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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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Journal d'Hélène M., un exemple de journal de formation pour la licence en Sciences de l'éducation à l'IED de Paris 8 (133)

 

Chapitre 2 : L'enfant adjectivé pp 37-55

 

 

Au début du 20ème siècle s'est développé le souci de mieux connaître l'enfant. Ce souci des adultes, puisant dans les écrits des sciences humaines, est sous-tendu par un discours bienveillant qui n'est cependant pas étranger à un désir sous-jacent de rationalisation de son action, de légitimation. Des thèmes reviennent.

 

 

Tout d'abord, celui de la description et notamment des défauts de l'enfant. Ces descriptions, à l'origine, avaient pour but de les corriger, puis peu à peu, celui-ci s'est déplacé pour justifier une volonté de lui éviter des souffrances. Ces descriptions révèlent l'image de l'enfant idéal qui apparaît en contre-jour.

 

 

En décrivant l'enfant, on le prend comme objet extérieur observé de manière prétendument neutre. Si la description ne suffit pas, recours est fait aux savoirs livresques destinés à expliciter son comportement. Et si ces savoirs s'avèrent insuffisants, l'adulte retourne à des qualificatifs jugeant. L'auteur donne l'exemple de ce qui se dit d'enfants dans les salles de profs où les réputations se construisent pour précéder l'enfant dans son évolution ultérieure.(1)

 

 

Pour l'auteure, la connaissance de l'autre se fait par la reconnaissance de la relation. Quand je décris l'autre, je me décris. Cette reconnaissance de l'intersubjectivité est essentielle.

 

 

Ce que laisse apparaître ces descriptions, c'est également la différence entre le normal et le pathologique dont la frontière serait clairement établie. Cependant, « accompagner un autre en souffrance, exige qu'on travaille sans sacrifier en soi la partie malade et sans sacrifier en l'autre la partie saine » (2). (à voir l'ouvrage de Guggenbühl-Craig, Pouvoir et relation d'aide, 1986, cité par l'auteure)

 

 

Peut-on parler de normalité en matière psychique et si oui quel critère doit on retenir? L'adaptation? On sait que l'être humain peut s'adapter à des situations aberrantes et que la non-adaptation peut être signe de salubrité. L'harmonie? La psychanalyse s'inscrit en faux contre cette prétention et présente l'être humain comme forcement déplacé. « c'est de là que naît la capacité de penser, de créer, dans une souffrance inéluctable » (3)

 

 

De plus, le besoin de se référer à des normes est le plus souvent appliqué à destination des autres mais beaucoup moins pour soi.

 

 

L'enfant se singularise en construisant les difficultés qu'il nous pose, qu'il propose. C'est la langue de son désir. L'expression du symptôme n'est pas négative en soi.

 

 

Adjectiver un enfant c'est poser l'a priori de la permanence alors que nous faisons tous les jours la constatation de notre changement permanent.

 

 

Dans une seconde partie, Mireille Cifali évoque la description du développement de l'enfant par stade. Elle précise que ces descriptions sont également normatives et qu'elles peuvent être source de dérives. Figer des stades peut entraîner à penser qu'un stade franchi, il n'y a pas de retour en arrière ou que s'il se produit, c'est de la régression. Au contraire, Lacan dit qu'à chaque situation de relation, on retourne à ce qu'il y a de primitif en soi.

 

 

Cifali dit que si « en matière psychique il n'y a pas de passé simple – c'est à dire que le passé ne cesse de travailler notre présent – existe-t-il néanmoins une prédiction de l'avenir? »(4). Un comportement actuel ne fixe en rien l'avenir et que tenir un discours sur l'avenir en partant du présent risque d'induire un comportement. Ce serait une sorte de discours performatif.

 

 

Le chemin de l'enfance à l'âge adulte, caractérisé par des stades, établit une séparation enfant/adulte or, pour Cifali « pour ce qui est du désir et du rapport à l'autre, nous sommes semblables » (5).

 

 

Lorsque l'on cherche dans les livres un savoir, l'important c'est d'examiner le rapport que l'on a avec ces théories. L'objet des sciences humaines n'est pas de savoir mais de comprendre et comme en psychanalyse, le savoir théorique doit être suspendu lors de la rencontre. L'autre n'est jamais conforme à la théorie, il faut accepter de se laisser surprendre par la création originale qu'il va faire de lui. C'est une éthique de la relation.

 

 

Cifali fait une différence entre « savoir sur » et « savoir de », mais je ne l'ai pas bien saisie.

 


Bon, alors bien sûr, cela m'a ramenée à Lapassade, à L'entrée dans la vie, lorsque Cifali évoque la différence adulte/enfant, les stades. Mais j'ai aussi pensé à la pratique du journal de lecture lorsqu'elle propose de construire son rapport au savoir livresque et j'ai le sentiment que c'est ce qui est demandé lorsque l'on nous passe cette commande à Paris 8.

 

 

(1) p41

(2) p43

(3) p44

(4) p49

(5) p50

 

 

Hélène M.

 

http://lesanalyseurs.over-blog.org

 

http://journalcommun.overblog.com/

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