complètement, corps et âme et que cela n'a rien à voir avec la réalité d'un passage de diplôme.
Me revient aussi cette question de faire oeuvre ou non qui se trouvait dans l'un des forums de Lucette Colin conseillant les étudiants. (J'ai recherché les références mais les anciens forums ont été supprimés entre-temps). Un étudiant s’inquiétait de l'imperfection de son travail et Lucette Colin lui répondait qu'il ne s'agissait pas de faire une oeuvre, et qu'il avait tout le reste de sa vie pour en faire une.
C'est un grand mot une œuvre ! Ensemble des productions d'un artiste notamment de celles réalisées par une technique particulière (4). Production, il y a ! Technique particulière également, c'est le journal ! Manque l'artiste....Manque-t-il réellement?
Si depuis que j'ai accès à cette plateforme et aux différents journaux lisibles en ligne je devais compter le nombre d'heures passées à les lire.... Je ne me laisserais pas absorber comme cela par un ouvrage de sociologie ou d'ethnologie, c'est qu'il se passe autre chose que la simple retransmission de lecture, il existe une mise en scène de soi dans l'écriture du journal.
Il y a des artistes reconnus, et d'autres non. Cela leur enlèvent-ils la qualité d'artiste?
(1) Monique Plazza, Ecriture et folie, Puf, Perspectives Critiques, Paris, 1986, p 93.
(2) S. Freud, La création littéraire et le rêve éveillé (1908), Essai de psychanalyse appliquée, Paris, Gallimard, 1971, p70, cité par Monique Plazza.
(3) Monique Plazza, Ecriture et folie, Puf, perspectives critiques, Paris, 1986, p 98.
(4) Définition du Petit Larousse, Grand Format.
Hélène M.