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Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

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Georges Lapassade : La Fac ici et maintenant (Extraits d'un journal de route) (7)

La Fac ici et maintenant (Extraits d'un journal de route) (suite) 

 

 

20 heures 30. Je viens de téléphoner à Béatrice B. Elle ne sait rien, dit-elle, de ce qui se prépare au département de psychologie quant à P.C.S. Personne n'a été informé de la démission de « Storck et Bourguignon » (« sauf par toi, l'autre jour »). Il y aura une réunion de l'U.E.R. de psychologie le 25 novembre prochain. B. réunit les enseignants de l'U.V. « recueil de données » mardi prochain, le soir, et on est convenu que j'y passerai : « Je préfère que ce soit toi, dit-elle, qui donne l'information ».

 

 

Ma volonté acharnée de remplacer les rumeurs actuelles au département de psychologie est vue certainement comme une agitation, une intrusion, c'est ce que Richard voulait me faire comprendre hier. C'est même ce qu'il m'a dit, au fond... Pourtant, on ne voit pas la raison de leur silence.

 

 

La mise en place de la réforme « analyse » le pouvoir en psychologie. Elle « analyse » aussi, en tant qu'analyseur, l'idéologie psychologique.

 

 

Il apparaît de plus en plus clairement me semble-t-il que ce qui fait « crise », c'est le fait, maintenant visible, que si on laissait aller P.C.S. selon le projet initial il y aurait, à la sortie, un DEUG de psychologie clinique et psychanalytique, d'où la réflexion de T., hier :

- Ils (les dirigeants du département de psychologie) te soupçonnent de chercher à remplacer le DEUG de la psychologie par la socianalyse...

 

 

S'agissant de la formule de Richard : « On ne prendra pas tout le monde en second cycle », Béatrice pense qu'il faisait allusion probablement à une résolution de l'Association des enseignants de psychologie, demandant qu'on puisse instituer un numerus clausus à l'entrée du deuxième cycle : « et tu vois, dans le contexte actuel de l'élitisme républicain, ça peut très bien passer... », disait-elle. Le destin des étudiants et subordonné au jeu de la politique. Il ne se décide pas dans les facs.

 

(...)

 

 

« A chaque jour suffit sa lourde peine » disait, en 1940, le vieux maréchal Pétain. Ce souvenir de ses premiers discours me revenait ce matin juste avant de m'installer devant l'ordinateur probablement parce que nous sommes aujourd'hui le 11 novembre.

 

 

Ma lourde peine c'était, comme presque chaque jour et surtout le dimanche, la préparation, rapide, puis la rédaction, directe, de mon Journal. Pour m'y préparer, j'avais d'abord noté ceci (qui devient « froid » dès que je passe de la notation directe à la transcription) : « Il s'agit, dans mon Journal, de montrer par une dérive l'histoire d'une institution, la fac, avec sa vie au jour le jour, comme je peux la voir de là où je suis... Je veux montrer l'institution à partir d'un analyseur qui est la mise en place des nouveaux premiers cycles ».

 

 

Les notes qui suivent tendent à dire, parce que c'est mon obsession, que cette « monstration » de la fac, et de nous dans cette fac, ne peut pas être reçue par les collègues comme une « recherche » (un terme que j'ai décidé de ne plus employer en parlant de ce que je fais). J'indiquerai tout à l'heure par quelles conditions de truquage obligé, et comme institué dans l'esprit des gens, il faut passer pour faire admettre des choses qu'on sait déjà, que tout le monde sait et dit, mais qu'il faut présenter comme des « découvertes » laborieusement acquises. (...)

 

 

 

Georges Lapassade


Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech

 

 

 

voir : http://journalcommun.overblog.com

 

et : http://lesanalyseurs.over-blog.org

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