Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.
Le 4/11/2010 6 h 30
La dynamique de groupe
Le « groupe » s'est donc réuni le 2 novembre, pas d'ordre du jour, pas de préparation de réunion. On s'est retrouvé dans un café car personne n'avait réservé de salle. 18 personnes étaient présentes, 4 s'étaient excusées. Une minorité faisait partie de l'ancien collectif
Chacun prenait la parole n'importe comment, passait d'un sujet à un autre. A un moment une des participantes a commencé à distribuer la parole et certains levaient la main pour parler.
Du coup, il y avait plus de calme mais les thèmes rebondissaient les uns sur les autres (relations avec les syndicats au niveau national et local, qu'est ce qu'on fait, maintenant, après ? C'est quoi ce collectif qui existait avant ?) Peu à peu on s'est rendu compte que ça partait dans tous les sens, il y avait une certaine tension et un certain énervement qui se dessinait, mais personne ne tentait de prendre le leadership de la réunion. Au fur et à mesure, les participants sont partis, certains pour cause d'obligations familiales et deux pour cause d'énervement, (il y a eu un accrochage entre deux hommes). La dernière heure, on s'est retrouvé à 8 et bien qu'un peu fatigués, on a réussi à s'entendre sur la rédaction de tracts, leur distribution, et à l'appel à AG en fin de prochaine manif. Des rôles se sont répartis, qui met en forme le tract, qui crée une adresse internet, je fais le CR (et pour cause, j'étais la seule à avoir pris des notes).
Se sont donc posées des questions de :
- rapport au temps : d'histoire (rapport à l'ancien collectif), d'avenir (qu'est-ce qu'on fait ensemble)
- de la place que prend chacun dans le groupe : de manière spontanée (distribution de parole, prise de notes), ou décidée en collectif (qui met en forme le tract, qui crée l'adresse internet)
- le rapport au pouvoir : un affichage du refus que quelqu'un prenne la direction de la réunion/ ou l'absence de volonté d'une personne de la prendre.
- de but du groupe : qu'est-ce qu'on veut faire : avec des divergences évidentes mais qui n'ont pas été travaillées.
-La question de la prise de décision : deux ou trois décisions ont été prises au vote à main levée.
-La taille du groupe, à 8, tout devenait plus facile.
- Est-ce qu'organiser c'est prendre le pouvoir ?
Je suis sortie de cette réunion assez pessimiste sur notre avenir, le chaos de cette réunion et le départ de deux membres excédés m'avaient attristée. Je me suis dit que nous aurions bien du mal à garder ces personnes qui n'avaient pas d'expérience militante.
L'implication
Pour la première fois, je me suis posée aussi en tant qu'observatrice du groupe et ce fut très complexe. Prendre des notes, observer ce qui se passe et puis d'un autre côté donner mon avis, participer. Est de cela dont on parle par le terme d'implication?
Relation avec la systémie
En reprenant mes notes, je me suis dit qu'il y avait dans cette matière des relations avec l'approche systémique pour laquelle j'ai reçu une trop brève formation. Pour faire le lien avec mon travail, lorsqu'un patient est hospitalisé, on considère que c'est lui qui est malade et que c'est lui qui doit être soigné. Dans l'approche systémique, le patient est considéré comme le symptôme du dysfonctionnement du système auquel il appartient. L'intervention se fera, non pas sur une personne mais sur un groupe, et sur les interactions qui existent dans ce groupe par ce qui est appelée la métacommunication (la communication sur la communication).
19 h 04
Comme convenu, après mon travail, je suis allée rejoindre les autres au rond point pour distribuer des tracts pour la manif de samedi. Ça fait 5 jours que je suis grippée et franchement j'aurais préféré aller me mettre au chaud à la maison. Mais c'est pour moi impossible de laisser les autres faire le travail. Je sais à quel point la dynamique et la présence de chacun est importante pour que le groupe ne perde pas confiance ou espoir. C'est tellement dur de se battre, de défendre des idées, de faire réfléchir à contre courant du rouleau compresseur des médias. Et puis ça fait maintenant depuis début mai qu'on est en campagne, on commence à fatiguer.
Surprise, une partie des anciens du collectif était là, mais aussi plein de nouveaux. Souriants, volontaires, on était 11 en tout. Fatiguée, j'ai demandé à tenir la grande banderole « partage des richesses ou sinon ça va péter», faite par Henri, proche de la soixantaine, ex communiste, ex LCR et maintenant au NPA. Il faudrait qu'un jour je fasse le portrait d'Henri.
Du coup j'ai parlé avec trois nouveaux qui la tenaient avec moi pour leur demander leur impression sur la réunion et surprise (encore), ils avaient trouvé ça très bien, très calme et avaient envie de continuer. L'un, un chômeur se définissant lui-même comme un intersexe, disait qu'on était pas obligé de se précipiter tout le temps pour prendre des décisions ou pour agir, que c'était bien de prendre son temps pour parler, se connaître et voir plus tard ce que nous ferions. Il avait envie qu'on organise des conférences. Deux autres, des femmes peintres, m'expliquaient comment non militantes, elle trouvaient que maintenant ça allait trop loin, qu'elles ne pouvaient plus continuer à ne rien faire. Elles avaient apprécié le calme de la réunion et souhaitaient développer l'aspect visuel, faire des panneaux colorés pour mettre sur le bord des routes, elles pensent à des slogans qu'elles pourraient accrocher le long du parcours de la manif.
C'est étrange comme je n'ai absolument pas perçu ce qu'ils avaient ressenti de cette réunion.
Qu'est-ce qu'ils y ont vu et que je n'ai pas vu ?
Les militants vivent dans un autre monde, je devrais regarder plus la télévision.
19h40, ce journal me prend beaucoup de temps. Il faut que je lise aussi!
19 h 45
Je viens de finir mes deux autres journaux et passé ½ heure sur celui de psycho-socio. Je me concentre de trop sur la psychosociologie.
Je me suis présentée sur le cours de journal et pas de réponse de K. Je dois faire peur avec ce que j'écris, on doit me prendre pour une folle avec ce déversement. Un étudiant J., a mis un message sur le forum et il m'a lu, j'ai envie de répondre, mais je me retiens.
Je suis en retard sur tous les cours et ce WE, la formation avec Friot, ma soeur qui arrive.... comment trouver le temps de travailler sérieusement.
Le temps s'est accéléré et tout déborde.
Hélène M.
http://lesanalyseurs.over-blog.org