Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
Le 25/11/2010 19 h 44 Mozart, requiem
Lu ce midi à ma pause la deuxième séquence du cours sur le journal. C'est une première lecture et il me faut retravailler dessus. Reçu ce jour les ouvrages commandés à Remi Hess, « Groupes, organisations, institutions » et « Microsociologie de la vie scolaire » de Lapassade, « La relation pédagogique » de Hess et Weigand, « Georges Lapassade, vie, oeuvres et concepts » de Charlotte et Remi Hess, et «L'accompagnement d'une mère en fin de vie, journal à quatre mains » de Odile, Geneviève, Benoît et Remi Hess. L'autre ouvrage commandé est arrivé également, « Dialectique et sociologie » de Georges Gurvitch. Voilà qui me promet de bonnes séances de travail.
Si je suivais mon envie, je commencerais par le Journal à quatre mains. Parce que cela rejoint mon envie de travailler sur le journal collectif militant et puis, plus personnellement car ma mère vient d'avoir 79 ans aujourd'hui.
Elle m'a racontée au téléphone ce jour comment elle était tombée en glissant sur le tapis de sa chambre, que Papa, qui s'était foulé le poignet 3 jours auparavant en tombant lui aussi ne pouvait l'aider à se relever et qu'elle était très contente d'avoir trouvé le moyen de le faire seule en glissant sur son derrière jusqu'aux escaliers, puis en s'aidant de la rampe pour se relever.
Elle m'a dit qu'elle ne voulait pas nous en parler (nous sommes trois soeurs et un frère) car nous leur répèterions à nouveau qu'ils ne peuvent plus vivre seuls dans cette grande maison incommode et pleine d'escaliers.
Le peintre de l'horreur, la topique esthétique ! Ni indignation, ni pitié, c'est ainsi que Luc Boltanski parle du dandy. C'est le montreur « doté de la capacité de faire voir la souffrance dans ce qu'elle a de sublime» (1), le seul moyen pour accorder la dignité à la personne souffrant.
Je n'arrive pas à m'enlever de la tête que cela a à voir avec le diariste. Il faut que je travaille cela.
Lu ce jour que le parti communiste s'engage dans la construction d'un programme populaire partagé. Une réunion nationale sera filmée, qui sera retransmise localement et les militants comme les citoyens pourront réagir et inter-agir entre eux...Le message se termine par « Changer la politique, c’est aussi changer la façon de faire de la politique. Le Parti communiste français s’inscrit naturellement dans l’utilisation des outils actuels pour rendre possible une alternative aux logiques actuelles. » Je vais voir le programme et une des premières interventions est celle de Jean Christophe LE DIGUOU, de la CGT, qui a reçu la légion d'honneur par le gouvernement en avril 2010 (en pleine réforme des retraites) et qui dine tous les derniers vendredis du mois au repas du Siècle, dernièrement mis en lumière par le film de Pierre Carles « Fin de concession ». Effectivement, le parti communiste change sa manière de faire de la politique!
Ce week-end, compte rendu de la dernière réunion du collectif à retranscrire et à mettre en relation avec mes dernières acquisitions de connaissances.
Le 26/11/2010 5 h 26
Je reprends ma lecture du livre d'Anzieu et Martin.
- La bande : se différencie de la foule car les individus qui la composent ont le souhait d'être ensemble. En général, la bande permet à l'individu de se retrouver avec d'autres sans tension, sans nécessité de s'adapter, sans avoir à justifier de ce que l'on est. Offre sécurité et soutien affectif à ses membres. Elle est constituée d'un petit nombre d'individus très liés ensemble. Elle est éphémère.
Elle peut se transformer en groupe primaire. Comme chez les animaux, les membres d'une bande tendent à présenter des caractéristiques extérieures communes.
- Le groupement : se constitue autour d'un intérêt commun et présente une certaine organisation. La plupart du temps, seuls certains membres sont réellement actifs, par le jeu d'un système de délégations (ex. les associations loi 1901).
- Le groupe primaire ou groupe restreint : - nombre restreint, - poursuite en commun et de façon active des mêmes buts, - relations affectives, - forte interdépendance et sentiment de solidarité, - différenciation des rôles, -constitution de normes.
Développement de conduites d'entretien (ex, les réunions mondaines, les groupes commémoratifs) et de conduites de progression (groupes d'action).
- Le groupe secondaire : - fonctionne selon des institutions, -sur un segment particulier de la réalité sociale.
Toutes ces formes présentent des caractéristiques communes : - l'émergence de leaders, - l'identification des membres les uns aux autres à des degrés divers, - l'adhésion inconsciente à des représentations sociales imaginaires.
Les auteurs présentent un premier tableau (p 42) des différentes catégories classées selon les critères suivants : - structuration, - durée, - nombre, - relations entre individus, - effet sur les croyances et les normes, - conscience des buts, - actions communes.
Le second tableau classe les groupes selon leur taille (p 44).
6 h 20 Schubert, Pianoworks
Voilà, je viens de finir le chapitre sur le concept de groupe d'Anzieu et Martin. Cela fait au moins 25 ans que ce livre est dans ma bibliothèque, j'en avais lu des extraits pendant mes études d'assistante sociale. Là, je l'aborde de manière systématique. C'est très agréable de lire un livre tel que celui-ci lorsque derrière on le relie à la pratique. A chaque page, je tentais de voir où se situait le collectif. J'ai commencé à feuilleter le livre de Lapassade « Groupes, organisations, Institutions ». J'ai un a-priori car j'ai lu, quelque part sur le forum que c'est un livre difficile à lire. J'espère que ce lien avec le collectif et mes préoccupations vont m'aider à dépasser la difficulté.
Vu aussi, ce matin en survolant les pages du forum du cours sur l'analyse institutionnelle un message de Remi Hess disant qu'en licence on survole, en master on approfondit, en thèse on cherche! Je m'aperçois qu'à chaque matière de cette licence, je me laisse happer par l'envie d'en savoir plus. Je me rends compte de mon ignorance, de toutes ces bases que je n'ai pas, je tente de les rattraper. Je me surinvestis dans le journal et la psychosociologie car ces enseignements rejoignent mes préoccupations.
Je ne sais pas ce que je dois mettre dans le journal de lecture, j'ai peur d'être trop longue et pas intéressante.
Hier, j'ai laissé un message à ma tutrice pour lui faire part de mes questionnements sur ces étudiants qui n'ont pu s'inscrire que maintenant aux cours. Déjà que normalement, les semestres ne durent que 3 mois....j'ai du mal à imaginer comment ils vont s'en sortir s'ils ne durent que deux.
(1) Boltansky, Luc, « La souffrance à distance », Editions Métaillié, Paris, 1993, p 170.
Hélène M.