Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Analyse institutionnelle : Théorie et pratique au sein des institutions politiques, éducatives et de recherche. L'implication des individus et des groupes dans la vie politique et sociale.

Publicité

Georges Lapassade : De Vincennes à Saint-Denis. Essais d'analyse interne rééd en ligne (80)

30 avril

 

 

Transe, ce matin, entre cinq et six heures. Je la transcris.

 

 

Je dessine une affiche pour le festival de Mogador. Ce festival n'aura pas lieu, je le sais, ils le savent ; pourtant je vais tenter de le faire exister en modifiant la date pour obtenir un effet magique dont l'outil est peut-être la machine à traitement de textes que j'utilise chaque jour, peut-être la macintosh... Ici, je ne peux plus lire mes notes : j'ai écrit quelque chose comme « la vérité de ma vie » (Je me souviens à l'instant d'une réflexion d'Alain C, l'autre jour : il me disait qu'avec ses « fenêtres », son agenda et autres gadgets ce macintosh dont il apprend l'usage est comme le mime de notre vie et, par conséquent, de mon journal dispersé]. Hier soir, François Baudry me donnait une appréciation positive de cette dispersion.

 

 

Transe (suite). Je « vois » Saint Mamès, tel qu'il figure sur un vitrail très coloré de l'église d'Arbus. Je crois me souvenir qu'il tient à la main sa tête coupée, et qu'un agneau est assis à ses pieds. Il a peut-être une canne indiquant qu'il est un voyageur errant (peut-être comme Sidi Majdoub ? Cette idée me vient à l'instant, associée à celle du fou dans les tarots).

 

 

Puis-je voir la « mouche » qui se promène sur l'écran du macintosh et je me souviens alors que Frioux, hier, quand je lui parlais de mes bruits d'oreille m'a répondu que « c'est seulement le début ; ensuite, il y aura les «mouches devant les yeux». Et, là, j'ai pensé à ma mort. Puis, Frioux, avec ses cheveux roux ressemble à Saint Mamès d'Arbus (Saint Mamès est le saint Protecteur de la paroisse, on le fête vers le 17 août). Je ne sais rien d'autre sur lui, et je suppose que son icône en vitrail a été peinte selon l'image habituelle des saints martyrs. On a l'impression qu'il fût un martyr jeune, peut-être adolescent).

 

 

Saint Denis est lui aussi un martyr à la tête coupée : une statue exposée à la station de métro de la basilique me le rappelle chaque jour.

 

 

Puis, je « vois » ma Mort avec sa faux, sur une grande lame des tarots. Je pense aussitôt à Morali : je l'avais visité, un jour, pour me faire tirer les tarots par sa femme, ou bien pour consulter un ouvrage sur la question, je ne sais plus pourquoi j'en avais besoin.

 

 

Danse macabre. Je « vois » en rêve un ballet qui danse la Mort. Les danseurs sont jeunes et beaux, mais ils vont tous mourir du sida. C'est la nouvelle peste, elle va envahir le monde, ce sera la grande peur, les gens mourront dans de grandes souffrances, ils seront si nombreux qu'on ne pourra plus les enterrer.

 

 

La danse macabre change de rythme : ce n'est plus le rythme vif et grinçant qui est le sien, mais celui de la pompe dans mon oreille. Mon oreille siffle très fort, siffle et pompe à la fois, je suis affolé, je me lève pour tout noter, je me recouche, je dois me lever à nouveau.

 

 

La mouche qui danse sur l'écran du macintosh est comme la tarentule qui dansait sur l'hôtel de Saint Paul «dans sa petite chapelle de Galatina » selon le récit que nous en fit une tarentulée. Hier soir, Baudry, me racontait comment il avait après avoir lu la Terre du remords, passé des vacances dans le Salente et plus précisément à Santa Maria di Leuca.

 

 

A notre départ de Saint Denis, hier soir, il m'a parlé de mon Journal, et plus précisément du passage où je dis que je ne vais publier la partie visiblement sexuelle du rêve de la clé cassée. Comme je lui rappelais que Freud faisait de même avec ses rêves, il m'a rapporté un mot de Freud à Jung : « Si je vous racontais la suite de mon rêve je perdrais autorité auprès de vous ».

 

 

Transcription des notes, prises au cours de la transe (suite).

 

 

Tout à l'heure, je me suis levé pour écrire ; quand j'étais debout, la magie hallucinée de mes rêveries s'est arrêtée, ainsi que la pompe dans mon oreille gauche. Je me suis recouché et tout a recommencé.

 

 

Je ne désirais pas me recoucher, j'ai regardé mon lit avec une sorte d'angoisse, je savais que si je me mettais au lit à nouveau, les démons reviendraient. Mais je ne pouvais pas me lover définitivement car je risque de passer une journée pénible, avec l'envie de dormir l'après-midi.

 

 

J'ai noté ensuite que « ma posture modifiait mon état de conscience, quand je suis couché sur mon lit, les malaises recommencent aussitôt ».

 

 

Je viens de me souvenir d'un très beau passage de Nosfératu de Murnau. Les jeunes héros passent sur un petit pont et regardent, là-haut, la demeure de Dracula. On lit sur l'écran : « Et quand ils eurent passé le pont, les fantômes vinrent à leur rencontre ».

 

 

 

Georges Lapassade

Mis en ligne par Benyounès et Bernadette Bellagnech

http://lesanalyseurs.over-blog.org

 

 

 

Lien vers le nouveau blog :http://journalcommun.overblog.com/

 

 

Si vous voulez recevoir automatiquement les nouveaux textes, dès leurs mises en ligne, abonnez-vous directement au flux RSS (colonne de droite)

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article